Dernière édition le : mars 11th, 2026.
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AU CNESER plénier du 10 mars. Indigence confirmée des moyens alloués à l’ESR

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Un CNESER Plénier s’est tenu le 10 mars. Il devait enfin examiner le résultat du vote de la loi de finances et ses conséquences en matière d’enseignement supérieur et de recherche.  Ce 10 mars était donc une journée d’action intersyndicale visant à dénoncer l’insuffisance des moyens alloués à notre service public.

Sup’Recherche-UNSA a fait la déclaration suivante :

Une fois encore, avec un retard considérable, le CNESER Plénier est réuni en vertu du Code de l’Éducation pour un objet dont il ne traitera pas : l’examen des moyens donnés aux établissements.

Dans ce domaine, la pesanteur des acquis et l’opacité demeureront, alors même que la mise en place des « fameux » COMP 100 % avait été présentée comme une opportunité dans ce domaine.  Même la Cour des comptes constate que le « dialogue à mener par les rectorats est encore sujet à caution, dès lors qu’en l’absence de modèle d’allocation des moyens, les recteurs se trouveront dans l’incapacité d’arbitrer en équité et parce que son calendrier est décorrélé de celui des campagnes d’évaluation » . Dès lors, le ministère « n’assure pas l’équité du processus d’allocation des moyens, en l’absence de renouvellement du modèle économique ». 

En lieu et place, nous aurons donc, une fois de plus, un débat sur le budget de l’Enseignement et de la recherche, pour constater, une fois de plus, qu’il manque 8 milliards d’euros pour permettre au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche de réparer le passé, fonctionner au présent et préparer l’avenir.

Originalité de cette année, en marge du CNESER dont c’est pourtant le rôle,  il se tient des Assises du financement des universités. Elles sont fondées sur le diagnostic porté par le ministère des Finances, selon lequel l’État consacrerait des moyens significatifs aux universités sans que ces financements ne bénéficient, en pratique, de manière suffisamment lisible aux laboratoires de recherche et à la pédagogie.

Pour Sup’Recherche-UNSA, l’absence de traitement explicite du financement structurel demeure source d’interrogations. Les universités évoluent dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires persistantes, un sous-encadrement pédagogique, une pression démographique soutenue et une dégradation mesurable des conditions de travail.

Les établissements ont pleinement assumé leurs missions de service public en accueillant près de 300 000 étudiants supplémentaires en une décennie, malgré une érosion des ressources. L’examen des données intégrant l’inflation, la dynamique des effectifs et les charges nouvelles, notamment celles liées au GVT et à la revalorisation du point d’indice qui sont insuffisamment compensées dans la Subvention pour Charges de Service Public (SCSP), conduit à un constat clair :  Il y a bien une diminution réelle des moyens disponibles, estimée à près d’un milliard d’euros en 2025.

Dans ces conditions, dissocier les enjeux organisationnels des réalités financières affaiblit la cohérence et la portée de l’exercice engagé.

À défaut d’une évolution des dotations, une interrogation majeure demeure : si les moyens devaient rester constants voire baisser, comme cela a été indiqué, comment les établissements pourraient-ils faire face à l’accumulation des missions et des charges ? Quelles économies supplémentaires leur serait-il demandé de réaliser, et au détriment de quels équilibres, pédagogiques, scientifiques ou humains ?

Dans ce contexte, une question sensible ne peut être éludée : allons-nous, à terme, vers une augmentation des droits d’inscription ? Une telle perspective, souvent présentée comme un levier de financement, soulèverait des enjeux considérables en matière d’égalité d’accès, de démocratisation de l’enseignement supérieur et de cohésion sociale. Elle engagerait une transformation profonde du modèle universitaire français, dont les implications mériteraient, à tout le moins, un débat transparent et national.  En aucun cas, nous ne saurions souscrire à un tel expédient.

Intervention de Madame Pauline Pannier,

 Directrice de cabinet du ministre de l’ESRE

Lors de son adresse au CNESER, la directrice du Cabinet a rappelé ce qu’elle appelle « les éléments factuels » de la situation budgétaire, c’est-à-dire la période de « services votés » que nous avons encore vécu d’une part et une « amélioration de 230 millions d’euros par rapport au projet initial », d’autre part. Les autres budgets de l’État sont beaucoup plus impactés. Ces crédits supplémentaires sont particulièrement orientés vers le soutien aux Universités et vers la vie étudiante.

Dès lors, l’engagement résultant de la protection sociale complémentaire sera honoré et la compensation de l’augmentation de CAS pension est améliorée. La généralisation du repas du CROUS à 1 euro sera assurée mais il n’est pas possible dans le délai d’aller au-delà pour les CROUS, notamment en matière bâtimentaire.

Elle évoque les « Assises sur le financement des universités » en cours dont l’objet même serait de faire le bilan le plus complet possible. Il y a une pluralité des canaux de financement dont il faut analyser la mobilisation.

Sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, inséré dans la procédure législative, la présentation est singulièrement étriquée, la question majeure de l’effet de reconnaissance que porte le texte étant complétement éludée.

Sur la formation initiale des enseignants, la DGESIP affirme qu’il y aura des LPE dans toutes les académies, mais nous constatons des fermetures locales évidentes. Il y aura plus de 6000 places offertes au concours. 5000 places seront offertes en master. Pour les non-lauréats, 2/3 des INSPE ont prévu des formations (jusqu’à 15000 places). On nous affirme qu’il s’agit « d’une réforme essentielle ».

Présentation des programmes 150, 172 et 231 :

Programme 150 : Formation supérieure et recherche universitaire :  +15,7 milliards d’euros pour permettre la compensation totale de la protection sociale complémentaire et une compensation de 75% à 120% selon la situation des établissements. Parallèlement, les COMP 100% prennent la suite des contrats pluriannuels d’établissement. On prévoit aussi le financement du reste des CPER et des opérations hors CPER pour un montant de 99,6 millions d’euros d’autorisation d’engagement et de 184 millions d’euros en crédits de paiement.

Programme 172 : Recherche scientifique et technologique pluridisciplinaire : 8,5 milliards en AE et 8,176 milliards en CP. Prolongation (très imparfaite) des mesures de la LPR :

  • 320 chaires de professeurs juniors prévues
  • Augmentation de la rémunération des doctorants (et rien pour les ATER !),
  • Accélération de la progression de carrière et repyramidage des chercheurs.

L’ensemble reste assez flou, notamment sur les autres dispositions de l’accord lié à la LPR.

Programme 231 « Vie étudiante » :  En progression de 25 millions avec pour mesure phare le repas des CROUS à un euro, déployé à partir du 1er mai. Il reste des investissements sur le logement et réhabilitation (18 projets sont en cours). Des actions sont aussi prévues pour faciliter l’accès aux aides et lutter contre le non-recours.

Il est à noter que ces dispositions n’ont pas recueilli une seule voix favorable.

En conséquence de l’insuffisance des budgets et de l’opacité maintenue des règles de répartition entre établissements, Sup’Recherche-UNSA a rendu un avis négatif sur les programmes 150, 172 et 231 de la Loi de finances initiale pour 2026.

Étaient aussi soumis au vote :

  • Loi de programmation militaire

Articles 18 : Ces dispositions créent un dispositif de contrôle des activités exercées pour le compte d’une entité étrangère dans des domaines susceptibles d’être détournés à des fins de terrorisme ou de prolifération. Les tentatives de captation s’accroissent ces dernières années.

Il s’agit d’un mécanisme de déclaration préalable pour des activités lucratives exercées à l’étranger de certains personnels, sous peine de sanction en cas de violation. Si la légitimité du dispositif ne fait pas de doute, force est de constater que la rédaction proposée n’atteint pas la cible recherchée et que l’ensemble est maladroit, très contraignant et dangereux à certains égards. L’administration n’ayant pas accepté les amendements proposés par les membres du CNESER, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

– Article 19 : La disposition augmente d’un mois le délai de contrôle des projets de coopération internationale pour les établissements d’enseignement supérieur. Vote pour

– Article 22 : Mise en place d’une procédure de césure de droit et valorisation de l’engagement étudiant pour les appelés du service national. Vote pour

  • Parcoursup

– Arrêté fixant la liste des formations de premier cycle de l’enseignement supérieur des établissements privés sur Parcoursup en 2026. Fidèle à ses mandats, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

  • Formations en santé

-Décret relatif au choix des stages au niveau de la subdivision pour les docteurs juniors de médecine générale (DCE). Vote pour

– Arrêté portant diverses modifications de l’arrêté du 12 avril 2017 concernant l’organisation du troisième cycle des études de médecine.  Vote pour

– Arrêté portant modification des modalités de détermination des objectifs de professionnels de santé à former et des objectifs nationaux pluriannuels de professionnels à former. Vote pour

– Arrêté modifiant l’arrêté du 2 septembre 2015 relatif au diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute. Le texte ayant pour seule vocation de résoudre quelques situations particulières d’étudiant venant du secteur privé très lucratif à l’étranger, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

Sup’Recherche-UNSA a soutenu une Motion venant de la Commission d’études spécialisée du CNESER (conjointement avec SNCS-FSU, CFE-CGC, Sup’Recherche-UNSA, CFDT, QSF et autres… )  : Le CNESER soutient la « Nécessaire actualisation de la Loi de programmation de la recherche » et dénonce le budget 2026 qui s’écarte encore plus de la trajectoire visant à atteindre 3% du PIB consacré à la recherche.

Sup’Recherche-UNSA a voté pour une Motion concernant la répartition des moyens entre les différents établissements, portée par la CFE CGC, qui demande la création d’une Commission d’étude spécialisée au CNESER dans ce domaine. Nous sommes heureux de voir que cette question, qui fait partie de nos demandes récurrentes, trouve de l’écho au sein des représentants.

Malgré la rédaction inappropriée de la motion, Sup’Recherche-UNSA a voté pour une motion intitulée  « Pour l’intégration des Enseignants du Supérieur (ES) au RIPEC dans le cadre de la reprogrammation budgétaire de l’ESR » déposée par le Collectif 384. Nous restons attachés à une augmentation des primes des enseignants du supérieur.