Dernière édition le : février 1st, 2024.
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Rencontre avec Sylvie Retailleau L’UNSA Éducation fait part de ses fortes inquiétudes

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L’UNSA Éducation et ses syndicats SNPTES UNSA, A&I UNSA, SUP’RECHERCHE UNSA, UNSA ITRF BIO ont été reçus par la ministre pour la première fois depuis le remaniement.

Pour nous, c’était l’occasion de réaffirmer notre opposition à la Loi immigration, de porter nos inquiétudes sur un budget insuffisant et sur les annonces du Président de la République du 7 décembre dernier.

 

Retour sur la Loi immigration

L’UNSA Éducation a commencé par exprimer auprès de la Ministre son profond désaccord avec la loi immigration votée en fin d’année.

Pour l’UNSA Éducation, cette loi représente une rupture politique, morale et philosophique qui vient non seulement heurter profondément nos valeurs républicaines mais aussi, permet à l’extrême droite d’en faire, et à raison, une victoire idéologique.

En réponse, la ministre nous fait part de son opposition aux mesures concernant les étudiant·es. Elle attend la décision du conseil constitutionnel et envisage de porter une autre loi pour corriger ces mesures si celles-ci n’étaient pas censurées. Quand bien même, l’UNSA Éducation considère loi immigration comme inacceptable dans son ensemble, d’autant plus qu’elle aura des répercussions sur les personnels étrangers dont le recrutement est spécifique à nos secteurs. Nous continuerons donc à tout faire pour nous opposer à cette loi.

 

Annonces Macron sur l’avenir de la recherche 

Là encore, l’UNSA Éducation a manifesté son inquiétude. Les propos du président de la République tenus le 7 décembre dernier s’appuient sur un constat du décrochage de la recherche française que nous pouvons partager. Cependant, ce que le président souhaiterait voir mis en œuvre dans un délai contraint de 18 mois, est de nature à une nouvelle fois déstabiliser le monde de l’enseignement supérieur et la recherche ; rappelons que celui-ci subit des transformations les unes après les autres sans qu’aucun bilan n’en soit jamais tiré Nous restons donc particulièrement dubitatifs et vigilants sur de nombreux points. Nous nous opposerons notamment aux attaques sur les statuts ou à toute tentative de les contourner ou de les marginaliser.

Pour l’UNSA Éducation, le nœud du problème reste le sous-financement chronique et nous demandons toujours un véritable investissement pour la recherche, mais aussi pour l’enseignement supérieur, afin de répondre aux enjeux auxquels fait face notre société. Nous avons ainsi pu rappeler qu’à ce jour, et ceci malgré la loi de programmation pour la recherche (LPR), l’investissement dans le recherche publique en euros constants n’est pas supérieur à celui des années 1980 ! Il y a donc urgence à porter un effort supplémentaire.

De plus, nous peinons à voir dans la création des nouvelles agences de programme l’idée d’une simplification indispensable à la structuration de notre écosystème de recherche ; bien au contraire. Pour l’UNSA Éducation, tout changement éventuel doit viser à la simplification de notre environnement particulièrement complexe et non à l’ajout de couches supplémentaires dont on comprend difficilement l’objectif. La ministre nous a cependant précisé qu’une lettre de cadrage viendrait définir l’orientation de chaque agence de programme et que les missions actuelles des organismes de recherche ne seraient pas remises en question.

 

Loi de finances pour l’ESR : 

Comme déjà évoqué, l’UNSA Éducation constate que le budget 2024 consacré à l’Enseignement supérieur et la Recherche est nettement insuffisant. Les annonces d’accroissement des budgets nous semblent même insincères, notamment sur le programme 231 : vie étudiante  ( https://www.unsa-education.com/article-/budget-vie-etudiante-ou-sont-passes-les-millions-annonces/ ). Le budget de l’ESR ne soutient même pas les mesures décidées par l’État (mesures fonction publique dites mesures Guérini) car Bercy estime que les établissements ont des fonds de roulement dans lesquels ils peuvent puiser. Pour l’UNSA Éducation, ce raisonnement est à la fois dangereux et fallacieux. En effet, la plupart des établissements n’ont pas de fonds de roulement suffisants et s’ils en ont, les sommes sont déjà gagées sur des projets en cours. Les fonds de roulement ne sont d’ailleurs là que pour permettre la mise en place des projets sur du long terme, ce que n’autorise pas la subvention annuelle pour charge de service public. Rappelons, à titre d’exemple, que les établissements sont “contraints” d’assurer la rénovation énergétique de leurs bâtiments sans que l’État ne le finance toujours (voire rarement, car souvent sur appel à projet).

 

Clause de revoyure de la LPR

Toujours sur les questions budgétaires, l’UNSA Éducation juge indispensable d’avoir une accélération de la LPR et des ajustements importants en particulier pour les personnels BIATSS, afin d’atteindre au plus vite la convergence indemnitaire sur le mieux disant de la fonction publique. Sur ce point le ministère semble annoncer des mesures supplémentaires dont on ne sait pas à ce jour comment elles seront financées.

 

Temps de travail des BIATSS :

Sur l’évocation du rapport de la cour des comptes sur le temps de travail, l’UNSA Éducation rappelle que la situation actuelle est issue d’une négociation et d’un accord signé à l’époque avec le ministre Jack Lang. En conséquence, il ne peut être question de conditionner la convergence indemnitaire inscrite dans l’accord LPR à une quelconque augmentation du temps de travail des personnels BIATSS.

 

Réforme de la formation des enseignant·es des écoles, collèges lycées.

L’UNSA Éducation a rappelé la nécessité que l’Enseignement supérieur soit pleinement partie prenante de la réforme envisagée.