CNRS : la recherche  empêchée

Après avoir subi une amputation de 20% de leurs dotations et récemment une ponction de 10 % de leurs ressources propres, les directions des UMR-CNRS viennent d’apprendre par une note de leur direction que les recrutements CDD sur l’ensemble des crédits (y compris ressources propres) étaient gelés.

Pour Sup’Recherche-UNSA, cette situation ajoute un nouveau frein à la recherche publique déjà bien peu financée et décourage les équipes qui, à leur corps défendant, s’investissent dans des appels à projet chronophages pour pallier le désengagement de l’État.

Sup’Recherche-UNSA demande à la direction du CNRS de revenir sur cette décision en autorisant les directions de laboratoire à utiliser leurs ressources propres afin de recruter des personnels de soutien indispensables à la gestion même des contrats de recherche, des stagiaires dont beaucoup sont appelés à devenir les doctorants de demain.

Sup’Recherche-UNSA apporte son soutien aux directions de laboratoires dans leurs revendications auprès de la direction du CNRS.

Image faite par I.A




Couper dans le savoir : un choix politique lourd de conséquences

Le gouvernement prévoit de sacrifier une nouvelle fois les universités et la recherche : 240 millions d’euros de budget 2026 seront supprimés.

Alors que les universités et les organismes de recherche font déjà face à des tensions budgétaires inédites, le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles annulations de crédits d’une ampleur particulièrement préoccupante.

Deux décrets transmis le 28 mai 2026 aux commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat prévoient en effet l’annulation de 139,2 millions d’euros de crédits de paiement sur la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (MIRES) ainsi que 100,4 millions d’euros supplémentaires sur France 2030, soit près de 240 millions d’euros retirés à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation.

Les universités sont directement touchées. Le programme 150 « Formations supérieures et recherche universitaire » subit à lui seul 35,5 millions d’euros d’annulations, tandis que le programme 172 « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires » perd 62,2 millions d’euros.

Ces nouvelles coupes budgétaires interviennent dans un contexte déjà marqué par l’insuffisance chronique des financements, la dégradation des conditions de travail, les difficultés de recrutement et l’augmentation continue des effectifs étudiants. Elles apparaissent en totale contradiction avec les ambitions affichées en matière de souveraineté scientifique, d’innovation et de compétitivité internationale.

À ce stade, le ministère n’a apporté aucune précision sur la répartition exacte de ces annulations ni sur leurs conséquences concrètes pour les établissements et les organismes de recherche.

Pour Sup’Recherche-UNSA, ces nouvelles annulations de crédits, si elles sont confirmées, constituent un très mauvais signal adressé à l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique et relèvent d’une profonde irresponsabilité politique. Alors que toutes les études démontrent que l’investissement dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation est l’un des principaux leviers du développement économique, social et technologique d’un pays, le gouvernement fait une nouvelle fois le choix de considérer les universités et les organismes de recherche comme une variable d’ajustement budgétaire. Cette politique de coupes successives, qui intervient après plusieurs années de promesses non tenues et de financements insuffisants, témoigne d’une absence de vision stratégique et d’un renoncement préoccupant aux ambitions scientifiques de la France. Au moment où les grandes puissances mondiales investissent massivement dans la connaissance, l’innovation et les technologies de demain, le gouvernement français fait le choix inverse, au risque d’affaiblir durablement les capacités de formation, de recherche et d’innovation de notre pays.

Sup’Recherche-UNSA condamne avec la plus grande fermeté cette décision et considère que cette faute politique engage pleinement la responsabilité du gouvernement devant la nation, la communauté universitaire, scientifique et étudiante, mais également devant les générations futures qui subiront les conséquences de ce désengagement.

Image faite par I.A




Réforme de la première année des études de santé : de l’amateurisme !

Sup’Recherche-UNSA dénonce la nouvelle réforme de la première année des études de santé, annoncée le 17 avril 2026. Présentée comme une avancée majeure, cette réforme n’est qu’une tentative désespérée de sauver les vestiges d’un système PASS/LAS. Elle ignore délibérément les alertes répétées des acteurs de terrain et s’apparente à une fuite en avant dangereuse pour l’avenir de nos formations en santé.

Une réforme déconnectée des réalités universitaires et humaines

Cette réforme n’a pas été construite avec les acteurs universitaires et ne tient aucun compte de la souffrance des enseignants-chercheurs, des enseignants et des BIATSS, déjà écrasés par l’empilement des réformes, des tâches administratives pléthoriques, des injonctions contradictoires et par une pénurie chronique de moyens.

La Conférence des Doyens de Médecine et le réseau des Vice-Présidents des Conseils des Études et de la Vie Universitaire (VP CFVU) ont d’ailleurs unanimement alerté sur l’infaisabilité d’une mise en œuvre pour la rentrée 2027, un calendrier jugé « impossible ».

Une logistique d’usine à gaz sans financement crédible

Les avertissements des universités concernant les locaux, les maquettes pédagogiques, les recrutements, les budgets et l’organisation concrète ont été balayés d’un revers de main.

La solution risque une fois de plus d’être le recours systématique au distanciel et aux cours enregistrés. Nous refusons catégoriquement que cette pénurie organisée conduise, par défaut, à faire du numérique la variable d’ajustement.

L’appauvrissement des enseignements en santé

Sup’Recherche-UNSA alerte également sur la réduction continue du contenu « santé » dès la première année. Le nouveau dispositif officialise un bloc santé limité à 24 à 30 ECTS, aux côtés de blocs disciplinaires et transversaux.

L’UNSA Sup’Recherche exige une véritable concertation et des moyens à la hauteur des enjeux

Après la catastrophe du PASS/LAS, il ne suffit pas de changer l’affichage Parcoursup, de réintroduire le redoublement et de rebaptiser l’architecture pour faire une bonne réforme. Cette réforme ne fera que déplacer les difficultés, aggravera les tensions au sein des universités et reportera sur les personnels la charge d’un dispositif insoutenable.

Sup’Recherche-UNSA demande le report de cette réforme et l’ouverture immédiate d’une véritable concertation avec les personnels de terrain, un chiffrage public et sincère des moyens nécessaires, des créations de postes d’enseignants et de BIATSS à la hauteur des besoins, ainsi que des garanties sur le maintien d’un contenu de santé ambitieux dès la première année.

Image: Mohamed Hassan in Pixabay




Assises du financement des universités : une première journée marquée par un diagnostic sans appel

La première journée des Assises du financement des universités s’est ouverte le 26 mars 2026.

Les interventions des ministres de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, du ministre des comptes publics ainsi que celles des coprésidents des Assises ont restitué les échanges conduits avec les organisations syndicales. France Universités et plusieurs collectivités territoriales étaient également présentes.

Un constat s’impose avec force : celui d’un sous-financement structurel des universités, aggravé par un désengagement progressif de l’État.

Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé, tant par les organisations syndicales que par de nombreux présidents d’université présents aux assises.

Face à cette situation, certaines organisations ont fait le choix de quitter les Assises. Sup’Recherche-UNSA a, pour sa part, pris ses responsabilités en demeurant pleinement engagée dans les travaux, afin d’y porter et défendre les revendications adoptées lors de son Congrès des 19 et 20 mars à Tours.

Le témoignage d’une présidente d’université, confrontée à un déficit de 3 millions d’euros faute de dotation suffisante, illustre la gravité de la situation. À la question posée — « comment faire ? » — aucune réponse concrète n’a, à ce stade, été apportée.

Dans ce contexte, Sup’Recherche-UNSA continuera de défendre avec détermination un financement à la hauteur des missions du service public universitaire !




Communiqué de l’Intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

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