Au CSA du 24 mars

Un CSA s’est tenu le 24 mars 2026 dans un contexte marqué par la mobilisation intersyndicale sur les conditions de mise en œuvre de la formation initiale des enseignants et sur le mouvement à venir du 26 mars lié à la tenue des Assises sur le financement des Universités.

 A l’ordre du jour pour débat :

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche

En ce qui concerne les enseignants-chercheurs, on constate une baisse continue du pourcentage de postes ouverts à la mutation en 2024 (1,9% contre 2,8% en 2023). La mobilité reste donc très limitée.

Parmi ces mutations, il faut noter une fois de plus une baisse du taux de satisfaction des demandes de mutation prioritaires (32% contre 39 % en 2023).

Sup’Recherche-UNSA ne peut se satisfaire de tels chiffres !

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels des personnels du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Pour ce qui est des enseignants-chercheurs, le taux de promotion moyen est de 35,4% avec un ratio promotion/promouvable de 14,4%.

Le nombre de 38 « non consommation » des promotions (dans 14 établissements) reste préoccupant. Il touche essentiellement des promotions de PR C1 et marque une dégradation incompréhensible et inacceptable.

Les chiffres des départs à la retraite montrent que 26 % des MCF partent alors qu’ils sont toujours en classe normale.

L’enseignement supérieur échoue manifestement dans l’objectif de développer une carrière sur deux grades pour ses personnels enseignants-chercheurs !

Enfin, le repyramidage a démontré son efficacité comme levier de la promotion des femmes au sein du corps des professeurs. Mais d’un point de vue global, le ratio des professeurs par rapport aux MCF plafonne à 35%, loin de l’objectif de 40% fixé par la Loi de programmation sur la recherche.

Sup’Recherche-UNSA demande la pérennisation du repyramidage qui a fait ses preuves.

  • Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031

Ce plan a tardé à être publié car il est élaboré sur trois périmètres ministériels. Pour le recrutement, il est prévu un contingent de 80 postes par an pour les enseignants-chercheurs et les doctorants BOE en situation de handicap.  Pour le reste, le texte demeure très vague et ne fait pas apparaître une réelle prise en compte des spécificités des enseignants et des chercheurs, ce qui est insatisfaisant.

Autres points en discussion :

  • Effectifs et proportionnalité femmes/hommes pour certains scrutins
  • Organisation de l’IGESR



Réforme de la formation initiale des enseignants : les alertes se multiplient

Les premiers éléments de mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants et conseillers principaux d’éducation (CPE) confirment les alertes exprimées par les organisations syndicales depuis plus d’un an.

De fortes inégalités territoriales sont déjà là :

  • L’accueil des non-lauréats des concours ne sera pas assuré dans toutes les académies et dans toutes les disciplines. Ceci va pénaliser les étudiants les plus précaires qui ne peuvent se permettre de déménager ou de payer des préparations privées aux concours, qui fleurissent déjà. Le ministère peut-il se priver ainsi d’un vivier d’étudiants souhaitant devenir enseignants ?
  • La « rationalisation » de l’offre, guidée par des impératifs financiers à court terme (et non pédagogiques), va aboutir à des fermetures de formations et/ou de sites qui imposeront un déracinement territorial aux lauréats dès le master et va dégrader leur formation : fermeture des Masters enseignement Philo à Nanterre, SES à Poitiers et Physique-chimie à Pau, fermeture du site de Quimper…

À un mois des écrits des concours, le flou règne encore sur bien des points de la réforme :

  • La localisation des formations ouvertes à la rentrée : y aura-t-il un parcours Italien en Lorraine ? un parcours Éducation Musicale à Créteil ?
  • La constitution des équipes en place à la rentrée : que vont devenir les collègues en temps partagé par exemple ? quels moyens humains les rectorats et les universités vont-ils vraiment mobiliser ?
  • L’attribution de moyens pour adapter la formation aux différents profils d’étudiants et lauréats.

Nous constatons que la mise en œuvre de la réforme dans son ensemble a dès à présent des conséquences graves :

  • Injonctions contradictoires et mise en concurrence des personnels qui entraînent un mal-être des personnels et la perte de sens du travail (mutualisations forcées des formations, morcellement des enseignements, imposition du distanciel)
  • Gestion RH irresponsable, voire toxique, d’établissements se défaussant de leurs responsabilités : manipulation des personnels via de fausses informations, pour les pousser à chercher d’autres postes
  • Détresse des étudiants et sentiment d’abandon, en raison des conditions de préparation au concours (informations discordantes et fluctuantes, ventilation des places dans les différents concours, absence de modules de préparation au concours) et des incertitudes sur la poursuite d’études (manque de places ouvertes aux non lauréats)

Dans ces conditions, comment les équipes enseignantes et BIATSS peuvent-elles préparer une formation initiale des enseignants à la hauteur des besoins de l’École et des élèves ?

Nous appelons les personnels impliqués dans la formation initiale des enseignants et les étudiants à se mobiliser massivement dans leurs établissements le mardi 10 mars, journée contre le manque de financement des universités.




Sup’Recherche-UNSA au Comité de suivi de la réforme de la formation initiale des enseignants

Sup’Recherche-UNSA a pris part, le 15 décembre, au lancement du comité de suivi de la réforme de la formation initiale et du recrutement des enseignants, en présence des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Dans cette séance d’installation du comité de suivi, le temps de parole accordé aux organisations syndicales s’est limité à des déclarations liminaires, Sup’Recherche-UNSA  regrette que ce cadre n’ait pas permis un échange approfondi ni une discussion de fond sur les enjeux majeurs de la mise en place de la réforme.

Un nouveau rendez-vous du comité de suivi est envisagé en mars 2026. Sup’Recherche-UNSA sera particulièrement attentif aux modalités de cette prochaine réunion et attend qu’elle permette une concertation réelle, un temps de travail suffisant ainsi que des réponses précises aux nombreuses interrogations.

Sup’Recherche-UNSA continuera de porter avec force ses revendications. Donner les moyens aux universités est une condition indispensable car la formation initiale des enseignants relève pleinement des universités. Cette universitarisation constitue un point d’appui essentiel, garantissant une formation exigeante, inscrite dans la durée, articulant savoirs disciplinaires, recherche et compétences professionnelles. Enseigner est un métier qui s’apprend et ne saurait être réduit à une simple logique de gestion des ressources humaines.

Sup’Recherche-UNSA rappelle que les équipes pédagogiques, administratives et de recherche doivent être pleinement associées à une concertation réelle et continue sur ces réformes. Sup’Recherche-UNSA insiste sur la nécessité de préserver le caractère pleinement universitaire des INSPE, fondé sur l’articulation entre formation, recherche et pratiques professionnelles. Il rappelle que la création d’une voie unique en cinq ans pour accéder à la profession ne doit en aucun cas faire obstacle à l’existence de passerelles d’entrée et de sortie, indispensables à la diversité des parcours et à la sécurisation des trajectoires étudiantes. Sup’Recherche-UNSA alerte sur les limites de la carte des formations actuellement proposée, qui ne permet pas de couvrir l’ensemble des besoins sur le territoire national et risque d’accentuer les inégalités territoriales et les déserts de formation et d’enseignement.

Image: Pexels in Pixabay