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Sup’Recherche-UNSA constate que l’Université reste à la porte
Plan jeunesse présenté le 26 octobre :
Sup’Recherche-UNSA constate que l’Université reste à la porte
Reçu le 27 octobre par Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Sup’Recherche-UNSA a porté une exigence claire : une politique pour la jeunesse doit donner à l’université les moyens de tenir sa promesse d’émancipation. Les annonces gouvernementales du 26 octobre apportent certaines réponses attendues sans aborder la question des moyens nécessaires pour accueillir, former et faire réussir les étudiants.
Quelques avancées : l’indexation des bourses sur l’inflation, évolution des plafonds en fonction des revenus des familles. Cela répond à une revendication de justice sociale mais il faudra en garantir l’application !
Sup’Recherche-UNSA dénonce, par ailleurs, un manque criant d’ambition universitaire à la hauteur des besoins du pays.
Sur les 15 000 places nouvelles annoncées, 10 000 concernent les BTS, 4 000 les BUT et 1 000 la licence portail santé. Si cela va dans le bon sens, c’est notoirement insuffisant, et il ne faudrait pas que les 10 000 places en BTS soient préemptées par les néo-bacheliers qui obtiennent déjà, à un fort pourcentage, une réponse conforme à leurs attentes à savoir néo-bacheliers généraux.
La note n° 26 d’octobre 2026 du SIES nous apprend qu’en 2026, 86,9 % des néo-bacheliers généraux ont obtenu une proposition lors de la phase initiale alors que c’est le cas de seulement 73,9 % des néo-bacheliers technologiques et seulement 59,6 % des néo-bacheliers professionnels. Il faut assurer à ces bacheliers l’accès aux filières qui leur sont destinées.
Sup’Recherche-UNSA attend du gouvernement des moyens supplémentaires pour les licences générales et les masters.
Ce pan essentiel du service public universitaire ne peut pas demeurer sans réponse. Les moyens humains interrogent : 204 emplois d’enseignants (pas d’enseignants-chercheurs !) pour les 5 000 places en IUT, contre plus de 1 200 pour les 10 000 places en BTS. Il faut que le gouvernement nous explique ses calculs : 0,04 poste par place en IUT et 0,12 en BTS … un étudiant en IUT mérite donc 3 fois moins que celui de BTS ?
Sup’Recherche-UNSA a demandé des précisions sur la nature des emplois annoncés. Quels statuts, quelle répartition, quelle garantie de pérennité ?
Sup’Recherche-UNSA exige des emplois titulaires : enseignants-chercheurs et personnels BIATSS. Ouvrir des places sans financer toutes les missions qu’elles supposent revient à en faire porter la charge sur les personnels.
La même exigence vaut pour le patrimoine universitaire.
Le milliard d’euros annoncé d’ici 2029 doit être apprécié au regard des besoins et des crédits réellement nouveaux. Le Ministère prévoit plus de 200 millions d’euros pour des travaux lancés ou livrés d’ici l’été 2027. Ce premier jalon appelle désormais une programmation vérifiable : établissement par établissement, les opérations retenues, leur financement et leur calendrier. La carte nationale des investissements doit permettre de suivre les engagements et leur réalisation.
Sup’Recherche-UNSA rappelle aussi que le soutien à l’enseignement supérieur ne peut se limiter à la restauration et au logement.
L’attractivité des carrières, les rémunérations, la précarité et la reconnaissance des personnels BIATSS demeurent sans réponse. Nous demandons également que les engagements de revalorisation de la loi de programmation de la recherche soient tenus et financés. Aucune politique d’accueil ne sera durable avec l’épuisement professionnel observé et les arbitrages financiers contraints des établissements.
Le Gouvernement annonce des évolutions sur Parcoursup dès 2027 et son remplacement en 2028.
Pour Sup’Recherche-UNSA le problème réside surtout dans l’accompagnement à l’orientation en lycée, à la transparence, la compréhension des décisions et à la garantie d’un accès plus juste aux formations. Changer de plateforme ne créera ni les places ni les équipes qui manquent.
Les universités, les organisations représentatives des personnels et les organisations étudiantes doivent participer pleinement à la préparation de cette réforme. Sup’Recherche-UNSA demande un calendrier public de concertation et la saisine du CNESER.
Il faut une traduction budgétaire des annonces financières dans le PLF2027.
Nous jugerons les annonces sur les crédits votés, les emplois effectivement ouverts et les moyens qui parviendront aux établissements. Le gouvernement doit préciser ce qui relève de financements supplémentaires et ce qui procède de redéploiements. Il lui appartient de défendre ses engagements devant le Parlement et d’en assurer l’exécution.
La proximité de l’élection présidentielle ne suspend aucune de ses responsabilités. Elle impose, en revanche, de porter aussi le débat devant celles et ceux qui aspirent à gouverner. Avec l’UNSA Éducation, Sup’Recherche-UNSA défendra des propositions sur le financement des universités et de la recherche, l’emploi scientifique et la reconnaissance de tous les personnels. Nous attendrons des candidats des engagements chiffrés, une programmation crédible et des choix explicites.
Sup’Recherche-UNSA poursuivra le dialogue social sur cette ligne : obtenir des résultats dès maintenant et inscrire les besoins de l’université dans la durée. La réussite des étudiants et les conditions de travail des personnels engagent la même responsabilité publique, le Gouvernement doit en tirer les conséquences.


