Budget 2026 : peu d’annonces, beaucoup d’incertitudes

Reçu au cabinet dans le cadre des échanges relatifs au budget 2026,  Sup’Recherche-UNSA a une nouvelle fois constaté l’absence de perspectives réelles en matière de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’annonce d’une hausse globale de 230 millions d’euros ne saurait masquer la réalité ni faire oublier les engagements de l’État au titre de la LPR. Sur ce montant, 80 millions d’euros sont fléchés vers la vie étudiante et, à ce stade, aucune répartition budgétaire précise n’est clairement identifiée pour le reste des crédits.

Sup’Recherche-UNSA a rappelé les engagements pris par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lors de l’examen du PLF 2025, ainsi que dans le cadre du chantier de    « revoyure» de la LPR, annoncé avec une échéance de six mois. Ces engagements portaient notamment sur l’attractivité des carrières et les politiques de ressources humaines, sur les modes de financement de la recherche et sur le développement ainsi que l’encadrement de la recherche partenariale.

Or, sur l’ensemble de ces sujets, les réponses apportées sont restées largement insuffisantes. La seule annonce concrète concerne le versement d’une avance de 25 % des dotations aux établissements, mesure validée par Bercy, qui ne saurait en aucun cas répondre aux difficultés structurelles et durables auxquelles sont confrontées les universités. S’agissant des opérateurs de recherche, le cabinet a indiqué que les situations seraient traitées au cas par cas, confirmant une gestion fragmentée, dépourvue de vision globale et de stratégie de long terme.

Concernant la LPR, le cabinet a par ailleurs indiqué qu’aucun crédit nouveau n’était inscrit au budget 2026. Sup’Recherche-UNSA a rappelé les engagements financiers de l’État. Entre 2021 et 2026, la LPR prévoyait un effort budgétaire de 12,3 milliards d’euros. Or, seuls 6,1 milliards d’euros auront effectivement été versés sur la période 2021-2025. La revoyure de la LPR devrait donc, a minima, prévoir un rattrapage de 6,2 milliards d’euros dès 2026.

Représenté au CNESER et dans d’autres instances nationales, Sup’Recherche-UNSA a également demandé l’établissement d’un calendrier prévisionnel précis entre le vote des dépenses par le Parlement et la répartition effective du budget entre les grandes lignes budgétaires.

Nous avons par ailleurs une nouvelle fois alerté le cabinet sur la situation des ATER. Sup’Recherche-UNSA a demandé explicitement si une revalorisation salariale était envisagée dans le budget 2026, en soulignant que celle-ci représenterait un effort financier limité. Le cabinet a confirmé qu’aucune mesure n’était prévue pour les ATER en 2026, en totale contradiction avec les objectifs affichés en matière d’attractivité des carrières et de politique de ressources humaines.

Concernant les Assises du financement des universités, Sup’Recherche-UNSA a demandé des précisions sur leur mission et sur la participation des organisations syndicales.  Le ministère affirme que des moyens importants ont été alloués aux universités ces dernières années, force est de constater que ces financements n’ont pas irrigué de manière équitable l’ensemble des établissements et des laboratoires. Les Assises devront impérativement permettre d’objectiver ces déséquilibres et d’en tirer des conclusions opérationnelles.

À ce titre, Sup’Recherche-UNSA a également alerté le cabinet sur la non-transmission effective de certains crédits jusqu’aux personnels. Nous avons notamment signalé que la dotation de 10 000 euros destinée aux maîtres de conférences nouvellement nommés n’atteint que très partiellement ses bénéficiaires. Plusieurs établissements indiquent ne pas percevoir l’intégralité de la somme et n’en affectent parfois que 50 %, tandis que certaines universités affirment ne jamais recevoir ces fonds. Cette situation est inacceptable et interroge directement la chaîne de responsabilité budgétaire.

Le constat est clair. Derrière les annonces, les engagements ne sont ni financés ni sécurisés.

 Sup’Recherche-UNSA restera pleinement mobilisé, dans toutes les instances et sur le terrain, pour exiger des actes, des financements à la hauteur des missions de l’ESR et le respect des engagements pris envers les personnels.

Image: Chronomarchie dans Pixabay

 




Sup’Recherche-UNSA présent aux Vœux 2026 du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Espace

À l’occasion de la cérémonie des vœux 2026, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Espace a exposé ses priorités dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une remise en cause croissante de la science et des attentes légitimes toujours plus fortes de la communauté universitaire.

  • Il a réaffirmé la nécessité de défendre la recherche et l’expertise scientifique face aux discours anti-scientifiques, tout en alertant sur les risques de décrochage de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche si les moyens ne sont pas durablement sécurisés. Les Assises du financement des universités ont été présentées comme un cadre de réflexion destiné à objectiver les difficultés financières des établissements, sans toutefois apporter, à ce stade, de réponses budgétaires concrètes. Sup’Recherche-Unsa prendra sa place dans ce débat.
  • S’agissant des personnels, le ministre a annoncé que la Protection Sociale Complémentaire (PSC) serait intégralement compensée dans le budget 2026, avec une entrée en vigueur au 1er mai 2026, pour la santé comme pour la prévoyance. Cette annonce devra toutefois être appréciée à l’aune des crédits effectivement inscrits et de leurs modalités de mise en œuvre.
  • Sur le volet recherche et innovation, plusieurs chantiers ont été évoqués : simplification des procédures, nomination prochaine d’un délégué ministériel dédié, réexamen de dispositifs jugés problématiques, notamment la suspension de l’appel à candidatures Carnot 2026, ainsi qu’une attention renouvelée portée aux sciences humaines et sociales. Là encore, ces orientations restent largement conditionnées à des arbitrages financiers encore absents.
  • Enfin, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la régulation du supérieur privé, annonçant une évolution du cadre de certification afin de lutter contre les pratiques de faible qualité ou trompeuses.

Pour Sup’Recherche-UNSA, ces annonces appellent une vigilance accrue. Alors que le Parlement n’a toujours pas voté le budget, et que les crédits annoncés sont présentés comme « dépensés » sans cadre budgétaire définitivement adopté, rien n’est à ce stade garanti. Sans moyens budgétaires à la hauteur, sans traductions concrètes dans les établissements et pour les personnels, les mesures annoncées risquent de demeurer largement incantatoires.

Sup’Recherche-UNSA restera pleinement mobilisé pour exiger que les priorités affichées se traduisent par des actes, des financements pérennes et des améliorations tangibles des conditions de travail et d’exercice de nos missions.




Baromètre UNSA : donnez votre avis sur vos conditions de travail !

Les enseignants-chercheurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche font grimper le #Baro ! Vous-aussi, donnez votre avis sur vos conditions de vie et de travail.

En 2023, 35 000 agents ont participé à la plus grande enquête française sur les travailleuses et les travailleurs du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de jeunesse & sports, et de la culture. Parmi eux, les professionnels du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ont été nombreuses et nombreux à donner leur avis sur leur métier.

Vous étiez ainsi 91% à déclarer aimer votre profession, mais également 77% à affirmer être en désaccord avec les choix politiques faits dans vos secteurs d’activité. Aujourd’hui, dans un contexte de coupes budgétaires massives et brutales, et alors que l’acte II de l’autonomie des universités se prépare, comment vous situez-vous sur ce sujet ? Votre métier a-t-il du sens ? Pensez-vous qu’il vous expose à des risques, en particulier sur votre santé, votre équilibre vie pro-vie perso ? Qu’attendez-vous de lui ?

Alors en quelques clics et ce jusqu’au 5 juin prochain, vous-aussi donnez votre avis et faites tourner cette enquête « devenue référence nationale » sur les réseaux sociaux, par mail, auprès de vos collègues ou en le faisant remplir par vos proches.

Accès direct ici : https://apps.unsa-education.com/barometre/