Appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

 

Alors que le gouvernement entame la préparation du budget 2027 sous le signe de l’austérité pour les services publics sommés de faire des économies, le désengagement de l’État se confirme. Face au sous-financement chronique et patent de l’État, la seule proposition du gouvernement réside dans la diversification par les établissements de leurs ressources propres. La multiplication par cinq des frais d’inscription pour tou·tes les étudiant·es viendrait s’ajouter à la restriction drastique des exonérations de frais différenciés et la suppression des APL pour les étudiant·es extracommunautaires non boursier·es en dépit de l’opposition de la communauté universitaire. Face à l’obstination du gouvernement, nous continuerons à nous opposer à toute hausse des frais d’inscription. Le décret Baptiste du 20 mai 2026 visait initialement à « mettre en cohérence » les dispositifs et à « augmenter les ressources propres » des établissements en période d’austérité budgétaire. En réalité, c’est un dispositif inégalitaire et contre-productif, qui crée beaucoup plus d’incertitude qu’il ne résout de problèmes, et qui appauvrira les universités en faisant tout simplement disparaître les étudiant·es extracommunautaires. Il est nécessaire que tous les établissements refusent d’une même voix cette disposition inique pour empêcher son application concrète.

Il manque a minima 8 Md€ pour l’enseignement supérieur et 8 Md€ pour la recherche publique afin notamment de consacrer 1 % du PIB à la dépense intérieure de recherche des administrations.

Depuis plus de vingt ans, les dépenses de recherche et de développement n’ont pas évolué, stagnant autour de 2,2 % du PIB, la part du budget de la recherche publique étant tombée à un niveau historiquement bas en 2023 à 0,74 %, niveau qui a encore baissé depuis. Le prétendu effort de recherche français est inexistant. Il reste bien inférieur à celui d’autres pays européens. L’engagement d’atteindre l’objectif fixé par l’Union européenne d’investir 3 % du PIB dès 2010 n’a jamais été atteint par la France, qui ne cesse d’accroître son retard. Le ministère brutalise la recherche.

L’Institut de recherche pour le développement (IRD) est sommé, contre la volonté de ses personnels, de s’intégrer au CNRS au risque de perdre ses spécificités notamment son réseau international et sa fonction diplomatique. Parallèlement, le gouvernement assèche les fonds de roulement des organismes de recherche.

Alors que le nombre de candidat·es à l’enseignement supérieur continue d’augmenter, le nombre de places sur Parcoursup et MonMaster se réduit si bien qu’une part sans cesse croissante d’entre elles et eux se retrouve sans affectation. Ce n’est rien de moins que le droit à poursuite d’étude des bachelier·es et des licencié·es qui est mis en cause.

La mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignant·es et des CPE confirme nos craintes. Le gouvernement choisit de sacrifier une grande partie de la cohorte des étudiant·es non lauréat·es en limitant, là aussi, leur droit à la poursuite d’études en Master. Le recours au privé ne peut compenser cette situation. Le rapport de l’IGAS et l’IGESR l’a montré, alors que leur financement est en grande partie assuré par des subventions publiques (40 % du chiffre d’affaires de Galileo et 67 % de celui du Collège de Paris, jusqu’à 90 % pour certaines de leurs écoles), principalement via l’apprentissage, la « qualité d’un grand nombre de formations délivrées apparaît insuffisante » et ne constitue pas une priorité pour ces établissements à but lucratif. Dans les organismes de recherche la quasi-totalité de la subvention de l’État est consacrée à la masse salariale des personnels. Les
chercheuses et chercheurs doivent absolument remporter des appels à projets pour pouvoir réaliser leurs travaux de recherche.

L’intersyndicale appelle à peser et se mobiliser dès la rentrée pour obtenir des financements à la hauteur des besoins de recherche et de formation du plus grand nombre et au plus haut niveau de qualification. Elle appelle également à défendre la liberté académique dans sa dimension collégiale,fondement de l’université. Elle exige le maintien de l’IRD comme EPST avec l’ensemble de ses prérogatives scientifiques.

L’intersyndicale appelle l’ensemble de la communauté universitaire et des organismes nationaux de recherches à travailler à des plans d’action adaptés aux situations locales et à s’organiser dans l’unité syndicale la plus large pour la réussite d’une journée nationale de mobilisation massive le mardi 15 septembre, jour de réunion du CNESER de rentrée.

À Paris, rendez-vous est donné à 12 h 30 place Jussieu pour un rassemblement suivi d’une manifestation qui se dirigera vers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Partout ailleurs, l’intersyndicale appelle à s’engager massivement dans les actions qui seront organisées.

L’intersyndicale appelle également à mettre d’ores et déjà en perspective la mobilisation pour la revalorisation des rémunérations de tous les personnels de la fonction publique dans la lignée de la journée du 15 septembre. Elle appelle à rejoindre l’appel intersyndical de la fonction publique pour la mobilisation par la grève et la manifestation nationale le 29 septembre notamment à Paris.

 




Sup’Recherche-UNSA porte les exigences budgétaires de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale

Mardi 8 septembre, Sup’Recherche-UNSA a été reçu à l’Assemblée nationale par le rapporteur chargé du budget de la recherche dans l’enseignement supérieur et les organismes de recherche. Cette rencontre nous a permis de défendre avec force la nécessité de donner aux universités et aux organismes de recherche des moyens à la hauteur de leurs missions.

Nous avons rappelé qu’une légère hausse budgétaire affichée ne constitue pas une augmentation réelle des moyens.

Les crédits de l’Enseignement supérieur doivent être appréciés en euros constants !

Sup’Recherche-UNSA a demandé leur compensation intégrale, le respect des engagements pris par l’État dans le cadre de la loi de programmation de la recherche ainsi que la protection des crédits contre les gels et les annulations en cours d’année. Les annulations intervenues en 2026 ont fragilisé des projets déjà engagés et compromis la continuité de certains travaux scientifiques.

Sup’Recherche-UNSA défend un financement ambitieux et pérenne de la bifurcation écologique.

Celle-ci ne peut être réduite à la rénovation énergétique des bâtiments ni devenir une nouvelle injonction imposée aux établissements sans moyens supplémentaires. Elle doit concerner simultanément la recherche, les formations, le patrimoine, les mobilités, les achats, le numérique et le fonctionnement des campus. Cela suppose des crédits nouveaux, une programmation pluriannuelle, des financements récurrents pour les laboratoires et le recrutement des personnels scientifiques et techniques nécessaires.

Les incendies et les épisodes de canicule de cet été nous rappellent que l’urgence climatique n’est plus une perspective lointaine. Elle produit déjà des effets concrets sur les populations, les territoires et les établissements. Sup’Recherche-UNSA milite pour accélérer le développement de la recherche environnementale, mieux coordonner les programmes scientifiques et favoriser les approches interdisciplinaires associant sciences de l’environnement, santé, ingénierie, droit, économie et sciences humaines et sociales. Retarder les investissements nécessaires aujourd’hui ne fera qu’accroître demain les coûts humains, sociaux, économiques et écologiques.

Dans cette perspective, Sup’Recherche-UNSA travaille à l’élaboration de propositions de bonnes pratiques pour accompagner la bifurcation écologique dans les universités, notamment dans les usages du numérique. La recherche environnementale et la bifurcation écologique ne peuvent plus rester de simples priorités affichées. Face à l’accélération du dérèglement climatique, il est urgent d’agir et de mobiliser, dès maintenant, des moyens réels, pérennes et à la hauteur des enjeux.

Sup’Recherche-UNSA continuera à porter ses exigences dans le débat sur le PLF 2027,

notamment lors de son entretien avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, prévu le 14 septembre 2026.

Image : Alexandra Koch in Pixabay




Une rentrée sans concession sur le dialogue social

Cette rentrée s’ouvre sur une accélération, pas une pause. Depuis juillet, deux textes réglementaires ont redessiné, sans débat public à la mesure des enjeux, la gouvernance et le financement de notre secteur.

En juillet, la déconcentration de l’enseignement supérieur s’est étendue avec la généralisation des nominations de recteurs délégués dans toutes les académies (selon quel coût pour les finances publiques ?) Corrélativement, l’universalisation des modes de contractualisation avec l’État par Contrat d’objectifs de moyens et de performance incluant la masse salariale (les COMP 100%) se poursuit.

  • Pour Sup’Recherche-UNSA, cette déconcentration trahit l’abandon de l’Etat et n’est que le masque d’une politique de débudgétisation

Face au diagnostic de sous-financement du service public, le Ministère ne propose que l’appel à la diversification « des moyens de financement », l’augmentation des frais d’inscription ( pour les étudiants étrangers dès la rentrée) et la reconnaissance du secteur de l’enseignement supérieur privé via Parcoursup !

  • Pour Sup’Recherche-UNSA, tout cela signe un repli face aux défis à venir et l’abandon des ambitions de formation pour toute une classe d’âge.

Sur le terrain de nos métiers, la contractualisation gagne du terrain chaque année sans garantie de carrière en contrepartie, et la précarité s’installe durablement pour une partie croissante de nos collègues. Les enseignants issus du second degré affectés dans le supérieur restent pénalisés par un régime indemnitaire inférieur à celui de leurs homologues enseignants-chercheurs pour les fonctions comparables. Les chercheurs font face à des grilles de carrière stagnantes, et les enseignants-chercheurs à des services statutaires régulièrement dépassés sans compensation à la hauteur. Dans un tel cadre, assurer le respect de la liberté académique devient une gageure.

  • Pour Sup’Recherche-UNSA, la défense des personnels enseignants et chercheurs du supérieur est un souci quotidien. Notre cellule SOS-demande d’aide syndicale, très sollicitée ces derniers mois, accompagne un nombre croissant de collègues (chercheurs, doctorants, enseignants-chercheurs, enseignants du supérieur, titulaires comme contractuels) confrontés à des situations personnelles ou statutaires difficiles.

Face à cela, fidèles à l’ADN de notre organisation, nous restons une organisation de dialogue et de proposition : c’est notre culture, et nous continuerons de porter des propositions constructives au Ministère, convaincus que c’est la voie la plus utile à nos collègues. Mais ce choix du dialogue n’est pas inconditionnel. Quand le Ministère n’écoute pas, quand les décisions se prennent sans concertation réelle, nous savons hausser le ton et nous opposer avec la même détermination. Cette double capacité n’est pas de circonstance : elle est inscrite dans nos statuts, qui excluent toute affiliation partisane, et elle fonde notre indépendance d’action, sans dépendre d’un camp. C’est cette indépendance qui nous permet aujourd’hui de peser collectivement, dès maintenant, sur des textes qui engagent nos carrières et nos établissements pour les six prochaines années.

Dialogue exigeant, fermeté quand elle s’impose, indépendance statutaire, accompagnement de terrain : ce ne sont pas des mots, ce sont les faits qui nous distinguent au quotidien.

 

En cette rentrée, ne vous résignez pas,

Adhérez et faites adhérer à Sup-Recherche-UNSA

https://sup-recherche.org/adhesion/.




Mieux accueillir et informer les nouveaux acteurs de l’ESR

Sup’Recherche-UNSA place l’information de ses adhérents et sympathisants au cœur de son action syndicale. Pour notre syndicat il importe que les membres de la communauté universitaire, connaissent leurs droits et leur devoirs. Nous sommes tout particulièrement attentifs aux nouveaux collègues qui rejoignent l’ESR quel que soit leur statut :

  • les enseignants du scolaire qui sont recrutés sur des postes d’enseignants du supérieur ;
  • les docteurs qui après qualification sont recrutés comme enseignants-chercheur;
  • les chercheurs, ingénieurs de recherche …
  • les docteurs qui sont des acteurs importants des unités de recherche
  • …

Et comme les règles de fonctionnement de nos établissements ne sont pas souvent données aux nouveaux personnels, Sup’Recherche-UNSA a décidé d’organiser un webinaire spécialement destiné à nos nouveaux collègues.

Si vous voulez “tout” connaître à propos votre nouveau contexte de travail venez au webinaire qui aura lieu le jeudi 24 septembre 2026 à 18h00.

Pour cela rien de plus simple il suffit de
vous inscrire via ce formulaire en ligne.




Au CNESER plénier du 7 juillet 2026

Le dernier CNESER de l’année universitaire s’est tenu en formation plénière le 7 juillet et devait examiner en tout hâte le projet de réforme des études de médecine, annoncé par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la santé en avril dernier.

Point de la DGSIP et de la DGRH

Réforme des études de médecine : une usine à gaz et un calendrier intenable !

La précédente réforme des études de santé qui datait de 2020 visait notamment à élargir le profil de recrutement des futurs médecins. L’Académie nationale de médecine elle-même reconnaissait que ce système PASS/LAS était « excessivement complexe » et « incompris des lycéens, de leurs parents et de la société dans son ensemble. »

Le texte aménage quatre voies d’accès aux formations MPOM :

  • Une voie principale reposant sur une « licence portail santé » ;
  • Une voie passerelle destinée aux titulaires de certains grades, titres ou diplômes ;
  • Une voie de transfert pour les étudiants ayant suivi des études dans un État membre de l’Union européenne ou assimilé ;
  • Une voie de dispense d’études pour les titulaires de diplômes obtenus hors Union européenne.

La principale évolution réside dans la création d’une première année de licence santé unique se substituant aux dispositifs PASS et LAS. Cette première année est structurée autour de trois blocs de formation : un bloc santé (24 à 30 ECTS), un bloc disciplinaire (24 à 30 ECTS) et un bloc transverse (6 à 12 ECTS).

La sélection restera sans doute identique. Pour passer de cette nouvelle licence aux filières MMOPK, les candidats pourront se présenter à un examen classant. Ils auront le droit à deux tentatives. L’une en fin de première année, l’autre à la fin de la L2.

Les modalités de redoublement seront encadrées : celui-ci n’est autorisé qu’une seule fois en première année et afin de conserver la marche en avant, il n’y a pas de candidature possible l’année du redoublement. Il est possible de redoubler uniquement dans des situations répondant aux conditions fixées par arrêté.

Sup’Recherche-UNSA a déjà alerté sur l’impossibilité de mettre en œuvre ce texte dans les délais impartis et rejoint en cela l’avis de la Conférence des doyennes et des doyens des Facultés de médecine et de pharmacie du 30 juin 2026

En conséquence, Sup’Recherche-UNSA a refusé de prendre part au vote.

La maltraitance institutionnalisée des personnels doit cesser !

Étaient aussi présentés au vote

  • Projets d’arrêtés sur les BTS

– Modifiant les dispositions des arrêtés portant définition et fixant les conditions de délivrance des spécialités industrielles, sanitaires et sociales du brevet de technicien supérieur relatives aux compétences et connaissances associées des enseignements obligatoires et facultatifs de langue vivante et à leurs conditions d’évaluation.

– Portant définition et fixant les conditions de délivrance du brevet de technicien supérieur « Métiers des polymères et composites ».

– Projet d’arrêté portant définition et fixant les conditions de délivrance du brevet de technicien supérieur « Gestion de la PME ».

Sup’Recherche-UNSA a voté pour

  • Un Arrêté fixant la liste des écoles techniques privées de Y SCHOOLS Troyes autorisées à délivrer un diplôme visé par le ministre chargé de l’enseignement supérieur et pouvant conférer le grade de licence ou de master à leurs titulaires.  Sup’Recherche-UNSA a voté contre ce texte qui conduit le secteur public à pallier les graves défaillances de l’enseignement supérieur privé !
  • Autres textes :

– Transfert des emplois de l’Institut national supérieur de l’éducation artistique et culturelle (INSEAC) du Conservatoire national des arts et métiers vers Sciences Po Rennes (IEP de Rennes) et vers l’Université de Rennes ;

– Projet de décret modifiant le décret n° 2024-1157 du 4 décembre 2024 portant création de l’Université Bourgogne Europe et approbation de ses statuts ;

– Décret n° du modifiant le décret n° 2018-265 du 11 avril 2018 portant association d’établissements à l’université Sorbonne Université ;

– Projet de décret portant transformation de l’École nationale de l’électronique et de ses applications (ENSEA – EPA) en EPSCP – Projet de décret portant transformation de l’École nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSC – EPA) en EPSCP 3 ;

– Arrêté portant accréditation des universités d’Aix-Marseille, Lille, Limoges et Lyon à délivrer le certificat de capacité d’orthophoniste ;

– Arrêté portant accréditation de l’université de Corse à délivrer le diplôme d’Etat d’infirmier de bloc opératoire ;

-Arrêté portant accréditation d’universités en vue de délivrer un troisième cycle court des études pharmaceutiques : Aix-Marseille,  Caen,  Clermont-Auvergne,  Lyon,  Montpellier,  Paris-cité,  Reims Champagne-Ardenne, Strasbourg et Tours ;

– Arrêté portant accréditation d’universités en vue de délivrer le diplôme de formation approfondie en sciences maïeutiques : Marseille, Bourgogne Europe, Brest, Caen, et de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ;

– Arrêté portant accréditation d’universités à délivrer le diplôme d’État d’infirmier : Lille, Besançon.

 Sup’Recherche-UNSA a voté pour

Sup’Recherche-UNSA s’est associé à deux motions :

1/ Le CNESER rappelle le caractère essentiel de la recherche et alerte sur les choix budgétaires du Gouvernement

2/ Inclure la Transition Écologique pour un Développement Soutenable dans les formations du Supérieur

 




Retard de paiement des enseignants vacataires, Le juge administratif condamne pécuniairement les universités fautives !  

Sup’Recherche-UNSA se bat au quotidien dans les établissements pour que les retards de paiement abusifs dont sont victimes certains enseignants vacataires soient condamnés. Aussi, il convient de saluer la réaction récente des juges administratifs.

Le 30 juin dernier, en effet, le Tribunal administratif de Paris a condamné en référé provision plusieurs universités parisiennes pour le retard de paiement des rémunérations d’enseignants vacataires (Ordonnance du JRTA de Paris du 30 juin 2026, n°2427497)

Par exemple, le retard de paiement de neuf mois d’une enseignante est une faute de nature à engager la responsabilité de l’Université, dès lors que ce retard a engendré un préjudice.  L’établissement est donc condamné à verser 3000 euros pour commencer, en attendant le jugement de l’affaire au fond.

Sup’Recherche-Unsa le répète :

l’Enseignement supérieur français exploite la précarité et doit cesser ces pratiques indignes !

Image : williamcho in Pixabay

 




Déclaration liminaire de Sup’Recherche-UNSA, Au CNESER du 07 juillet 2026. 2025-2026 : Une année noire. Mais pas une fatalité.

Le bilan est là, implacable. Et nous refusons de le minimiser, de le noyer dans la langue de bois, de l’envelopper dans des formules diplomatiques. Non. Sup’Recherche-UNSA dit les choses telles qu’elles sont.

Un budget : une trahison.

Adopté avec retard. Amputé avant même d’être versé. Les universités n’ont pas géré un budget, elles ont géré une pénurie. Pendant ce temps, le Gouvernement continuait de parler d’ « ambitions » pour notre Université. Des ambitions sans moyens, ce sont des mensonges.

Une précarisation organisée, méthodique, assumée.

Derrière les discours sur l’attractivité des métiers », la réalité : contractualisation en hausse, emplois statutaires en recul, carrières appauvries, conditions de travail dégradées. On ne précarise pas impunément des professions sans affaiblir le service public qu’elles portent. Et c’est exactement ce qui se passe.

« Une bande de nuls. »

Ces mots, prononcés par un ministre de la République, dans l’enceinte du Parlement, à l’encontre de celles et ceux qui consacrent leur vie à former, à chercher, à transmettre. Une humiliation publique. Derrière cette formule de mépris, c’est toute une communauté qui a été blessée, enseignants, chercheurs, BIATSS, doctorants, étudiants.

Nous n’oublions pas.

Des réformes imposées, jamais concertées.

La réforme de la formation des enseignants : à marche forcée, sans concertation réelle. Le calendrier irréaliste de la réforme des études de médecine dit tout du mépris que le gouvernement porte à nos universités, à leurs personnels, aux étudiants.

L’université publique fragilisée. Le privé lucratif, lui, prospère.

L’État laisse prospérer, parfois encourage, un enseignement supérieur privé lucratif qui fait commerce des peurs des familles, capte des financements publics et échappe au contrôle. Pendant ce temps, nos universités manquent de tout.

C’est un choix politique. Et nous le dénonçons.

Aujourd’hui les étudiants étrangers. Demain, qui ?

En s’attaquant aux droits d’inscription des étudiants extra-communautaires, c’est l’attractivité scientifique, culturelle et diplomatique de la France qui est directement fragilisée. Cette dérive inquiète. Chaque restriction ouvre la voie à la suivante.

Un dialogue social réduit à du théâtre.

Les concertations ont cédé la place aux décisions unilatérales. Les alertes des organisations syndicales sont restées sans réponse. On nous convoque pour la forme. On ignore nos avis sur le fond. Ce n’est pas du dialogue social, c’est une mise en scène.

Et ce n’est pas tout.

Gel des postes. Insuffisance des promotions. Explosion des charges administratives. Dégradation continue des conditions de travail. Atteintes aux libertés académiques. Sous-financement chronique. Cette liste n’est pas exhaustive. C’est ça, la réalité de nos établissements aujourd’hui.

Et pourtant. Ils tiennent.

Malgré tout cela, les femmes et les hommes qui font vivre l’enseignement supérieur public continuent d’assurer leurs missions avec un engagement qui force le respect. Ils enseignent, ils cherchent, ils innovent, ils accompagnent. Ils donnent tout, leur énergie, leur passion, leur temps.

Combien de temps encore leur conscience professionnelle pourra-t-elle compenser les insuffisances de vos politiques ?

TROP, C’EST TROP.

L’enseignement supérieur public n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Ce n’est pas une ligne qu’on efface quand les comptes sont dans le rouge. C’est l’avenir de notre jeunesse. C’est le moteur de la société. Et nous ne laisserons pas cet avenir se sacrifier en silence.

Nous le disons sans détour : on ne rogne pas impunément sur l’avenir d’un pays.

Sup’Recherche-UNSA refuse cette logique d’épuisement et d’abandon. Nous nous battons pour que ceux qui forment, qui cherchent, qui transmettent soient enfin traités avec la dignité qu’ils méritent. Nous nous battons pour que l’université publique reste ce qu’elle doit être : un droit, pas un privilège.

L’année à venir sera décisive.

Les élections professionnelles de décembre 2026 seront un moment essentiel pour faire entendre la voix des personnels. Puis viendront, au printemps, des choix majeurs pour l’avenir de notre pays.

Sup’Recherche-UNSA ne cédera rien.

Nous combattrons toutes les politiques qui affaiblissent l’Université publique. Nous défendrons, sans compromis et sans relâche, un enseignement supérieur accessible à tous, financé à la hauteur de ses missions, respectueux de celles et ceux qui le font vivre.

Nous le devons à nos collègues.

Nous le devons à nos étudiants.

Nous le devons à l’avenir de l’Université en France

 




Droits différenciés : Sup’Recherche-Unsa se joint à une lettre ouverte au Premier Ministre.

Monsieur le Premier Ministre
Sébastien LECORNU
Hôtel de Matignon
57 rue de Varenne
75007 Paris

Paris, le 19 juin 2026

Objet : Décret relatif aux droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es extracommunautaires

Monsieur le Premier Ministre,

Lors des assises du financement des universités, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de
l’Espace, Philippe Baptiste, avait assuré aux organisations syndicales et étudiantes qu’il n’était pas question
d’augmenter les frais d’inscription avant les élections présidentielles de 2027.

Le 19 mai dernier, après la suppression des APL pour les étudiant·es étranger·es extracommunautaires votée
dans la loi de finances 2026, un texte qui heurte violemment la communauté universitaire a pourtant été publié
en contradiction totale avec les engagements du Ministre. Ce décret relatif aux droits d’inscription différenciés
pour les étudiant·es extracommunautaires, remet profondément en cause les principes fondateurs de
l’enseignement supérieur et de la recherche publics français.

En les multipliant par 16, il impose des droits d’inscription pouvant atteindre près de 3 000 € en licence et
4 000 € en master et réduit les étudiant·es étrangèr·es à une simple variable d’ajustement budgétaire. Le décret
consacre ainsi une logique de « préférence européenne » incompatible avec les valeurs humanistes,
universalistes et émancipatrices qui fondent l’université française.

En restreignant drastiquement les possibilités d’exonération — depuis 2019 massivement choisies par les
établissements et désormais limitées à 20 % des effectifs des étudiant·es extracommunautaires, sauf
dérogations exceptionnelles et la période transitoire de deux ans — ce décret ferme mécaniquement les portes
de l’université à de nombreux et nombreuses étudiant·es, en particulier celles et ceux venant de pays à faibles
revenus. Malgré des effets délétères largement documentés du plan « Bienvenue en France » de 2019 sur
l’attractivité internationale et la diversité sociale des campus, il s’inscrit dans sa continuité.

Cette publication marque une nouvelle étape vers la généralisation de l’augmentation des droits d’inscription
pour toutes et tous. Cette conception du service public de l’ESR est incompatible avec une université
émancipatrice, ouverte sur le monde et accessible à toutes et tous.

Elle menace également :
– la poursuite d’études en doctorat, déjà fragilisée, et donc l’avenir de la recherche publique comme privée ;
– l’équilibre de nombreux masters, y compris dans des secteurs qualifiés de « stratégiques » par le ministère ;
– l’égalité d’accès aux études supérieures, en particulier pour les femmes extracommunautaires, premières
touchées par ces barrières financières ;
– les personnels administratifs et pédagogiques, sommés de « trier » les étudiant·es selon leurs moyens
financiers ou leur capacité à obtenir une bourse dite « de talent ».

Depuis le début de l’année universitaire, la colère monte. L’intersyndicale a plusieurs fois appelé, de manière
unitaire, à se mobiliser, aux côtés des organisations étudiantes, pour défendre une université ouverte, accessible
et démocratique, cette université à laquelle nous sommes toutes et tous attaché·es.

Les mobilisations se sont multipliées : rassemblements, manifestations, actions locales et nationales, boycotts du
CSA et du CNESER, motions votées dans les conseils centraux, dans des sections du CNU, au CNESER, dans des
laboratoires et des sociétés savantes. Les 5, 12, 21 et 26 mai, des dizaines d’universités et d’établissements se
sont mobilisés contre ce décret qui instaure une sélection sociale et xénophobe, contraire à l’égalité d’accès au
service public.

Malgré un passage en force du texte après un examen éclair au Conseil d’État, les étudiant·es et les personnels
refusent de céder à cette régression historique. Plusieurs présidences d’université ont déjà également exprimé
publiquement leur opposition à l’application de ce texte et France universités s’est nettement exprimée contre
au CNESER. Chaque jour des motions sont votées dans les CA des établissements universitaires.

Nos organisations syndicales vous sollicitent solennellement pour que cette colère justifiée soit prise en compte
et vous demandent :
– le retrait immédiat du décret du 19 mai ;
– l’abandon du plan « Bienvenue en France », qui en constitue le socle idéologique et opérationnel ;
– la garantie du droit à la poursuite d’études, aujourd’hui menacé par la fermeture de formations et l’austérité
budgétaire imposée aux établissements ;
– un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche, afin de mettre fin à la précarité
étudiante, à la dégradation des conditions de travail et d’études, et au décrochage de la recherche publique.

Nous vous alertons avec gravité : l’université française ne peut être le lieu de la sélection sociale et de la
fermeture aux autres. Dans un contexte marqué par la montée des idées réactionnaires, elle doit rester un
espace de production et de diffusion du savoir, d’émancipation et d’accueil. L’université est et doit rester un lieu
de formation de haut niveau pour toutes et tous.

Veuillez croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de notre haute considération et en notre vif
attachement au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche :
Emmanuel de Lescure, secrétaire général, SNESUP-FSU,
Boris Gralak, secrétaire général, SNCS-FSU,
Julie Robert, co-secrétaire générale, SNASUB-FSU,
Coralie Benech, co-secrétaire générale, SNEP-FSU,
Yoann Vigner, secrétaire général, SNETAP-FSU,
Solveig Langen, secrétaire générale, CGT FERC Sup,
Michel Bertrand, secrétaire national, CGT-INRAE,
Patrick Boumier & Claudia Gallina Muller, co-secrétaires généraux, SNTRS CGT,
Kevin Le Tétour, co-secrétaire fédéral, SUD éducation,
Christine Buisson, secrétaire nationale, SUD Recherche,
Laetitia Aresu, secrétaire générale, CFDT EFRP,
Laetitia Grimaldi, secrétaire générale, CFDT Recherche EPST,
Virginie Saint-James & Ben Ali Chérif, co-secrétaires généraux, Sup’Recherche UNSA,
Alain Halère, secrétaire général, SNPTES-UNSA,
Dominique Chassagne, secrétaire général, A&I UNSA,
Etienne Romain, secrétaire général, ITRFBIO,
Sylvain Excoffon, secrétaire général, FO ESR,
Manon Moret, secrétaire générale, UNEF,
Éloïse Lefebvre Milon, co-secrétaire générale, Union Étudiante,
Lucie Clamens, co-secrétaire fédérale, Solidaires étudiant-e-s,
Claire Vigneau, secrétaire générale, FSE,
Suzanne Nijdam, présidente, FAGE




Aucun doute possible : Sup’Recherche-UNSA est le syndicat de tous les personnels enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs de l’enseignement supérieur, qu’ils soient titulaires ou contractuels.

Sup’Recherche-UNSA a signé un protocole d’accord le 19 juillet 2025 avec le SE-UNSA afin d’organiser la représentation et la syndicalisation des enseignants des premier et second degrés affectés dans l’enseignement supérieur (ESAS), dans le respect des statuts et des champs de compétence de chacune des organisations.

Conformément à ses statuts, et dans le respect des dispositions prévues par les statuts de la fédération UNSA Éducation, Sup’Recherche-UNSA est le seul syndicat de la fédération ayant vocation à représenter et à syndiquer l’ensemble des personnels enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs exerçant dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. À ce titre, les enseignants des premier et second degrés affectés dans l’enseignement supérieur relèvent pleinement de l’action syndicale de Sup’Recherche-UNSA dès lors qu’ils exercent leurs fonctions au sein des universités et autres établissements d’enseignement supérieur.

La réalité professionnelle est incontestable : ESAS, enseignants-chercheurs et chercheurs travaillent quotidiennement côte à côte et complémentairement, au sein des composantes, des équipes pédagogiques et des mêmes unités de recherche.

Ils participent ensemble à la conception et à la mise en œuvre des formations, assument les mêmes responsabilités pédagogiques, notamment la direction de licences, tous contribuent pleinement et à égalité de dignité, au fonctionnement des établissements.

Sup’Recherche-UNSA souligne en outre que beaucoup d’ESAS s’investissent également dans des activités de recherche, en collaboration avec les enseignants-chercheurs, au sein des laboratoires universitaires et, depuis des années, Sup’Recherche-UNSA milite pour que cet engagement soit reconnu. La proximité professionnelle entre les ESAS et les enseignants-chercheurs est donc totale.

Sup’Recherche-UNSA poursuivra, avec détermination, son engagement au service de l’ensemble des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, y compris des enseignants des premier et second degrés exerçant dans ces établissements, conformément à ses statuts et aux accords qu’il a librement conclus.




Audition de Sup’Recherche-UNSA au Sénat : L’excellence universitaire ne vit pas de discours, mais de moyens

Le 18 juin 2026, Sup’Recherche-UNSA a été auditionné par la commission d’enquête du Sénat chargée d’évaluer la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique du service public de l’enseignement supérieur.

Les échanges ont notamment porté sur les obligations de service des enseignants et des enseignants-chercheurs, l’évolution de leurs conditions de travail, l’attractivité des carrières académiques, la situation des doctorants, les difficultés de recrutement dans certaines disciplines, l’encadrement pédagogique des étudiants, l’accueil et l’accompagnement en premier cycle, ainsi que sur les moyens humains et financiers nécessaires à l’exercice des missions universitaires.

Nous avons rappelé que l’excellence universitaire ne peut être pensée indépendamment des conditions dans lesquelles elle se construit.

 Il ne saurait y avoir d’excellence durable lorsque les personnels sont confrontés à une surcharge croissante de travail, à un sous-encadrement chronique, à des effectifs administratifs insuffisants, à une perte d’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche ou encore à une précarisation d’une partie des acteurs qui contribuent au fonctionnement des universités.

Nous refusons qu’une vision réductrice de l’excellence soit imposée aux établissements à travers quelques classements internationaux conçus selon des critères qui ne reflètent pas les missions de nos services publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pour Sup’Recherche-UNSA, l’excellence est bien présente dans nos universités.

Notre responsabilité collective est désormais de la préserver et de lui donner les moyens humains, financiers et matériels nécessaires à son développement.

Elle se mesure à la qualité des formations, à la réussite des étudiants, à la richesse de la recherche scientifique, à la diffusion des savoirs et à la capacité des universités à former des citoyens libres et éclairés. Elle repose également sur un principe fondamental : la liberté académique. Il ne peut y avoir d’excellence sans liberté de recherche, sans liberté d’enseignement et sans indépendance intellectuelle.

Nous avons surtout rappelé une réalité trop souvent absente du débat public : alors même que les universités se voient confier toujours davantage de missions, elles continuent aujourd’hui à remplir leurs missions dans un contexte dégradé, grâce avant tout à l’engagement de leurs personnels. Enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, doctorants, ingénieurs, personnels administratifs, techniques, de bibliothèque, sociaux et de santé, vacataires et enseignants du second degré affectés dans l’enseignement supérieur (ESAS) portent quotidiennement à bout de bras un service public essentiel à l’avenir du pays.

Nous avons également réaffirmé notre attachement à un service public national d’enseignement supérieur garantissant la réussite et l’égalité d’accès aux études sur l’ensemble du territoire. À ce titre, Sup’Recherche-UNSA demeure fermement opposé aux droits d’inscription différenciés fondés sur la nationalité des étudiants, qui constituent une erreur à la fois scientifique, stratégique et humaine.

Enfin, s’agissant du financement des établissements publics d’enseignement supérieur, Sup’Recherche-UNSA a porté à la connaissance de la commission d’enquête sénatoriale le travail de fond qu’il a récemment mené dans le cadre des Assises du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons rappelé que nos analyses, nos constats et nos propositions ont été transmis aux coprésidents de ces Assises afin de contribuer à la réflexion nationale sur la construction d’un modèle de financement plus juste et plus efficace pour les universités.

Dans cette contribution, nous réclamons une réforme ambitieuse fondée sur davantage de justice, de transparence et de solidarité entre les universités. Nous défendons un modèle capable de corriger les inégalités historiques de dotation entre établissements, de mieux prendre en compte les réalités de terrain et les besoins réels des universités, et de garantir à chacune d’entre elles les moyens nécessaires pour exercer pleinement ses missions de formation, de recherche.

Sup’Recherche-UNSA continuera à défendre avec détermination une université publique forte, ouverte, ambitieuse et accessible à toutes et à tous. Parce qu’il ne peut y avoir d’excellence académique durable sans personnels reconnus et justement rémunérés, sans libertés académiques pleinement garanties, sans conditions de travail dignes et sans moyens humains, financiers et matériels à la hauteur des missions toujours plus nombreuses confiées aux universités.