Appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

 

Alors que le gouvernement entame la préparation du budget 2027 sous le signe de l’austérité pour les services publics sommés de faire des économies, le désengagement de l’État se confirme. Face au sous-financement chronique et patent de l’État, la seule proposition du gouvernement réside dans la diversification par les établissements de leurs ressources propres. La multiplication par cinq des frais d’inscription pour tou·tes les étudiant·es viendrait s’ajouter à la restriction drastique des exonérations de frais différenciés et la suppression des APL pour les étudiant·es extracommunautaires non boursier·es en dépit de l’opposition de la communauté universitaire. Face à l’obstination du gouvernement, nous continuerons à nous opposer à toute hausse des frais d’inscription. Le décret Baptiste du 20 mai 2026 visait initialement à « mettre en cohérence » les dispositifs et à « augmenter les ressources propres » des établissements en période d’austérité budgétaire. En réalité, c’est un dispositif inégalitaire et contre-productif, qui crée beaucoup plus d’incertitude qu’il ne résout de problèmes, et qui appauvrira les universités en faisant tout simplement disparaître les étudiant·es extracommunautaires. Il est nécessaire que tous les établissements refusent d’une même voix cette disposition inique pour empêcher son application concrète.

Il manque a minima 8 Md€ pour l’enseignement supérieur et 8 Md€ pour la recherche publique afin notamment de consacrer 1 % du PIB à la dépense intérieure de recherche des administrations.

Depuis plus de vingt ans, les dépenses de recherche et de développement n’ont pas évolué, stagnant autour de 2,2 % du PIB, la part du budget de la recherche publique étant tombée à un niveau historiquement bas en 2023 à 0,74 %, niveau qui a encore baissé depuis. Le prétendu effort de recherche français est inexistant. Il reste bien inférieur à celui d’autres pays européens. L’engagement d’atteindre l’objectif fixé par l’Union européenne d’investir 3 % du PIB dès 2010 n’a jamais été atteint par la France, qui ne cesse d’accroître son retard. Le ministère brutalise la recherche.

L’Institut de recherche pour le développement (IRD) est sommé, contre la volonté de ses personnels, de s’intégrer au CNRS au risque de perdre ses spécificités notamment son réseau international et sa fonction diplomatique. Parallèlement, le gouvernement assèche les fonds de roulement des organismes de recherche.

Alors que le nombre de candidat·es à l’enseignement supérieur continue d’augmenter, le nombre de places sur Parcoursup et MonMaster se réduit si bien qu’une part sans cesse croissante d’entre elles et eux se retrouve sans affectation. Ce n’est rien de moins que le droit à poursuite d’étude des bachelier·es et des licencié·es qui est mis en cause.

La mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignant·es et des CPE confirme nos craintes. Le gouvernement choisit de sacrifier une grande partie de la cohorte des étudiant·es non lauréat·es en limitant, là aussi, leur droit à la poursuite d’études en Master. Le recours au privé ne peut compenser cette situation. Le rapport de l’IGAS et l’IGESR l’a montré, alors que leur financement est en grande partie assuré par des subventions publiques (40 % du chiffre d’affaires de Galileo et 67 % de celui du Collège de Paris, jusqu’à 90 % pour certaines de leurs écoles), principalement via l’apprentissage, la « qualité d’un grand nombre de formations délivrées apparaît insuffisante » et ne constitue pas une priorité pour ces établissements à but lucratif. Dans les organismes de recherche la quasi-totalité de la subvention de l’État est consacrée à la masse salariale des personnels. Les
chercheuses et chercheurs doivent absolument remporter des appels à projets pour pouvoir réaliser leurs travaux de recherche.

L’intersyndicale appelle à peser et se mobiliser dès la rentrée pour obtenir des financements à la hauteur des besoins de recherche et de formation du plus grand nombre et au plus haut niveau de qualification. Elle appelle également à défendre la liberté académique dans sa dimension collégiale,fondement de l’université. Elle exige le maintien de l’IRD comme EPST avec l’ensemble de ses prérogatives scientifiques.

L’intersyndicale appelle l’ensemble de la communauté universitaire et des organismes nationaux de recherches à travailler à des plans d’action adaptés aux situations locales et à s’organiser dans l’unité syndicale la plus large pour la réussite d’une journée nationale de mobilisation massive le mardi 15 septembre, jour de réunion du CNESER de rentrée.

À Paris, rendez-vous est donné à 12 h 30 place Jussieu pour un rassemblement suivi d’une manifestation qui se dirigera vers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Partout ailleurs, l’intersyndicale appelle à s’engager massivement dans les actions qui seront organisées.

L’intersyndicale appelle également à mettre d’ores et déjà en perspective la mobilisation pour la revalorisation des rémunérations de tous les personnels de la fonction publique dans la lignée de la journée du 15 septembre. Elle appelle à rejoindre l’appel intersyndical de la fonction publique pour la mobilisation par la grève et la manifestation nationale le 29 septembre notamment à Paris.

 




Sup’Recherche-UNSA porte les exigences budgétaires de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale

Mardi 8 septembre, Sup’Recherche-UNSA a été reçu à l’Assemblée nationale par le rapporteur chargé du budget de la recherche dans l’enseignement supérieur et les organismes de recherche. Cette rencontre nous a permis de défendre avec force la nécessité de donner aux universités et aux organismes de recherche des moyens à la hauteur de leurs missions.

Nous avons rappelé qu’une légère hausse budgétaire affichée ne constitue pas une augmentation réelle des moyens.

Les crédits de l’Enseignement supérieur doivent être appréciés en euros constants !

Sup’Recherche-UNSA a demandé leur compensation intégrale, le respect des engagements pris par l’État dans le cadre de la loi de programmation de la recherche ainsi que la protection des crédits contre les gels et les annulations en cours d’année. Les annulations intervenues en 2026 ont fragilisé des projets déjà engagés et compromis la continuité de certains travaux scientifiques.

Sup’Recherche-UNSA défend un financement ambitieux et pérenne de la bifurcation écologique.

Celle-ci ne peut être réduite à la rénovation énergétique des bâtiments ni devenir une nouvelle injonction imposée aux établissements sans moyens supplémentaires. Elle doit concerner simultanément la recherche, les formations, le patrimoine, les mobilités, les achats, le numérique et le fonctionnement des campus. Cela suppose des crédits nouveaux, une programmation pluriannuelle, des financements récurrents pour les laboratoires et le recrutement des personnels scientifiques et techniques nécessaires.

Les incendies et les épisodes de canicule de cet été nous rappellent que l’urgence climatique n’est plus une perspective lointaine. Elle produit déjà des effets concrets sur les populations, les territoires et les établissements. Sup’Recherche-UNSA milite pour accélérer le développement de la recherche environnementale, mieux coordonner les programmes scientifiques et favoriser les approches interdisciplinaires associant sciences de l’environnement, santé, ingénierie, droit, économie et sciences humaines et sociales. Retarder les investissements nécessaires aujourd’hui ne fera qu’accroître demain les coûts humains, sociaux, économiques et écologiques.

Dans cette perspective, Sup’Recherche-UNSA travaille à l’élaboration de propositions de bonnes pratiques pour accompagner la bifurcation écologique dans les universités, notamment dans les usages du numérique. La recherche environnementale et la bifurcation écologique ne peuvent plus rester de simples priorités affichées. Face à l’accélération du dérèglement climatique, il est urgent d’agir et de mobiliser, dès maintenant, des moyens réels, pérennes et à la hauteur des enjeux.

Sup’Recherche-UNSA continuera à porter ses exigences dans le débat sur le PLF 2027,

notamment lors de son entretien avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, prévu le 14 septembre 2026.

Image : Alexandra Koch in Pixabay




Réforme de l’HCERES , Participation de SUP’ Recherche-UNSA à la première rencontre annuelle du HCERES avec les organisations syndicales

À la suite de la vive émotion suscitée par les évaluations de la vague E, un amendement à la loi de simplification de la vie économique, adopté en commission spéciale le 24 mars 2025, prévoyait la suppression du HCERES. Finalement maintenu par la commission mixte paritaire, l’organisme d’évaluation a depuis engagé une profonde réforme de son fonctionnement.

Selon la Présidente Coralie Chevalier, à partir du processus de la vague B (début en 2026), l’évaluation se fera tous les six ans selon trois grands principes : simplification, respect de l’autonomie des établissements et confiance mutuelle.

C’est dans cet objectif que l’institution a reçu des représentants des syndicats membres du CSA MESR et les syndicats étudiants. Cette rencontre était essentiellement axée sur la détermination des « questions à poser » lors des visites sur site qui seront désormais toujours en présentiel.

Déjà reçu en bilatérale, Sup’Recherche-UNSA avait insisté sur la contextualisation nécessaire des futurs rapports.

De plus, pour Sup’Recherche-UNSA, la démarche doit être guidée par le souci d’entendre, outre les gouvernances, les personnels en difficulté ou les plus vulnérables : collègues identifiés comme « dans l’opposition », doctorants, contractuels et vacataires, mais aussi personnels en situation de handicap, ayant fait part de risques psychosociaux ou de violences sexuelles et sexistes.

Sup’Recherche-UNSA demande également que les collègues soient évalués sur les actions qui relèvent effectivement de leur champ d’intervention, sans que leur soient reprochées des insuffisances en matière d’effectifs, de contrats doctoraux ou de capacités d’accueil, qui résultent d’une pénurie structurelle dont ils ne sont pas responsables et qu’ils s’efforcent de gérer au quotidien.

Enfin, la compétence du HCERES en matière d’intégrité scientifique implique aussi que l’organe veille, dans le cadre de l’évaluation, sur le respect des libertés académiques, ainsi que l’y invite le Sénat par une récente proposition de loi.

Sup’Recherche-UNSA remettra dans les jours qui viennent une contribution au HCERES détaillant ces pistes de réflexion

Nous continuerons de défendre une évaluation équitable et transparente.

Image faite par I.A




AU CSA MESR DU 12 JUIN  Nomination et compétences des Recteurs et point sur la réforme de la formation des enseignants

Un CSA de repli s’est tenu le 12 juin après un vote négatif unanime des organisations syndicales du 3 juin.

  • Un projet de décret était de nouveau présenté

Le projet de Décret  portant modification des modalités de nomination et des compétences des recteurs, qui a de nouveau été présenté, a pour objet de réserver la condition d’habilitation à diriger des recherches aux seuls emplois de recteur disposant d’attributions dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche, à savoir les recteurs de région académique et les recteurs délégués à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation.

Il précise également les compétences des recteurs de région académique en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Au mépris de toute concertation sociale, le texte a été représenté à l’identique
Le texte du décret porte largement atteinte à l’obligation d’être titulaire d’une HDR pour accéder au poste de Recteur.

Sup ’Recherche -UNSA s’insurge contre cette dévalorisation du titre de la HDR

et maintient son vote contre !

  • Un point de présentation de la réforme initiale des enseignants était à l’ordre du jour

Sur l’avancement du chantier règlementaire, on notera la publication le 12 juin du Décret n° 2026-478 du 10 juin 2026 modifiant diverses dispositions statutaires relatives au recrutement des personnels relevant des corps enseignants et d’éducation et des maîtres de l’enseignement privé sous contrat du ministère de l’éducation nationale https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054237754

Cette réforme est accompagnée d’un comité de suivi national auquel nous sommes associés et de comités de suivi territoriaux dans lesquels la place de l’enseignement supérieur est carrément négligée.

 Sup’Recherche-UNSA demande en urgence à ce que le rôle de l’Enseignement supérieur et particulièrement celui de leurs organisations syndicales soit aussi respecté dans ces comités territoriaux .




Assises sur le financement des universités : Sup’Recherche-UNSA propose un modèle d’allocation des moyens transparent et équitable

Réuni dans le cadre des Assises sur le financement des universités, Sup’Recherche-UNSA a présenté une contribution ambitieuse visant à refonder les modalités d’allocation des moyens de l’enseignement supérieur. Le syndicat y dresse un constat préoccupant : plus de la moitié des universités connaissent aujourd’hui des difficultés financières importantes, conséquence directe d’un sous-financement chronique et d’une compensation insuffisante des mesures salariales décidées par l’État.

Pour Sup’Recherche-UNSA, la situation actuelle est aggravée par l’absence d’un modèle national de répartition des moyens clair, transparent et partagé. Cette opacité nourrit l’incompréhension entre les établissements, les personnels, les organisations syndicales et le ministère, tout en fragilisant le dialogue social et la capacité des universités à construire des stratégies de long terme.

Face à ce constat, le syndicat propose un véritable « contrat gagnant-gagnant » entre l’État et les universités. Sup’Recherche-UNSA demande notamment que la masse salariale soit intégralement financée par l’État, y compris les évolutions liées au glissement vieillesse technicité (GVT) et aux mesures générales de rémunération. Cela a pour conséquence que la masse salariale soit sortie de la SCSP. En contrepartie, les établissements s’engageraient à garantir un niveau de formation et de recherche cohérent avec les emplois financés.

Sup’Recherche-UNSA avance également un nouveau modèle d’allocation des moyens, hors masse salariale, reposant sur trois piliers :

  • 70 % de socle garanti, calculé principalement à partir du nombre d’étudiants et ajusté par des coefficients tenant compte des disciplines, des niveaux de formation, des publics accueillis et des contraintes territoriales ;
  • 20 % de part modulée, fondée sur des indicateurs limités et lisibles tels que la réussite étudiante, la progression des parcours, l’insertion professionnelle et l’accompagnement des étudiants ;
  • 10 % maximum dédiés à l’innovation et aux projets, afin de soutenir les transformations sans mettre les établissements en concurrence permanente.

Le syndicat préconise enfin la mise en place de mécanismes de régulation garantissant la stabilité financière des établissements : limitation des baisses annuelles de dotation, rattrapage progressif des universités historiquement sous-dotées et transparence totale des critères de financement.

Pour Sup’Recherche-UNSA, l’avenir de l’enseignement supérieur public passe par un financement fondé sur l’équité, la transparence et la visibilité pluriannuelle. À l’heure où les universités sont confrontées à une dégradation continue de leur situation budgétaire, il devient indispensable de restaurer la confiance entre l’État et les établissements afin de garantir durablement la réussite des étudiants, le développement de la recherche et l’égalité d’accès au savoir sur l’ensemble du territoire.

Sup’Recherche-UNSA continuera à porter ces propositions auprès du ministère afin que les futures décisions en matière de financement répondent enfin aux besoins réels des universités et des personnels.

Image : Wroszczuk in Pixabay




Communiqué Intersyndical

Paris, le 13 mai 2026

Le gouvernement s’entête à vouloir imposer une augmentation massive des frais d’inscription des étudiant·es extracommunautaires et présentait hier un décret en ce sens devant la communauté universitaire lors de la séance du CNESER reprogrammée après le boycott unanime des organisations syndicales le 5 mai dernier.
L’intersyndicale dénonce cette mesure profondément injuste et incohérente, qui va à l’encontre de l’objectif « d’attractivité » affiché comme caution par le gouvernement. Elle n’est rien d’autre qu’un tri social profondément incohérent et inacceptable. Elle cherche à profiter de la rentabilité des étudiant·es en doctorat tout en refusant de les former préalablement étant donné que les masters et les licences leur seront inaccessibles pour des questions financières. Elle rentre dans une logique purement économique de l’enseignement supérieur et de la recherche, occultant ses missions premières et reléguant au rang de ressource supplémentaire les étudiant·es extracommunautaires. Cette mesure ne sert ni plus ni moins qu’à tenter de pallier le manque de moyens donnés à l’université.
Hier à l’appel de l’intersyndicale, plusieurs centaines d’étudiant·es et de personnels se sont mobilisé·es de Jussieu au ministère ainsi que dans de nombreuses villes universitaires. Simultanément, le CNESER a rejeté de manière écrasante le décret par un vote quasi unanime (62 contre, 2 pour, 4 abstentions).
Ce vote confirme l’opposition unitaire contre cette mesure discriminatoire aux forts relents xénophobes de préférence nationale, contraire aux valeurs humanistes et émancipatrices du service public de l’enseignement supérieur.
L’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche appelle à multiplier les prises de position contre ce décret dans les universités. Elle appelle à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 26 mai partout en France pour gagner le retrait de ce texte et du texte de 2019 imposant des droits différenciés aux étudiant·es extracommunautaires. Droits d’inscription à 2 900 euros et 3 900 euros imposés à toutes et tous les étudiant·es extracommunautaires : c’est NON !