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Communiqué de presse Ivry-sur-Seine le 4 octobre 2026
On ne bâtit pas l’avenir d’un pays contre sa jeunesse
Depuis plusieurs jours, des lycéens puis des étudiants se mobilisent dans tout le pays pour dénoncer leurs conditions d’études. Sup’Recherche-UNSA, syndicat des enseignants, chercheurs et des personnels enseignants de l’enseignement supérieur et de la recherche, ne souhaite pas ajouter sa voix au tumulte. Il lui revient en revanche de dire d’où vient cette colère, ce qu’elle a de juste et ce qu’elle ne devrait pas devenir.
Une colère qui vient de loin
La colère des jeunes est montée lentement, comme l’eau derrière une digue que l’on a cessé d’entretenir parce qu’elle tenait encore. Ce qui gronde devant les grilles des lycées, et aux portes de nos universités, vient de loin.
Les lycéens disent ce que les familles et les enseignants répètent depuis des années sans être entendus : on n’apprend pas correctement à trente-cinq par classe, dans des bâtiments délabrés, avec des professeurs qu’on ne remplace pas. Les étudiants les ont rejoints. Les mots changent un peu (TD surchargés, bâtiments déliquescents, loyers inabordables, frais d’inscription relevés pour les étudiants extra-européens), mais le constat est le même.
La cause n’a rien de mystérieux. Elle est inscrite, ligne après ligne, dans les lois de finances successives. On a demandé à l’école et à l’université de faire plus avec moins, et on a appelé cela de l’efficience. En le privant des moyens nécessaires à son action, l ’État a laissé s’éroder le service public d’éducation, d’enseignement supérieur et de recherche au fil de choix politiques assumés et de restrictions budgétaires programmées.
Sup’Recherche-UNSA aux côtés des personnels
Cette situation, Sup’Recherche-UNSA l’a dénoncée sans relâche, avec d’autres, au CNESER et dans les audiences au ministère. On nous a répondu, sans être entendus, par des appels à projets. La coupe est pleine.
Fidèle à ses mandats, Sup’Recherche-UNSA relaie la préoccupation des enseignants et des chercheurs, attachés à un service public doté de moyens suffisants, où les revendications s’expriment librement et sans violence, d’où qu’elles viennent. Il est et demeurera aux côtés des personnels qui ont été pris pour cibles.
Un mouvement légitime, des violences qui ne le sont jamais
Le mouvement des lycéens et des étudiants est légitime, leurs revendications sont justes. Une République qui enseigne l’éducation civique à ses enfants serait mal placée pour s’indigner qu’ils la mettent en pratique. Nul ne doit être sanctionné pour avoir simplement manifesté.
La violence, elle, n’est jamais légitime. Brûler des poubelles ou s’en prendre à un agent d’accueil ne fait pas avancer une seule revendication : cela déplace le débat des moyens vers celui du maintien de l’ordre. Et lorsque des jeunes sont blessés au cours d’interventions des forces de l’ordre, les enquêtes ouvertes doivent aller à leur terme et leurs conclusions être rendues publiques.
Le budget dira le choix du gouvernement
Le gouvernement peut continuer à traiter tout cela comme un problème de sécurité. Il peut aussi ouvrir le budget. Le prochain projet de loi de finances indiquera ce qu’il a choisi : des postes, des locaux rénovés, des places dans l’enseignement public, des logements étudiants, ou des cellules de crise au ministère de l’Intérieur.
Sup’Recherche-UNSA appelle le gouvernement à entendre la jeunesse de ce pays
Ce qui se joue devant nos lycées et nos universités ne concerne pas seulement une génération : il s’agit de savoir si la République tient encore parole envers ceux qu’elle s’est engagée à instruire. Cette parole, elle l’a écrite dans la loi : « L’éducation est la première priorité nationale. » Depuis trop longtemps, cette phrase est récitée dans les discours mais oubliée dans les budgets. Il est temps que cela redevienne un engagement suivi d’effets.
Cette question n’est ni de gauche ni de droite, ni jeune ni vieille. Elle appartient à la nation entière.
Sup’Recherche-UNSA appelle les personnels et les étudiants à rejoindre les actions du 6 octobre, dans le calme, sans rien céder sur le fond.
Contacts :
Sup’Recherche-UNSA, 87 bis, avenue Georges Gosnat, 94 853 Ivry-sur-Seine cedex
Virginie Saint-James, Secrétaire générale, SG@sup-recherche.org
Ben Alichérif, Secrétaire général, SG1@sup-recherche.org.


