Déclaration liminaire de Sup’Recherche-UNSA, Au CNESER du 07 juillet 2026. 2025-2026 : Une année noire. Mais pas une fatalité.

Le bilan est là, implacable. Et nous refusons de le minimiser, de le noyer dans la langue de bois, de l’envelopper dans des formules diplomatiques. Non. Sup’Recherche-UNSA dit les choses telles qu’elles sont.

Un budget : une trahison.

Adopté avec retard. Amputé avant même d’être versé. Les universités n’ont pas géré un budget, elles ont géré une pénurie. Pendant ce temps, le Gouvernement continuait de parler d’ « ambitions » pour notre Université. Des ambitions sans moyens, ce sont des mensonges.

Une précarisation organisée, méthodique, assumée.

Derrière les discours sur l’attractivité des métiers », la réalité : contractualisation en hausse, emplois statutaires en recul, carrières appauvries, conditions de travail dégradées. On ne précarise pas impunément des professions sans affaiblir le service public qu’elles portent. Et c’est exactement ce qui se passe.

« Une bande de nuls. »

Ces mots, prononcés par un ministre de la République, dans l’enceinte du Parlement, à l’encontre de celles et ceux qui consacrent leur vie à former, à chercher, à transmettre. Une humiliation publique. Derrière cette formule de mépris, c’est toute une communauté qui a été blessée, enseignants, chercheurs, BIATSS, doctorants, étudiants.

Nous n’oublions pas.

Des réformes imposées, jamais concertées.

La réforme de la formation des enseignants : à marche forcée, sans concertation réelle. Le calendrier irréaliste de la réforme des études de médecine dit tout du mépris que le gouvernement porte à nos universités, à leurs personnels, aux étudiants.

L’université publique fragilisée. Le privé lucratif, lui, prospère.

L’État laisse prospérer, parfois encourage, un enseignement supérieur privé lucratif qui fait commerce des peurs des familles, capte des financements publics et échappe au contrôle. Pendant ce temps, nos universités manquent de tout.

C’est un choix politique. Et nous le dénonçons.

Aujourd’hui les étudiants étrangers. Demain, qui ?

En s’attaquant aux droits d’inscription des étudiants extra-communautaires, c’est l’attractivité scientifique, culturelle et diplomatique de la France qui est directement fragilisée. Cette dérive inquiète. Chaque restriction ouvre la voie à la suivante.

Un dialogue social réduit à du théâtre.

Les concertations ont cédé la place aux décisions unilatérales. Les alertes des organisations syndicales sont restées sans réponse. On nous convoque pour la forme. On ignore nos avis sur le fond. Ce n’est pas du dialogue social, c’est une mise en scène.

Et ce n’est pas tout.

Gel des postes. Insuffisance des promotions. Explosion des charges administratives. Dégradation continue des conditions de travail. Atteintes aux libertés académiques. Sous-financement chronique. Cette liste n’est pas exhaustive. C’est ça, la réalité de nos établissements aujourd’hui.

Et pourtant. Ils tiennent.

Malgré tout cela, les femmes et les hommes qui font vivre l’enseignement supérieur public continuent d’assurer leurs missions avec un engagement qui force le respect. Ils enseignent, ils cherchent, ils innovent, ils accompagnent. Ils donnent tout, leur énergie, leur passion, leur temps.

Combien de temps encore leur conscience professionnelle pourra-t-elle compenser les insuffisances de vos politiques ?

TROP, C’EST TROP.

L’enseignement supérieur public n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Ce n’est pas une ligne qu’on efface quand les comptes sont dans le rouge. C’est l’avenir de notre jeunesse. C’est le moteur de la société. Et nous ne laisserons pas cet avenir se sacrifier en silence.

Nous le disons sans détour : on ne rogne pas impunément sur l’avenir d’un pays.

Sup’Recherche-UNSA refuse cette logique d’épuisement et d’abandon. Nous nous battons pour que ceux qui forment, qui cherchent, qui transmettent soient enfin traités avec la dignité qu’ils méritent. Nous nous battons pour que l’université publique reste ce qu’elle doit être : un droit, pas un privilège.

L’année à venir sera décisive.

Les élections professionnelles de décembre 2026 seront un moment essentiel pour faire entendre la voix des personnels. Puis viendront, au printemps, des choix majeurs pour l’avenir de notre pays.

Sup’Recherche-UNSA ne cédera rien.

Nous combattrons toutes les politiques qui affaiblissent l’Université publique. Nous défendrons, sans compromis et sans relâche, un enseignement supérieur accessible à tous, financé à la hauteur de ses missions, respectueux de celles et ceux qui le font vivre.

Nous le devons à nos collègues.

Nous le devons à nos étudiants.

Nous le devons à l’avenir de l’Université en France

 




Communiqué Intersyndical

Paris, le 13 mai 2026

Le gouvernement s’entête à vouloir imposer une augmentation massive des frais d’inscription des étudiant·es extracommunautaires et présentait hier un décret en ce sens devant la communauté universitaire lors de la séance du CNESER reprogrammée après le boycott unanime des organisations syndicales le 5 mai dernier.
L’intersyndicale dénonce cette mesure profondément injuste et incohérente, qui va à l’encontre de l’objectif « d’attractivité » affiché comme caution par le gouvernement. Elle n’est rien d’autre qu’un tri social profondément incohérent et inacceptable. Elle cherche à profiter de la rentabilité des étudiant·es en doctorat tout en refusant de les former préalablement étant donné que les masters et les licences leur seront inaccessibles pour des questions financières. Elle rentre dans une logique purement économique de l’enseignement supérieur et de la recherche, occultant ses missions premières et reléguant au rang de ressource supplémentaire les étudiant·es extracommunautaires. Cette mesure ne sert ni plus ni moins qu’à tenter de pallier le manque de moyens donnés à l’université.
Hier à l’appel de l’intersyndicale, plusieurs centaines d’étudiant·es et de personnels se sont mobilisé·es de Jussieu au ministère ainsi que dans de nombreuses villes universitaires. Simultanément, le CNESER a rejeté de manière écrasante le décret par un vote quasi unanime (62 contre, 2 pour, 4 abstentions).
Ce vote confirme l’opposition unitaire contre cette mesure discriminatoire aux forts relents xénophobes de préférence nationale, contraire aux valeurs humanistes et émancipatrices du service public de l’enseignement supérieur.
L’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche appelle à multiplier les prises de position contre ce décret dans les universités. Elle appelle à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 26 mai partout en France pour gagner le retrait de ce texte et du texte de 2019 imposant des droits différenciés aux étudiant·es extracommunautaires. Droits d’inscription à 2 900 euros et 3 900 euros imposés à toutes et tous les étudiant·es extracommunautaires : c’est NON !




Droits d’inscription à 2900€ et 3900 € imposés à tous les étudiant·es extracommunautaires : c’est non !

Lundi 20 avril, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) Philippe Baptiste a annoncé vouloir mettre fin à la possibilité d’exonération pour la majorité des étudiant·es étrangers extracommunautaires. Il avait pourtant annoncé en février qu’il n’était pas question d’augmenter les frais d’inscription avant l’élection présidentielle de 2027. Les masques tombent.
Petit rappel : depuis 2019, avec le plan mal nommé « Bienvenue en France », les frais d’inscription des étudiant·es étrangers hors Union européenne (UE) ont été multipliés par 15 à 17 : ces frais sont passés de 170€ à 2900€ en licence et de 250€ à 3900€ en master. En 2019, avec toutes les organisations syndicales et étudiantes, la communauté universitaire s’était vivement opposée à « Bienvenue en France » et ces « frais différenciés ». Nous demandions l’abandon de cette mesure injuste qui allait instaurer une sélection par l’argent aux portes de nos universités.
La grande majorité des universités a fait le choix de ne pas faire payer le prix fort aux étudiant·es extracommunautaires, en utilisant au maximum la possibilité d’exonération prévue par le texte. Mais le désengagement de l’État du financement des universités – presque toutes en déficit – a déjà provoqué un renoncement de la part de certaines directions d’établissements ; citons Strasbourg et Paris 1… À présent, après avoir supprimé les aides au logement (APL) pour les étudiant·es hors UE, le gouvernement veut imposer une réduction massive de ces exonérations. C’est une attaque frontale contre une population étudiante déjà particulièrement vulnérable.
Nous dénonçons une mesure non seulement xénophobe mais aussi profondément incohérente, qui ira à l’encontre de l’objectif « d’attractivité » affiché comme caution par le gouvernement. Profiter de la rentabilité des étudiant·es en doctorat tout en refusant de les former préalablement en leur rendant financièrement inaccessible les masters est un tri social profondément incohérent et inacceptable. Cette mesure rentre dans une logique purement économique de l’Enseignement Supérieur, voyant les étudiant·es extracommunautaires et les frais d’inscription comme une ressource supplémentaire pour pallier le manque de moyens donnés à l’université. Nous dénonçons une mesure discriminatoire aux forts relents xénophobes de préférence nationale. Nous dénonçons une mesure contraire aux valeurs humanistes et émancipatrices du service public de l’enseignement supérieur.
Enfin, quoi qu’en dise le ministre, ces frais différenciés préparent la hausse généralisée des frais d’inscription pour tous les étudiant·es : il s’agit d’élargir la brèche dans le principe constitutionnel de gratuité de l’Enseignement, et de pallier l’insuffisance du financement par l’État.
Le gouvernement cherche à passer en force. Mobilisons-nous pour le faire reculer !
Nos organisations représentatives des étudiant·es et des personnels annoncent qu’elles boycotteront le CNESER extraordinaire que le ministère a convoqué le 5 mai. Elles invitent les personnels et les étudiant·es à se réunir en assemblées générales le 5 mai, pour débattre et décider des actions.
Nos organisations appellent d’ores et déjà à manifester massivement le 12 mai, jour de reconvocation du CNESER, à Paris pour converger vers le ministère, et en région devant les établissements et les rectorats, pour :
– maintenir les possibilités d’exonérations des frais d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires,
– mettre fin aux frais différenciés pour les étudiant·es extracommunautaires,
– s’opposer à toute hausse des frais d’inscription,
– obtenir un financement à la hauteur des besoins du service public de l’ESR.
Nos organisations se réuniront le 12 au soir pour décider des suites à donner.