Comité de suivi de la Réforme de la formation des enseignants :  Sup’Recherche-UNSA alerte !

Lors du comité de suivi du 26 mars sur la Formation des enseignants, Sup’Recherche-UNSA a émis le souhait qu’elle ne soit pas le ferment d’une prochaine « nouvelle réforme » qui la corrige, cycle infernal dans lequel l’École est engagée depuis maintenant 15 ans, avec des effets désastreux sur le système éducatif, les usagers, les personnels.  Il est indispensable que l’administration du Ministère prenne réellement en compte les alertes et remarques.

Prendre en compte, ce n’est pas seulement écouter, ce n’est pas dire que l’administration va s’en occuper. Prendre en compte, c’est réellement envisager qu’il faut apporter des correctifs et se donner les moyens pour le faire.

  • Pour cela, Sup’Recherche-UNSA reste attentif à ce que les informations qui permettent d’anticiper les problèmes soient communiquées. A trois ans, il doit être possible de définir, à 10 ou 20 % de marges d’erreur, combien d’enseignants il faudra recruter. Cela permet de définir le nombre de places de LPE ouvertes. Il serait détestable que pour offrir des places positives dans Parcoursup, on pousse de jeunes étudiants dans une voie où ils seraient reçus-collés, avec des scores aux concours très élevés mais sans place dans les M1. Il faut que le comité de suivi soit instruit de ces données très en amont. C’est un gage de respect de tous.
  • Pour ce qui concerne la structure de la formation, il n’est pas possible de s’abriter derrière l’autonomie des universités pour accepter que certaines n’ouvrent pas de M1 pour les recalés du concours. C’est moralement inacceptable et contre-productif. Quel étudiant sérieux prendrait le risque de s’engager dans une voie dont l’issue est une fort probable impasse ?
  • Comme les habilitations du M2E sont délivrées par habilitation des INSPE en dehors des habilitations classiques, il faut que cette habilitation contraigne les universités à ouvrir les M1 pour les non lauréats de concours. C’est la responsabilité de l’administration.
  • Face aux fermetures annoncées, Sup’Recherche-UNSA s’indigne des incertitudes que vivent les personnels en charge de la formation. Nous avons relevé, à de nombreuses reprises, la logique technocratique descendante qui désuniversitarise la formation des enseignants. Nous formulons le vœu que le Comité de Suivi permette de corriger les erreurs.
  • Pour ce qui concerne la mobilisation des équipes, les conditions de reconnaissance financière des accompagnants de proximité est de nature à les mépriser. Lorsqu’en tant qu’employeur, on demande un travail, on le rémunère à la hauteur de la tâche. Ce qui est annoncé pour l’instant est inacceptable.

Il faut que par le Ministère le comprenne. Il en va de l’intérêt de la réforme. Il se doit donc de respecter les collègues de terrain à qui on demande de s’engager pour accompagner les futurs enseignants.

Photo : Pixabay, nhicnttcantho




Réforme de la formation initiale des enseignants : les alertes se multiplient

Les premiers éléments de mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants et conseillers principaux d’éducation (CPE) confirment les alertes exprimées par les organisations syndicales depuis plus d’un an.

De fortes inégalités territoriales sont déjà là :

  • L’accueil des non-lauréats des concours ne sera pas assuré dans toutes les académies et dans toutes les disciplines. Ceci va pénaliser les étudiants les plus précaires qui ne peuvent se permettre de déménager ou de payer des préparations privées aux concours, qui fleurissent déjà. Le ministère peut-il se priver ainsi d’un vivier d’étudiants souhaitant devenir enseignants ?
  • La « rationalisation » de l’offre, guidée par des impératifs financiers à court terme (et non pédagogiques), va aboutir à des fermetures de formations et/ou de sites qui imposeront un déracinement territorial aux lauréats dès le master et va dégrader leur formation : fermeture des Masters enseignement Philo à Nanterre, SES à Poitiers et Physique-chimie à Pau, fermeture du site de Quimper…

À un mois des écrits des concours, le flou règne encore sur bien des points de la réforme :

  • La localisation des formations ouvertes à la rentrée : y aura-t-il un parcours Italien en Lorraine ? un parcours Éducation Musicale à Créteil ?
  • La constitution des équipes en place à la rentrée : que vont devenir les collègues en temps partagé par exemple ? quels moyens humains les rectorats et les universités vont-ils vraiment mobiliser ?
  • L’attribution de moyens pour adapter la formation aux différents profils d’étudiants et lauréats.

Nous constatons que la mise en œuvre de la réforme dans son ensemble a dès à présent des conséquences graves :

  • Injonctions contradictoires et mise en concurrence des personnels qui entraînent un mal-être des personnels et la perte de sens du travail (mutualisations forcées des formations, morcellement des enseignements, imposition du distanciel)
  • Gestion RH irresponsable, voire toxique, d’établissements se défaussant de leurs responsabilités : manipulation des personnels via de fausses informations, pour les pousser à chercher d’autres postes
  • Détresse des étudiants et sentiment d’abandon, en raison des conditions de préparation au concours (informations discordantes et fluctuantes, ventilation des places dans les différents concours, absence de modules de préparation au concours) et des incertitudes sur la poursuite d’études (manque de places ouvertes aux non lauréats)

Dans ces conditions, comment les équipes enseignantes et BIATSS peuvent-elles préparer une formation initiale des enseignants à la hauteur des besoins de l’École et des élèves ?

Nous appelons les personnels impliqués dans la formation initiale des enseignants et les étudiants à se mobiliser massivement dans leurs établissements le mardi 10 mars, journée contre le manque de financement des universités.




Réforme de la Formation des enseignants : pour Sup’Recherche-UNSA, c’est oui… MAIS

La rentrée 2025 devrait voir la mise en oeuvre de la réforme de la formation des enseignants annoncée l’année dernière et tombée aux oubliettes de la dissolution.

Si des points peuvent être retenus positivement tel que le déplacement du concours en fin de licence, le calendrier projeté de l’année passée était déjà jugé intenable du point de vue de la logistique des INSPE.

Cette année, après des promesses de prise en compte des difficultés c’est… PAREIL ! En cette fin d’année universitaire nous avons bien des incertitudes !

Quid des nouveaux diplômes ? des référentiels ? des concours L3 et M2 et du nombre de postes ? de la place des enseignants de l’enseignement supérieur et des modalités de choix des enseignants de l’ Éducation nationale ? de la carte des formations ? des garanties du respect de la liberté académique ?

Nos collègues sont confrontés à des incertitudes et à des délais de mise en œuvre irréalistes voire irresponsables !

Sup’Recheche-UNSA s’ interroge : Quels moyens accompagnent cette réforme qu’on nous présente pourtant comme ambitieuse ?  

Sup’Recherche -UNSA  s’indigne du manque de réponses précises  !