Assises du financement des universités : une première journée marquée par un diagnostic sans appel

La première journée des Assises du financement des universités s’est ouverte le 26 mars 2026.

Les interventions des ministres de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, du ministre des comptes publics ainsi que celles des coprésidents des Assises ont restitué les échanges conduits avec les organisations syndicales. France Universités et plusieurs collectivités territoriales étaient également présentes.

Un constat s’impose avec force : celui d’un sous-financement structurel des universités, aggravé par un désengagement progressif de l’État.

Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé, tant par les organisations syndicales que par de nombreux présidents d’université présents aux assises.

Face à cette situation, certaines organisations ont fait le choix de quitter les Assises. Sup’Recherche-UNSA a, pour sa part, pris ses responsabilités en demeurant pleinement engagée dans les travaux, afin d’y porter et défendre les revendications adoptées lors de son Congrès des 19 et 20 mars à Tours.

Le témoignage d’une présidente d’université, confrontée à un déficit de 3 millions d’euros faute de dotation suffisante, illustre la gravité de la situation. À la question posée — « comment faire ? » — aucune réponse concrète n’a, à ce stade, été apportée.

Dans ce contexte, Sup’Recherche-UNSA continuera de défendre avec détermination un financement à la hauteur des missions du service public universitaire !




Choose Europe for science :  Oui , MAIS  ! 

Communiqué de presse

Ivry-sur-Seine, le 5 mai 2025

 

Ce lundi 5 mai dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne le président Macron et Ursula Van Der Leyen devaient annoncer des mesures de financement pour l’accueil d’universitaires et chercheurs des USA victimes d’atteintes aux libertés académiques. En vertu de quoi, le gouvernement français a lancé une plateforme baptisée « Choose France for Science », présentée comme « une première étape pour préparer l’accueil des chercheurs internationaux » et qui serait abondé par une ponction sur le plan d’investissement France 2030, cela au bénéfice de quelques centaines de personnes.

La démarche n’est pas critiquable, mais dans le contexte cette annonce suscite pour le moins des interrogations :

  • Du point de vue du public ciblé : si aux Etats-Unis, les atteintes à la recherche et aux chercheurs atteignent une ampleur sans précédent, le phénomène est mondialisé et s’accentue dans les régimes autoritaires et dans les « démocraties illibérales » partout dans le monde. On sait qu’en 2024, avant même l’arrivée de l’administration Trump au pouvoir, l’indice des libertés académiques révélait que dans le monde entier, un citoyen sur trois vit dans un régime où les libertés académiques sont respectées contre un sur deux en 2006. La question mérite donc d’être analysée globalement.
  • Du point de vue du dispositif : on s’étonne que cet accueil ne se fasse pas dans le cadre des chaires de professeur junior, instaurées par la Loi de programmation pour la recherche de 2020 pour attirer justement les universitaires étrangers. Ce dispositif est unanimement mis en doute par les organisations syndicales mais le gouvernement persiste à en ouvrir ou à en republier (arrêté du 11 avril 2025) .
  • D’un point de vue pragmatique, on notera que certaines universités, comme par hasard parmi le plus riches, se sont dotées déjà de financement pour cet accueil. Ainsi, Aix-Marseille Université a annoncé cette semaine qu’elle mettait en place un programme dédié à l’accueil des chercheurs américains¹, notamment ceux qui travaillent sur des sujets comme le climat, et l’Université Grenoble Alpes a lancé le programme “GATES” qui a pour but d' »ouvrir ses portes à tous les chercheurs américains”… cela laisse présager des situations disparates de nature à renforcer les inégalités entre établissements dans la plus grande opacité
  • Du point de vue disciplinaire, on peut se demander si tous les champs de recherches seront accueillis au même niveau. Ce qui semble être une évidence pour le climat ou l’Intelligence artificielle semble plus problématique pour les études sur le genre ou les discriminations.
  • D’un point de vue contextuel, l’annonce présidentielle rencontre un scepticisme mêlé de colère. Comment trouver les dotations nécessaires à l’accueil de nos collègues alors que la loi de finances pour 2025 marquait un recul d’un milliard des ressources allouées et que le 25 avril dernier, un décret a rayé 400 millions d’euros de crédits d’un trait de plume au nom d’un « contexte budgétaire très contraint » ?

Et pendant ce temps, près de 60% de l’immobilier universitaire est délabré, la part du PIB français consacrée à recherche en France (2,2%) reste durablement en deçà de la moyenne de l’OCDE, et nombre d’établissement sont dans le rouge … Cette conférence le jour même de la sortie de l’ouvrage de Dominique Glaymann, Enseignants-chercheurs : un grand corps malade qui expose le malaise largement ressenti par les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Sup’Recherche-UNSA adhère au principe d’accueil des « réfugiés académiques » mais insiste sur le fait que cela ne peut aller sans un financement suffisant des universités et de la recherche ! 

Contacts :

Sup’Recherche-UNSA, 87 bis, avenue Georges Gosnat, 94 853 Ivry-sur-Seine cedex

Virginie Saint-James, Secrétaire générale, SG@sup-recherche.org

 

¹ « Safe place for science » : les collègues se verront dédier des enveloppes de 600000 à 800000 euros sur trois ans.