Audition de Sup’Recherche-UNSA au Sénat : L’excellence universitaire ne vit pas de discours, mais de moyens

Le 18 juin 2026, Sup’Recherche-UNSA a été auditionné par la commission d’enquête du Sénat chargée d’évaluer la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique du service public de l’enseignement supérieur.

Les échanges ont notamment porté sur les obligations de service des enseignants et des enseignants-chercheurs, l’évolution de leurs conditions de travail, l’attractivité des carrières académiques, la situation des doctorants, les difficultés de recrutement dans certaines disciplines, l’encadrement pédagogique des étudiants, l’accueil et l’accompagnement en premier cycle, ainsi que sur les moyens humains et financiers nécessaires à l’exercice des missions universitaires.

Nous avons rappelé que l’excellence universitaire ne peut être pensée indépendamment des conditions dans lesquelles elle se construit.

 Il ne saurait y avoir d’excellence durable lorsque les personnels sont confrontés à une surcharge croissante de travail, à un sous-encadrement chronique, à des effectifs administratifs insuffisants, à une perte d’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche ou encore à une précarisation d’une partie des acteurs qui contribuent au fonctionnement des universités.

Nous refusons qu’une vision réductrice de l’excellence soit imposée aux établissements à travers quelques classements internationaux conçus selon des critères qui ne reflètent pas les missions de nos services publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pour Sup’Recherche-UNSA, l’excellence est bien présente dans nos universités.

Notre responsabilité collective est désormais de la préserver et de lui donner les moyens humains, financiers et matériels nécessaires à son développement.

Elle se mesure à la qualité des formations, à la réussite des étudiants, à la richesse de la recherche scientifique, à la diffusion des savoirs et à la capacité des universités à former des citoyens libres et éclairés. Elle repose également sur un principe fondamental : la liberté académique. Il ne peut y avoir d’excellence sans liberté de recherche, sans liberté d’enseignement et sans indépendance intellectuelle.

Nous avons surtout rappelé une réalité trop souvent absente du débat public : alors même que les universités se voient confier toujours davantage de missions, elles continuent aujourd’hui à remplir leurs missions dans un contexte dégradé, grâce avant tout à l’engagement de leurs personnels. Enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, doctorants, ingénieurs, personnels administratifs, techniques, de bibliothèque, sociaux et de santé, vacataires et enseignants du second degré affectés dans l’enseignement supérieur (ESAS) portent quotidiennement à bout de bras un service public essentiel à l’avenir du pays.

Nous avons également réaffirmé notre attachement à un service public national d’enseignement supérieur garantissant la réussite et l’égalité d’accès aux études sur l’ensemble du territoire. À ce titre, Sup’Recherche-UNSA demeure fermement opposé aux droits d’inscription différenciés fondés sur la nationalité des étudiants, qui constituent une erreur à la fois scientifique, stratégique et humaine.

Enfin, s’agissant du financement des établissements publics d’enseignement supérieur, Sup’Recherche-UNSA a porté à la connaissance de la commission d’enquête sénatoriale le travail de fond qu’il a récemment mené dans le cadre des Assises du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons rappelé que nos analyses, nos constats et nos propositions ont été transmis aux coprésidents de ces Assises afin de contribuer à la réflexion nationale sur la construction d’un modèle de financement plus juste et plus efficace pour les universités.

Dans cette contribution, nous réclamons une réforme ambitieuse fondée sur davantage de justice, de transparence et de solidarité entre les universités. Nous défendons un modèle capable de corriger les inégalités historiques de dotation entre établissements, de mieux prendre en compte les réalités de terrain et les besoins réels des universités, et de garantir à chacune d’entre elles les moyens nécessaires pour exercer pleinement ses missions de formation, de recherche.

Sup’Recherche-UNSA continuera à défendre avec détermination une université publique forte, ouverte, ambitieuse et accessible à toutes et à tous. Parce qu’il ne peut y avoir d’excellence académique durable sans personnels reconnus et justement rémunérés, sans libertés académiques pleinement garanties, sans conditions de travail dignes et sans moyens humains, financiers et matériels à la hauteur des missions toujours plus nombreuses confiées aux universités.




Budget 2026 : peu d’annonces, beaucoup d’incertitudes

Reçu au cabinet dans le cadre des échanges relatifs au budget 2026,  Sup’Recherche-UNSA a une nouvelle fois constaté l’absence de perspectives réelles en matière de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’annonce d’une hausse globale de 230 millions d’euros ne saurait masquer la réalité ni faire oublier les engagements de l’État au titre de la LPR. Sur ce montant, 80 millions d’euros sont fléchés vers la vie étudiante et, à ce stade, aucune répartition budgétaire précise n’est clairement identifiée pour le reste des crédits.

Sup’Recherche-UNSA a rappelé les engagements pris par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lors de l’examen du PLF 2025, ainsi que dans le cadre du chantier de    « revoyure» de la LPR, annoncé avec une échéance de six mois. Ces engagements portaient notamment sur l’attractivité des carrières et les politiques de ressources humaines, sur les modes de financement de la recherche et sur le développement ainsi que l’encadrement de la recherche partenariale.

Or, sur l’ensemble de ces sujets, les réponses apportées sont restées largement insuffisantes. La seule annonce concrète concerne le versement d’une avance de 25 % des dotations aux établissements, mesure validée par Bercy, qui ne saurait en aucun cas répondre aux difficultés structurelles et durables auxquelles sont confrontées les universités. S’agissant des opérateurs de recherche, le cabinet a indiqué que les situations seraient traitées au cas par cas, confirmant une gestion fragmentée, dépourvue de vision globale et de stratégie de long terme.

Concernant la LPR, le cabinet a par ailleurs indiqué qu’aucun crédit nouveau n’était inscrit au budget 2026. Sup’Recherche-UNSA a rappelé les engagements financiers de l’État. Entre 2021 et 2026, la LPR prévoyait un effort budgétaire de 12,3 milliards d’euros. Or, seuls 6,1 milliards d’euros auront effectivement été versés sur la période 2021-2025. La revoyure de la LPR devrait donc, a minima, prévoir un rattrapage de 6,2 milliards d’euros dès 2026.

Représenté au CNESER et dans d’autres instances nationales, Sup’Recherche-UNSA a également demandé l’établissement d’un calendrier prévisionnel précis entre le vote des dépenses par le Parlement et la répartition effective du budget entre les grandes lignes budgétaires.

Nous avons par ailleurs une nouvelle fois alerté le cabinet sur la situation des ATER. Sup’Recherche-UNSA a demandé explicitement si une revalorisation salariale était envisagée dans le budget 2026, en soulignant que celle-ci représenterait un effort financier limité. Le cabinet a confirmé qu’aucune mesure n’était prévue pour les ATER en 2026, en totale contradiction avec les objectifs affichés en matière d’attractivité des carrières et de politique de ressources humaines.

Concernant les Assises du financement des universités, Sup’Recherche-UNSA a demandé des précisions sur leur mission et sur la participation des organisations syndicales.  Le ministère affirme que des moyens importants ont été alloués aux universités ces dernières années, force est de constater que ces financements n’ont pas irrigué de manière équitable l’ensemble des établissements et des laboratoires. Les Assises devront impérativement permettre d’objectiver ces déséquilibres et d’en tirer des conclusions opérationnelles.

À ce titre, Sup’Recherche-UNSA a également alerté le cabinet sur la non-transmission effective de certains crédits jusqu’aux personnels. Nous avons notamment signalé que la dotation de 10 000 euros destinée aux maîtres de conférences nouvellement nommés n’atteint que très partiellement ses bénéficiaires. Plusieurs établissements indiquent ne pas percevoir l’intégralité de la somme et n’en affectent parfois que 50 %, tandis que certaines universités affirment ne jamais recevoir ces fonds. Cette situation est inacceptable et interroge directement la chaîne de responsabilité budgétaire.

Le constat est clair. Derrière les annonces, les engagements ne sont ni financés ni sécurisés.

 Sup’Recherche-UNSA restera pleinement mobilisé, dans toutes les instances et sur le terrain, pour exiger des actes, des financements à la hauteur des missions de l’ESR et le respect des engagements pris envers les personnels.

Image: Chronomarchie dans Pixabay

 




Sup’Recherche-UNSA présent aux Vœux 2026 du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Espace

À l’occasion de la cérémonie des vœux 2026, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Espace a exposé ses priorités dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une remise en cause croissante de la science et des attentes légitimes toujours plus fortes de la communauté universitaire.

  • Il a réaffirmé la nécessité de défendre la recherche et l’expertise scientifique face aux discours anti-scientifiques, tout en alertant sur les risques de décrochage de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche si les moyens ne sont pas durablement sécurisés. Les Assises du financement des universités ont été présentées comme un cadre de réflexion destiné à objectiver les difficultés financières des établissements, sans toutefois apporter, à ce stade, de réponses budgétaires concrètes. Sup’Recherche-Unsa prendra sa place dans ce débat.
  • S’agissant des personnels, le ministre a annoncé que la Protection Sociale Complémentaire (PSC) serait intégralement compensée dans le budget 2026, avec une entrée en vigueur au 1er mai 2026, pour la santé comme pour la prévoyance. Cette annonce devra toutefois être appréciée à l’aune des crédits effectivement inscrits et de leurs modalités de mise en œuvre.
  • Sur le volet recherche et innovation, plusieurs chantiers ont été évoqués : simplification des procédures, nomination prochaine d’un délégué ministériel dédié, réexamen de dispositifs jugés problématiques, notamment la suspension de l’appel à candidatures Carnot 2026, ainsi qu’une attention renouvelée portée aux sciences humaines et sociales. Là encore, ces orientations restent largement conditionnées à des arbitrages financiers encore absents.
  • Enfin, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la régulation du supérieur privé, annonçant une évolution du cadre de certification afin de lutter contre les pratiques de faible qualité ou trompeuses.

Pour Sup’Recherche-UNSA, ces annonces appellent une vigilance accrue. Alors que le Parlement n’a toujours pas voté le budget, et que les crédits annoncés sont présentés comme « dépensés » sans cadre budgétaire définitivement adopté, rien n’est à ce stade garanti. Sans moyens budgétaires à la hauteur, sans traductions concrètes dans les établissements et pour les personnels, les mesures annoncées risquent de demeurer largement incantatoires.

Sup’Recherche-UNSA restera pleinement mobilisé pour exiger que les priorités affichées se traduisent par des actes, des financements pérennes et des améliorations tangibles des conditions de travail et d’exercice de nos missions.




Baromètre UNSA : donnez votre avis sur vos conditions de travail !

Les enseignants-chercheurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche font grimper le #Baro ! Vous-aussi, donnez votre avis sur vos conditions de vie et de travail.

En 2023, 35 000 agents ont participé à la plus grande enquête française sur les travailleuses et les travailleurs du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de jeunesse & sports, et de la culture. Parmi eux, les professionnels du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ont été nombreuses et nombreux à donner leur avis sur leur métier.

Vous étiez ainsi 91% à déclarer aimer votre profession, mais également 77% à affirmer être en désaccord avec les choix politiques faits dans vos secteurs d’activité. Aujourd’hui, dans un contexte de coupes budgétaires massives et brutales, et alors que l’acte II de l’autonomie des universités se prépare, comment vous situez-vous sur ce sujet ? Votre métier a-t-il du sens ? Pensez-vous qu’il vous expose à des risques, en particulier sur votre santé, votre équilibre vie pro-vie perso ? Qu’attendez-vous de lui ?

Alors en quelques clics et ce jusqu’au 5 juin prochain, vous-aussi donnez votre avis et faites tourner cette enquête « devenue référence nationale » sur les réseaux sociaux, par mail, auprès de vos collègues ou en le faisant remplir par vos proches.

Accès direct ici : https://apps.unsa-education.com/barometre/