Accès à l’enseignement supérieur et au diplôme dans le monde : Sup’Recherche-Unsa plus que jamais déterminé à défendre le service public

L’UNESCO vient de publier l’édition 2026 du Rapport mondial de suivi sur l’éducation, qui se concentre sur l’accès et l’équité https://www.unesco.org/gem-report/fr.

Au cours des 25 dernières années, le fossé s’est creusé entre l’accès à l’enseignement postsecondaire et l’obtention d’un diplôme.

Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur a plus que doublé, passant de 19 % en 2000 à 44 % en 2024, soit une augmentation d’un point de pourcentage par an, tandis que le taux d’obtention de diplômes a augmenté à moins de la moitié de ce taux au cours de la même période, passant de 17 % à 27 %.

La demande dans l’enseignement supérieur est limitée par l’accessibilité financière : seul un tiers des pays disposent d’universités publiques gratuites, tandis que l’ampleur et la nature des subventions accordées aux étudiants varient considérablement.

Ces données démontrent clairement que seule une offre de service public robuste permet la généralisation de l’accès au diplôme.

Image générée par I.A




Au CNESER du 14 avril

Un CNESER s’est tenu ce 14 avril.

Le point de la DGESIP a retracé l’avancement des Assises sur le financement des universités et le rapport Korolitski sur les EPE.  Il semble aussi que le Ministère s’interroge sur le calendrier prévu pour la réforme des études de santé qui devrait entrer en vigueur pour la rentrée 2 027, mais dont la faisabilité est de plus en plus sujette à caution.

Ce CNESER a surtout été l’occasion d’un point relatif à la protection sociale complémentaire.

Pour l’heure, 98,3% des personnels concernés sont affiliés ou officiellement dispensés. 25 000 personnes sont en cours d’affiliation. Les résultats sont plus préoccupants en ce qui concerne le volet prévoyance de la réforme. Début avril, 72 398 ont contacté un conseiller, 44 613 ont demandé un devis et parmi eux, 57,6% ont adhéré au contrat collectif.

Sup ’Recherche-UNSA s’inquiète des remontées qui lui laissent voir un niveau d’information très inégal des collègues et demande qu’un effort soit très rapidement fait dans ce sens.

A l’ordre du jour, l’examen du Projet d’arrêté fixant les référentiels de formation des professeurs des écoles, des professeurs certifiés, des professeurs d’éducation physique et sportive, des professeurs de lycée professionnel des sections générales et de certaines sections professionnelles, et des conseillers principaux d’éducation. Sup’Recherche-UNSA s’émeut du peu de place laissé à la pédagogie et à la didactique, ce qui accentue la dé-universitarisation générale qui préside à la réforme. Vote en abstention.

Il devait y avoir un double vote : sur le Décret relatif aux conditions et aux modalités d’accès à la formation de médecine des étudiants mentionnés au 11° du L. 631-1 du code de l’éducation et sur l’Arrêté relatif aux conditions et aux modalités d’accès à la formation de médecine des étudiants mentionnés au 11° du L. 631-1 du code de l’éducation.

Ces dossiers sur la formation médicale ont été retirés de l’ordre du jour ex abrupto le matin même, sans explication.

Étaient soumis au vote :

– Reconnaissance par l’État de l’école d’Innovation Logistique (I2L), vote contre ;

– Projet d’arrêté portant approbation de la convention de coordination territoriale du site d’Angers, voté contre du fait de l’absence totale de dialogue syndical et du déséquilibre des partenariats envisagés ;

– Projet d’arrêté portant création de l’Institut d’administration des entreprises de l’université de Reims, vote pour.

– Accréditation de l’université de Caen à délivrer le 3eme cycle d’odontologie, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au renouvellement du grade de master aux titulaires des diplômes « gestion de patrimoines audiovisuels » et « production audiovisuelle » délivrés par l’Institut national de l’audiovisuel, vote pour ;

– Projet de décret portant attribution de grade de licence aux titulaires du diplôme « Son pour le cinéma et l’audiovisuel » de l’Institut National de l’Audiovisuel », vote pour ;

– Projet d’arrêté portant renouvellement de l’attribution du grade de master au diplôme de l’ENS Saclay, vote pour ;

-Projet de décret en Conseil d’État modifiant les dispositions de l’article R. 612-36-3 du code de l’éducation, relatif aux conditions dans lesquelles les titulaires du diplôme national de licence non admis en première année d’une formation de leur choix conduisant au diplôme national de master se voient proposer l’inscription dans une formation du deuxième cycle, vote pour ;

– Projet de décret modifiant les dispositions de l’article D. 612-36-3-1 du code de l’éducation, relatif aux conditions dans lesquelles les étudiants demandent le réexamen de leurs candidatures en première année d’une formation conduisant au diplôme national de master en raison de leur état de santé ou de leur handicap, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au programme de français et de philosophie des classes préparatoires scientifiques pour l’année scolaire 2026-2027, vote pour ;

– Projet d’arrêté fixant le thème de lettres et de philosophie des classes préparatoires, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au diplôme d’expertise automobile, vote pour ;

– Projet de décret adaptant les modalités de délivrance du brevet de technicien supérieur au titre de la session d’examen 2026 dans les académies d’Amiens et de Lille en raison d’une atteinte aux systèmes d’information, vote pour.




Le 25 mars 2026, Jean-Pierre KOROLITSKI a rendu son rapport sans surprises sur les EPE

Mission de dialogue sur les établissements publics expérimentaux (EPE) –  Et alors ?

Face à nombre de réticences suscitées par le modèle EPE, le Parlement a supprimé, à l’été 2025, la mesure de prolongation de l’ordonnance et une mission de dialogue a été lancée dans l’objectif de « nourrir la réflexion sur l’avenir du dispositif, d’approfondir les récents échanges en CNESER et d’éclairer les éventuels débats au Parlement » .

Pour Sup’Recherche-UNSA, la démarche de regroupement, qui passe par des marges d’adaptation institutionnelle et dérogations aux statuts standards des universités, ne peut se justifier que si le cadre EPE est seul de nature à réaliser un projet qui rencontre une forte adhésion des personnels et étudiants.  

Le rapport établit deux groupes de propositions qui concernent tant l’État que les établissements.

Parmi le groupe A des propositions du rapport, Sup’Recherche-UNSA s’étonne qu’il soit encore besoin

  • de confirmer par la loi la conservation des statuts des personnels au sein des grands établissements tout en simplifiant nombre de procédures dans leur fonctionnement interne (telles des mobilités volontaires),
  • d’adapter les Contrats d’Objectifs, de Moyens et de Performances (COMP) et accréditations aux grands établissements,
  • de développer des « Universités de Technologie » en s’inspirant de modèles étrangers
  • d’améliorer le processus de sortie d’expérimentation par un réel bilan objectif.

Parmi le groupe B des propositions, Sup-Recherche-UNSA regrette que l’on énonce encore des vœux pieux, tels

  • l’exigence de stratégie collective et commune pour la recherche et les formations,
  • développer le sentiment, au sein d’une composante et concernant tant les personnels que les étudiants, d’appartenance à un même établissement, dans l’adhésion à un projet commun par le Hcéres (intégration dans le rapport d’avis évaluatifs relatifs à chacun des établissements-composantes, formulation de recommandations explicites, …), afin d’aider à tendre vers la « véritable finalité » affichée de ces projets.

Après avoir participé à la démarche de construction du rapport, Sup-Recherche Unsa demande :  Tout ça pour ça ?

Image: Pixabay




Assises du financement des universités : une première journée marquée par un diagnostic sans appel

La première journée des Assises du financement des universités s’est ouverte le 26 mars 2026.

Les interventions des ministres de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, du ministre des comptes publics ainsi que celles des coprésidents des Assises ont restitué les échanges conduits avec les organisations syndicales. France Universités et plusieurs collectivités territoriales étaient également présentes.

Un constat s’impose avec force : celui d’un sous-financement structurel des universités, aggravé par un désengagement progressif de l’État.

Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé, tant par les organisations syndicales que par de nombreux présidents d’université présents aux assises.

Face à cette situation, certaines organisations ont fait le choix de quitter les Assises. Sup’Recherche-UNSA a, pour sa part, pris ses responsabilités en demeurant pleinement engagée dans les travaux, afin d’y porter et défendre les revendications adoptées lors de son Congrès des 19 et 20 mars à Tours.

Le témoignage d’une présidente d’université, confrontée à un déficit de 3 millions d’euros faute de dotation suffisante, illustre la gravité de la situation. À la question posée — « comment faire ? » — aucune réponse concrète n’a, à ce stade, été apportée.

Dans ce contexte, Sup’Recherche-UNSA continuera de défendre avec détermination un financement à la hauteur des missions du service public universitaire !




Congrès de Tours, 19-20 mars 2026 : Sup’Recherche-UNSA en ordre de marche

Sup’Recherche-UNSA a tenu son Congrès dans les locaux de l’Université de Tours les 19 et 20 mars 2026.

Notre syndicat se développe en nombre d’adhérents et de sections et il déploie de nouvelles modalités d’actions syndicales.

Ce Congrès a vu l’arrivée de nouveaux délégués pour lesquels il s’agissait d’une première participation, ce qui témoigne de notre vitalité syndicale.

Nous y avons reçu la secrétaire générale de notre fédération de l’UNSA-Education. Notre syndicat poursuit son développement dans un contexte qui s’est tendu, et dans la perspective des échéances électorales à venir.

Nous avons désigné des chargés de mission, renouvelé le Conseil national et le Secrétariat national.

Nous avons élu deux co-secrétaires généraux : Ben Alichérif, Professeur en informatique à Université de Paris 8 et Virginie SAINT-JAMES, MCF en droit public à l’Université de Limoges.

Plus que jamais, Sup’Recherche-UNSA reste fidèle à ses valeurs pour  la défense du service public de l’enseignement supérieur.




Comité de suivi de la Réforme de la formation des enseignants :  Sup’Recherche-UNSA alerte !

Lors du comité de suivi du 26 mars sur la Formation des enseignants, Sup’Recherche-UNSA a émis le souhait qu’elle ne soit pas le ferment d’une prochaine « nouvelle réforme » qui la corrige, cycle infernal dans lequel l’École est engagée depuis maintenant 15 ans, avec des effets désastreux sur le système éducatif, les usagers, les personnels.  Il est indispensable que l’administration du Ministère prenne réellement en compte les alertes et remarques.

Prendre en compte, ce n’est pas seulement écouter, ce n’est pas dire que l’administration va s’en occuper. Prendre en compte, c’est réellement envisager qu’il faut apporter des correctifs et se donner les moyens pour le faire.

  • Pour cela, Sup’Recherche-UNSA reste attentif à ce que les informations qui permettent d’anticiper les problèmes soient communiquées. A trois ans, il doit être possible de définir, à 10 ou 20 % de marges d’erreur, combien d’enseignants il faudra recruter. Cela permet de définir le nombre de places de LPE ouvertes. Il serait détestable que pour offrir des places positives dans Parcoursup, on pousse de jeunes étudiants dans une voie où ils seraient reçus-collés, avec des scores aux concours très élevés mais sans place dans les M1. Il faut que le comité de suivi soit instruit de ces données très en amont. C’est un gage de respect de tous.
  • Pour ce qui concerne la structure de la formation, il n’est pas possible de s’abriter derrière l’autonomie des universités pour accepter que certaines n’ouvrent pas de M1 pour les recalés du concours. C’est moralement inacceptable et contre-productif. Quel étudiant sérieux prendrait le risque de s’engager dans une voie dont l’issue est une fort probable impasse ?
  • Comme les habilitations du M2E sont délivrées par habilitation des INSPE en dehors des habilitations classiques, il faut que cette habilitation contraigne les universités à ouvrir les M1 pour les non lauréats de concours. C’est la responsabilité de l’administration.
  • Face aux fermetures annoncées, Sup’Recherche-UNSA s’indigne des incertitudes que vivent les personnels en charge de la formation. Nous avons relevé, à de nombreuses reprises, la logique technocratique descendante qui désuniversitarise la formation des enseignants. Nous formulons le vœu que le Comité de Suivi permette de corriger les erreurs.
  • Pour ce qui concerne la mobilisation des équipes, les conditions de reconnaissance financière des accompagnants de proximité est de nature à les mépriser. Lorsqu’en tant qu’employeur, on demande un travail, on le rémunère à la hauteur de la tâche. Ce qui est annoncé pour l’instant est inacceptable.

Il faut que par le Ministère le comprenne. Il en va de l’intérêt de la réforme. Il se doit donc de respecter les collègues de terrain à qui on demande de s’engager pour accompagner les futurs enseignants.

Photo : Pixabay, nhicnttcantho




Au CSA du 24 mars

Un CSA s’est tenu le 24 mars 2026 dans un contexte marqué par la mobilisation intersyndicale sur les conditions de mise en œuvre de la formation initiale des enseignants et sur le mouvement à venir du 26 mars lié à la tenue des Assises sur le financement des Universités.

 A l’ordre du jour pour débat :

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche

En ce qui concerne les enseignants-chercheurs, on constate une baisse continue du pourcentage de postes ouverts à la mutation en 2024 (1,9% contre 2,8% en 2023). La mobilité reste donc très limitée.

Parmi ces mutations, il faut noter une fois de plus une baisse du taux de satisfaction des demandes de mutation prioritaires (32% contre 39 % en 2023).

Sup’Recherche-UNSA ne peut se satisfaire de tels chiffres !

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels des personnels du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Pour ce qui est des enseignants-chercheurs, le taux de promotion moyen est de 35,4% avec un ratio promotion/promouvable de 14,4%.

Le nombre de 38 « non consommation » des promotions (dans 14 établissements) reste préoccupant. Il touche essentiellement des promotions de PR C1 et marque une dégradation incompréhensible et inacceptable.

Les chiffres des départs à la retraite montrent que 26 % des MCF partent alors qu’ils sont toujours en classe normale.

L’enseignement supérieur échoue manifestement dans l’objectif de développer une carrière sur deux grades pour ses personnels enseignants-chercheurs !

Enfin, le repyramidage a démontré son efficacité comme levier de la promotion des femmes au sein du corps des professeurs. Mais d’un point de vue global, le ratio des professeurs par rapport aux MCF plafonne à 35%, loin de l’objectif de 40% fixé par la Loi de programmation sur la recherche.

Sup’Recherche-UNSA demande la pérennisation du repyramidage qui a fait ses preuves.

  • Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031

Ce plan a tardé à être publié car il est élaboré sur trois périmètres ministériels. Pour le recrutement, il est prévu un contingent de 80 postes par an pour les enseignants-chercheurs et les doctorants BOE en situation de handicap.  Pour le reste, le texte demeure très vague et ne fait pas apparaître une réelle prise en compte des spécificités des enseignants et des chercheurs, ce qui est insatisfaisant.

Autres points en discussion :

  • Effectifs et proportionnalité femmes/hommes pour certains scrutins
  • Organisation de l’IGESR



Communiqué de l’Intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Le 26 mars, mobilisons-nous pour l’Enseignement supérieur et la recherche publics, pour son budget, les conditions de travail et d’études et la défense de la liberté académique.

Sup’Recherche-UNSA s’associe à l’appel de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous vous invitons donc à participer aux assemblées générales dans les établissements ainsi d’à la manifestation à Paris, manifestation 16 heures qui ira de la place Jussieu au ministère, rue Descartes.




Formation des enseignants : le 24 mars : tous et toutes mobilisé·es pour une formation de qualité

Sup’Recherche-UNSA est inquiet sur la manière dont la réforme de la formation des enseignant·es se met en place : moyens constants, inégalités territoriales massives, suppressions de postes, fermetures de masters et de sites, mutualisations forcées, distanciel imposé, restructuration des équipes, pression sur les personnels …

Avec les autres organisations syndicales, Sup’Recherche-UNSA appelle, les enseignant·es, enseignant·es-chercheurs et chercheurs impliqué·es dans la formation des enseignant·es à se mobiliser partout : assemblées générales, rassemblements, délégations mixtes étudiant·es-enseignant·es auprès des présidences et des rectorats, votes de motions dans les conseils, interpellations de la presse. Une visio nationale sera proposée pour faire le point sur la mobilisation et envisager sa poursuite.

Lien vers la réunion

Par ailleurs, Sup’Recherche-UNSA vous invite à signer la pétition en suivant ce lien ou via le QR code.

Pétition en ligne




AU CNESER plénier du 10 mars. Indigence confirmée des moyens alloués à l’ESR

Un CNESER Plénier s’est tenu le 10 mars. Il devait enfin examiner le résultat du vote de la loi de finances et ses conséquences en matière d’enseignement supérieur et de recherche.  Ce 10 mars était donc une journée d’action intersyndicale visant à dénoncer l’insuffisance des moyens alloués à notre service public.

Sup’Recherche-UNSA a fait la déclaration suivante :

Une fois encore, avec un retard considérable, le CNESER Plénier est réuni en vertu du Code de l’Éducation pour un objet dont il ne traitera pas : l’examen des moyens donnés aux établissements.

Dans ce domaine, la pesanteur des acquis et l’opacité demeureront, alors même que la mise en place des « fameux » COMP 100 % avait été présentée comme une opportunité dans ce domaine.  Même la Cour des comptes constate que le « dialogue à mener par les rectorats est encore sujet à caution, dès lors qu’en l’absence de modèle d’allocation des moyens, les recteurs se trouveront dans l’incapacité d’arbitrer en équité et parce que son calendrier est décorrélé de celui des campagnes d’évaluation » . Dès lors, le ministère « n’assure pas l’équité du processus d’allocation des moyens, en l’absence de renouvellement du modèle économique ». 

En lieu et place, nous aurons donc, une fois de plus, un débat sur le budget de l’Enseignement et de la recherche, pour constater, une fois de plus, qu’il manque 8 milliards d’euros pour permettre au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche de réparer le passé, fonctionner au présent et préparer l’avenir.

Originalité de cette année, en marge du CNESER dont c’est pourtant le rôle,  il se tient des Assises du financement des universités. Elles sont fondées sur le diagnostic porté par le ministère des Finances, selon lequel l’État consacrerait des moyens significatifs aux universités sans que ces financements ne bénéficient, en pratique, de manière suffisamment lisible aux laboratoires de recherche et à la pédagogie.

Pour Sup’Recherche-UNSA, l’absence de traitement explicite du financement structurel demeure source d’interrogations. Les universités évoluent dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires persistantes, un sous-encadrement pédagogique, une pression démographique soutenue et une dégradation mesurable des conditions de travail.

Les établissements ont pleinement assumé leurs missions de service public en accueillant près de 300 000 étudiants supplémentaires en une décennie, malgré une érosion des ressources. L’examen des données intégrant l’inflation, la dynamique des effectifs et les charges nouvelles, notamment celles liées au GVT et à la revalorisation du point d’indice qui sont insuffisamment compensées dans la Subvention pour Charges de Service Public (SCSP), conduit à un constat clair :  Il y a bien une diminution réelle des moyens disponibles, estimée à près d’un milliard d’euros en 2025.

Dans ces conditions, dissocier les enjeux organisationnels des réalités financières affaiblit la cohérence et la portée de l’exercice engagé.

À défaut d’une évolution des dotations, une interrogation majeure demeure : si les moyens devaient rester constants voire baisser, comme cela a été indiqué, comment les établissements pourraient-ils faire face à l’accumulation des missions et des charges ? Quelles économies supplémentaires leur serait-il demandé de réaliser, et au détriment de quels équilibres, pédagogiques, scientifiques ou humains ?

Dans ce contexte, une question sensible ne peut être éludée : allons-nous, à terme, vers une augmentation des droits d’inscription ? Une telle perspective, souvent présentée comme un levier de financement, soulèverait des enjeux considérables en matière d’égalité d’accès, de démocratisation de l’enseignement supérieur et de cohésion sociale. Elle engagerait une transformation profonde du modèle universitaire français, dont les implications mériteraient, à tout le moins, un débat transparent et national.  En aucun cas, nous ne saurions souscrire à un tel expédient.

Intervention de Madame Pauline Pannier,

 Directrice de cabinet du ministre de l’ESRE

Lors de son adresse au CNESER, la directrice du Cabinet a rappelé ce qu’elle appelle « les éléments factuels » de la situation budgétaire, c’est-à-dire la période de « services votés » que nous avons encore vécu d’une part et une « amélioration de 230 millions d’euros par rapport au projet initial », d’autre part. Les autres budgets de l’État sont beaucoup plus impactés. Ces crédits supplémentaires sont particulièrement orientés vers le soutien aux Universités et vers la vie étudiante.

Dès lors, l’engagement résultant de la protection sociale complémentaire sera honoré et la compensation de l’augmentation de CAS pension est améliorée. La généralisation du repas du CROUS à 1 euro sera assurée mais il n’est pas possible dans le délai d’aller au-delà pour les CROUS, notamment en matière bâtimentaire.

Elle évoque les « Assises sur le financement des universités » en cours dont l’objet même serait de faire le bilan le plus complet possible. Il y a une pluralité des canaux de financement dont il faut analyser la mobilisation.

Sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, inséré dans la procédure législative, la présentation est singulièrement étriquée, la question majeure de l’effet de reconnaissance que porte le texte étant complétement éludée.

Sur la formation initiale des enseignants, la DGESIP affirme qu’il y aura des LPE dans toutes les académies, mais nous constatons des fermetures locales évidentes. Il y aura plus de 6000 places offertes au concours. 5000 places seront offertes en master. Pour les non-lauréats, 2/3 des INSPE ont prévu des formations (jusqu’à 15000 places). On nous affirme qu’il s’agit « d’une réforme essentielle ».

Présentation des programmes 150, 172 et 231 :

Programme 150 : Formation supérieure et recherche universitaire :  +15,7 milliards d’euros pour permettre la compensation totale de la protection sociale complémentaire et une compensation de 75% à 120% selon la situation des établissements. Parallèlement, les COMP 100% prennent la suite des contrats pluriannuels d’établissement. On prévoit aussi le financement du reste des CPER et des opérations hors CPER pour un montant de 99,6 millions d’euros d’autorisation d’engagement et de 184 millions d’euros en crédits de paiement.

Programme 172 : Recherche scientifique et technologique pluridisciplinaire : 8,5 milliards en AE et 8,176 milliards en CP. Prolongation (très imparfaite) des mesures de la LPR :

  • 320 chaires de professeurs juniors prévues
  • Augmentation de la rémunération des doctorants (et rien pour les ATER !),
  • Accélération de la progression de carrière et repyramidage des chercheurs.

L’ensemble reste assez flou, notamment sur les autres dispositions de l’accord lié à la LPR.

Programme 231 « Vie étudiante » :  En progression de 25 millions avec pour mesure phare le repas des CROUS à un euro, déployé à partir du 1er mai. Il reste des investissements sur le logement et réhabilitation (18 projets sont en cours). Des actions sont aussi prévues pour faciliter l’accès aux aides et lutter contre le non-recours.

Il est à noter que ces dispositions n’ont pas recueilli une seule voix favorable.

En conséquence de l’insuffisance des budgets et de l’opacité maintenue des règles de répartition entre établissements, Sup’Recherche-UNSA a rendu un avis négatif sur les programmes 150, 172 et 231 de la Loi de finances initiale pour 2026.

Étaient aussi soumis au vote :

  • Loi de programmation militaire

Articles 18 : Ces dispositions créent un dispositif de contrôle des activités exercées pour le compte d’une entité étrangère dans des domaines susceptibles d’être détournés à des fins de terrorisme ou de prolifération. Les tentatives de captation s’accroissent ces dernières années.

Il s’agit d’un mécanisme de déclaration préalable pour des activités lucratives exercées à l’étranger de certains personnels, sous peine de sanction en cas de violation. Si la légitimité du dispositif ne fait pas de doute, force est de constater que la rédaction proposée n’atteint pas la cible recherchée et que l’ensemble est maladroit, très contraignant et dangereux à certains égards. L’administration n’ayant pas accepté les amendements proposés par les membres du CNESER, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

– Article 19 : La disposition augmente d’un mois le délai de contrôle des projets de coopération internationale pour les établissements d’enseignement supérieur. Vote pour

– Article 22 : Mise en place d’une procédure de césure de droit et valorisation de l’engagement étudiant pour les appelés du service national. Vote pour

  • Parcoursup

– Arrêté fixant la liste des formations de premier cycle de l’enseignement supérieur des établissements privés sur Parcoursup en 2026. Fidèle à ses mandats, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

  • Formations en santé

-Décret relatif au choix des stages au niveau de la subdivision pour les docteurs juniors de médecine générale (DCE). Vote pour

– Arrêté portant diverses modifications de l’arrêté du 12 avril 2017 concernant l’organisation du troisième cycle des études de médecine.  Vote pour

– Arrêté portant modification des modalités de détermination des objectifs de professionnels de santé à former et des objectifs nationaux pluriannuels de professionnels à former. Vote pour

– Arrêté modifiant l’arrêté du 2 septembre 2015 relatif au diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute. Le texte ayant pour seule vocation de résoudre quelques situations particulières d’étudiant venant du secteur privé très lucratif à l’étranger, Sup’Recherche-UNSA a voté contre.

Sup’Recherche-UNSA a soutenu une Motion venant de la Commission d’études spécialisée du CNESER (conjointement avec SNCS-FSU, CFE-CGC, Sup’Recherche-UNSA, CFDT, QSF et autres… )  : Le CNESER soutient la « Nécessaire actualisation de la Loi de programmation de la recherche » et dénonce le budget 2026 qui s’écarte encore plus de la trajectoire visant à atteindre 3% du PIB consacré à la recherche.

Sup’Recherche-UNSA a voté pour une Motion concernant la répartition des moyens entre les différents établissements, portée par la CFE CGC, qui demande la création d’une Commission d’étude spécialisée au CNESER dans ce domaine. Nous sommes heureux de voir que cette question, qui fait partie de nos demandes récurrentes, trouve de l’écho au sein des représentants.

Malgré la rédaction inappropriée de la motion, Sup’Recherche-UNSA a voté pour une motion intitulée  « Pour l’intégration des Enseignants du Supérieur (ES) au RIPEC dans le cadre de la reprogrammation budgétaire de l’ESR » déposée par le Collectif 384. Nous restons attachés à une augmentation des primes des enseignants du supérieur.