Budget de l’Enseignement Supérieur et de la recherche : 500 millions annoncés, les personnels attendent des actes !

Sup’Recherche-UNSA a été reçu le 14 septembre 2026 par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace. Sup’Recherche-UNSA porte quatre exigences :

  • Des moyens à la hauteur des missions des établissements,
  • La revalorisation des rémunérations,
  • La mise aux normes d’un patrimoine immobilier dégradé,
  • Un véritable accompagnement face à l’intelligence artificielle.

Des moyens annoncés, qu’il faudra voir exécutés ! Le ministre a annoncé 500 millions d’euros supplémentaires, avec un effort ciblé sur l’ANR et le CNRS. Les collègues des laboratoires, qui tiennent leurs équipes à bout de bras depuis deux ans, attendaient ce signal. Mais il ne répare pas les pertes subies, et l’expérience récente impose la prudence. Le décret d’annulation du 25 avril 2025 a amputé de 307 millions d’euros les crédits de la recherche publique. En mars dernier encore,  le CNRS chiffrait à plus d’un demi-milliard les charges non compensées accumulées depuis octobre 2024. Un montant annoncé n’est pas un crédit ouvert, et un crédit ouvert n’est pas un crédit consommé.

Nous jugerons sur l’exécution !

Les personnels sont les grands absents du budget. Nous avons insisté tout particulièrement sur le volet ressources humaines. Du côté ministériel, pas un mot en retour. Ce silence n’a rien d’accidentel ; il traduit une politique assumée. Le point d’indice n’a plus bougé depuis juillet 2023, pendant que l’inflation continuait de grignoter, mois après mois, le pouvoir d’achat des personnels. Les carrières s’allongent, et la précarité s’installe comme un mode de gestion ordinaire. Le sort des ATER pousse cette logique jusqu’à l’absurde. Payés sur la base de l’indice brut 513, soit quelque 2 196 euros bruts mensuels, ils perçoivent moins que la rémunération plancher des doctorants contractuels, portée à 2 300 euros en janvier 2026, tout en assurant un service d’enseignement à temps plein. Sup’Recherche-UNSA exige :

  • La revalorisation immédiate des ATER,
  • Un rattrapage salarial pour l’ensemble des personnels,
  • Un plan pluriannuel de recrutement sur emplois titulaires. Le dévouement des collègues ne peut pas tenir lieu de ligne budgétaire.

Un bâti indigne. Trop d’universités travaillent dans des locaux où l’on étouffe en juin et où l’on grelotte en janvier. Personnels et étudiants en paient le prix au quotidien. Par le dispositif «éco-énergie tertiaire », l’État impose aux établissements de réduire de 40 % leur consommation d’énergie d’ici 2030. Il ne peut pas exiger ce résultat sans en fournir les moyens.

Nous demandons un plan national de rénovation du patrimoine universitaire, financé par l’État, assorti d’un calendrier et d’engagements contrôlables.

L’IA, une question de service public. Nous avons refusé que le débat se réduise à une affaire d’équipement. L’intelligence artificielle touche à notre rapport au savoir, à l’évaluation et à la transmission. L’IA ne doit servir ni à supprimer des postes, ni à intensifier le travail, ni à accroître notre dépendance envers quelques géants du numérique. Sup’Recherche-UNSA demande:

  • Une stratégie publique élaborée avec les personnels,
  • Des moyens dédiés à la recherche et à la formation, et
  • Une maîtrise publique des données et des infrastructures de calcul.

Sup’Recherche-UNSA attend désormais des actes vérifiables : des salaires revalorisés, des emplois titulaires, des moyens pérennes.

Ce n’est pas aux personnels de payer le sous-financement du service public.




Sup’Recherche-UNSA : création d’un Observatoire de l’Intelligence Artificielle

Conformément à la décision adoptée lors du congrès de Tours, Sup’Recherche-UNSA annonce la création de son Observatoire de l’Intelligence Artificielle. Cette initiative traduit notre volonté de ne pas subir les transformations profondes engendrées par l’IA, mais de les analyser, les comprendre et y apporter une réponse collective, éclairée et démocratique.

Les enjeux liés à l’intelligence artificielle dépassent désormais largement le simple cadre de l’usage des outils numériques. L’IA transforme en profondeur les mécanismes qui structurent notre vie en société : le travail, l’accès aux savoirs, la recherche, l’information, la santé, les libertés publiques, les rapports sociaux et même les processus démocratiques.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, ces mutations interrogent directement les métiers, les pratiques pédagogiques, les modes d’évaluation, la production scientifique ainsi que les conditions de travail des personnels. Elles soulèvent également des questions majeures en matière d’éthique, de souveraineté scientifique, de protection des données et d’indépendance intellectuelle. L’intelligence artificielle ne peut être laissée aux seules logiques économiques et technologiques. Elle constitue un enjeu social, démocratique et humain majeur qui nécessite une vigilance collective permanente.

Face à ces bouleversements, Sup’Recherche-UNSA entend porter une réflexion exigeante, fondée sur l’expertise scientifique, le pluralisme des approches et la défense du service public. Cet observatoire aura pour mission de produire des analyses, d’organiser des débats, d’éclairer les personnels et de formuler des propositions concrètes auprès des pouvoirs publics et des établissements.

Ces questions vous intéressent, Rejoignez-nous pour l’étude de ses questions administration@sup’recherche.org

Image : Geralt in Pixabay




Au CSAMESR du 3 février 2026

Un CSA ministériel s’est tenu ce 3 février dans un cadre budgétaire un peu éclairci. Le budget pour 2026 est pour l’instant adopté, sous réserve du contrôle de constitutionnalité. Toutefois, Sup’Recherche-UNSA rappelle ses réserves face au budget adopté qui ne permet pas à l’État de respecter les promesses du Protocole d’accord de la LPR, notamment en ce qui concerne la trajectoire de la Prime C1.

Il en va de même en ce qui concerne l’augmentation nécessaire de la PES.

Sup’Recherche-UNSA relève aussi la situation intolérable des ATER dont la rémunération est maintenant inférieure à celle des doctorants sous contrat.

Étaient soumis au vote :

Projet de décret définissant les électeurs aux CSA ministériels relevant des ministres chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la jeunesse et des sports

Vote contre considérant que nous ne souscrivons pas à l’argumentation ministérielle qui exclut du périmètre de l’enseignement supérieur les agents ITRF affectés dans un service du Ministère de l’éducation nationale alors que tel n’avait pas été le cas en 2022, avec pourtant, les mêmes textes de référence.

  -Projet de décret modifiant le décret n°99-272 du 6 avril 1999 relatif aux commissions paritaires d’établissement des établissements publics d’enseignement supérieur

Vote pour.

Projet d’arrêté portant création de CSA au sein des ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la jeunesse et des sports

Vote en abstention car le texte ne nous a pas paru suffisamment consolidé.

– Point pour débat :

-Programmation annuelle des travaux : L’agenda social présenté manque singulièrement d’ambition. Sup’Recherche-UNSA relève, en outre, qu’il ne contient que très peu de sujets propres aux enseignants et chercheurs.

 -Point pour information :

-Principes régissant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le champ des ressources humaines – projet de cadre d’usage.

Ce texte tend à prendre en compte la multiplication « anarchique » des usages de l’intelligence artificielle.

Sup’Recherche-UNSA regrette profondément qu’un tel cadre ne soit pas mis en place pour les enseignants-chercheurs, les chercheurs, les enseignants du Supérieur titulaires et contractuels ainsi que les doctorants.

Nous rappelons que Sup’Recherche-UNSA dispense chaque année une formation à ses adhérents sur ce thème.