Choose France for Higher Education, à n’importe quel prix ?

Le plan Choose France for Higher Education a été annoncé le 21 avril par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace[1] .

Philippe Baptiste a principalement annoncé la publication en hâte d’un décret pour contraindre les Universités à appliquer des droits différenciés pour les étudiants extracommunautaires, dont seuls 10 % s’étaient acquittés en 2024-2025.

Les droits majorés s’élèvent soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Cela représente environ 30% du coût de la formation. Le décret pourrait rapporter 250 millions d’euros aux Universités. Au moment où le Gouvernement cherche désespérément des mesures d’économies, il est à craindre que cet aspect de la question ne soit déterminant.

Les Établissements pratiquaient jusqu‘à aujourd’hui des exemptions nombreuses. Pour 2024‑2025, sur 111 500 étudiants, 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement[2].. Sup’Recherche-UNSA rappelle que ces mêmes étudiants se sont vus refuser l’accès aux APL en début d’année. Le texte à venir ne permettrait plus d’exonérer que 10 % des étudiants extracommunautaires, par exemple dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers .

Sans doute pour répondre à un rapport récent de la Cour des comptes[3],  le plan prévoit de « prioriser des profils » pour répondre à un besoin de réindustrialisation estimé à « 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an »» dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, de la physique quantique et des biotechnologies.

France Université a fait part de son étonnement face à l’atteinte au principe d’autonomie des universités que ce texte constituerait et de son refus d’une « vision caricaturale d’étudiants étrangers qui seraient uniquement un coût, alors qu’ils rapportent aussi en matière de consommation, de diplomatie et d’élévation du niveau d’éducation »[4]. Car, si le Ministère fait état d’une dynamique d’attractivité élargie dans le monde , il reste que la France était deuxième pays d’accueil en 1980, quatrième en 2017, selon l’Unesco et qu’elle n’est plus qu’au 8e rang, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Turquie. C’est bien ici que le bât blesse, réduire le nombre des étudiants étrangers accueillis, c’est réduire à long terme le rayonnement de nos universités

Fidèle à ses mandats, Sup’Recherche-UNSA s’insurge contre cette vision réductrice.

Le savoir n’a pas de frontières et  tous les savoirs ont une égale dignité et légitimité.

[1] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/lancement-de-la-strategie-choose-france-higher-education-101347.

[2] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/droits-differencies-profil-des-etudiants-internationaux-concernes-en-2024-2025-100796.

[3] https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-03/20250310-Attractivite-de-la-France-pour-les-etudiants-etrangers.pdf.

[4] https://franceuniversites.fr/actualite/choose-france-for-higher-education-lautonomie-et-lattractivite-des-universites-sont-en-jeu/.




Réforme de la première année des études de santé : de l’amateurisme !

Sup’Recherche-UNSA dénonce la nouvelle réforme de la première année des études de santé, annoncée le 17 avril 2026. Présentée comme une avancée majeure, cette réforme n’est qu’une tentative désespérée de sauver les vestiges d’un système PASS/LAS. Elle ignore délibérément les alertes répétées des acteurs de terrain et s’apparente à une fuite en avant dangereuse pour l’avenir de nos formations en santé.

Une réforme déconnectée des réalités universitaires et humaines

Cette réforme n’a pas été construite avec les acteurs universitaires et ne tient aucun compte de la souffrance des enseignants-chercheurs, des enseignants et des BIATSS, déjà écrasés par l’empilement des réformes, des tâches administratives pléthoriques, des injonctions contradictoires et par une pénurie chronique de moyens.

La Conférence des Doyens de Médecine et le réseau des Vice-Présidents des Conseils des Études et de la Vie Universitaire (VP CFVU) ont d’ailleurs unanimement alerté sur l’infaisabilité d’une mise en œuvre pour la rentrée 2027, un calendrier jugé « impossible ».

Une logistique d’usine à gaz sans financement crédible

Les avertissements des universités concernant les locaux, les maquettes pédagogiques, les recrutements, les budgets et l’organisation concrète ont été balayés d’un revers de main.

La solution risque une fois de plus d’être le recours systématique au distanciel et aux cours enregistrés. Nous refusons catégoriquement que cette pénurie organisée conduise, par défaut, à faire du numérique la variable d’ajustement.

L’appauvrissement des enseignements en santé

Sup’Recherche-UNSA alerte également sur la réduction continue du contenu « santé » dès la première année. Le nouveau dispositif officialise un bloc santé limité à 24 à 30 ECTS, aux côtés de blocs disciplinaires et transversaux.

L’UNSA Sup’Recherche exige une véritable concertation et des moyens à la hauteur des enjeux

Après la catastrophe du PASS/LAS, il ne suffit pas de changer l’affichage Parcoursup, de réintroduire le redoublement et de rebaptiser l’architecture pour faire une bonne réforme. Cette réforme ne fera que déplacer les difficultés, aggravera les tensions au sein des universités et reportera sur les personnels la charge d’un dispositif insoutenable.

Sup’Recherche-UNSA demande le report de cette réforme et l’ouverture immédiate d’une véritable concertation avec les personnels de terrain, un chiffrage public et sincère des moyens nécessaires, des créations de postes d’enseignants et de BIATSS à la hauteur des besoins, ainsi que des garanties sur le maintien d’un contenu de santé ambitieux dès la première année.

Image: Mohamed Hassan in Pixabay




Accès à l’enseignement supérieur et au diplôme dans le monde : Sup’Recherche-Unsa plus que jamais déterminé à défendre le service public

L’UNESCO vient de publier l’édition 2026 du Rapport mondial de suivi sur l’éducation, qui se concentre sur l’accès et l’équité https://www.unesco.org/gem-report/fr.

Au cours des 25 dernières années, le fossé s’est creusé entre l’accès à l’enseignement postsecondaire et l’obtention d’un diplôme.

Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur a plus que doublé, passant de 19 % en 2000 à 44 % en 2024, soit une augmentation d’un point de pourcentage par an, tandis que le taux d’obtention de diplômes a augmenté à moins de la moitié de ce taux au cours de la même période, passant de 17 % à 27 %.

La demande dans l’enseignement supérieur est limitée par l’accessibilité financière : seul un tiers des pays disposent d’universités publiques gratuites, tandis que l’ampleur et la nature des subventions accordées aux étudiants varient considérablement.

Ces données démontrent clairement que seule une offre de service public robuste permet la généralisation de l’accès au diplôme.

Image générée par I.A




Au CNESER du 14 avril

Un CNESER s’est tenu ce 14 avril.

Le point de la DGESIP a retracé l’avancement des Assises sur le financement des universités et le rapport Korolitski sur les EPE.  Il semble aussi que le Ministère s’interroge sur le calendrier prévu pour la réforme des études de santé qui devrait entrer en vigueur pour la rentrée 2 027, mais dont la faisabilité est de plus en plus sujette à caution.

Ce CNESER a surtout été l’occasion d’un point relatif à la protection sociale complémentaire.

Pour l’heure, 98,3% des personnels concernés sont affiliés ou officiellement dispensés. 25 000 personnes sont en cours d’affiliation. Les résultats sont plus préoccupants en ce qui concerne le volet prévoyance de la réforme. Début avril, 72 398 ont contacté un conseiller, 44 613 ont demandé un devis et parmi eux, 57,6% ont adhéré au contrat collectif.

Sup ’Recherche-UNSA s’inquiète des remontées qui lui laissent voir un niveau d’information très inégal des collègues et demande qu’un effort soit très rapidement fait dans ce sens.

A l’ordre du jour, l’examen du Projet d’arrêté fixant les référentiels de formation des professeurs des écoles, des professeurs certifiés, des professeurs d’éducation physique et sportive, des professeurs de lycée professionnel des sections générales et de certaines sections professionnelles, et des conseillers principaux d’éducation. Sup’Recherche-UNSA s’émeut du peu de place laissé à la pédagogie et à la didactique, ce qui accentue la dé-universitarisation générale qui préside à la réforme. Vote en abstention.

Il devait y avoir un double vote : sur le Décret relatif aux conditions et aux modalités d’accès à la formation de médecine des étudiants mentionnés au 11° du L. 631-1 du code de l’éducation et sur l’Arrêté relatif aux conditions et aux modalités d’accès à la formation de médecine des étudiants mentionnés au 11° du L. 631-1 du code de l’éducation.

Ces dossiers sur la formation médicale ont été retirés de l’ordre du jour ex abrupto le matin même, sans explication.

Étaient soumis au vote :

– Reconnaissance par l’État de l’école d’Innovation Logistique (I2L), vote contre ;

– Projet d’arrêté portant approbation de la convention de coordination territoriale du site d’Angers, voté contre du fait de l’absence totale de dialogue syndical et du déséquilibre des partenariats envisagés ;

– Projet d’arrêté portant création de l’Institut d’administration des entreprises de l’université de Reims, vote pour.

– Accréditation de l’université de Caen à délivrer le 3eme cycle d’odontologie, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au renouvellement du grade de master aux titulaires des diplômes « gestion de patrimoines audiovisuels » et « production audiovisuelle » délivrés par l’Institut national de l’audiovisuel, vote pour ;

– Projet de décret portant attribution de grade de licence aux titulaires du diplôme « Son pour le cinéma et l’audiovisuel » de l’Institut National de l’Audiovisuel », vote pour ;

– Projet d’arrêté portant renouvellement de l’attribution du grade de master au diplôme de l’ENS Saclay, vote pour ;

-Projet de décret en Conseil d’État modifiant les dispositions de l’article R. 612-36-3 du code de l’éducation, relatif aux conditions dans lesquelles les titulaires du diplôme national de licence non admis en première année d’une formation de leur choix conduisant au diplôme national de master se voient proposer l’inscription dans une formation du deuxième cycle, vote pour ;

– Projet de décret modifiant les dispositions de l’article D. 612-36-3-1 du code de l’éducation, relatif aux conditions dans lesquelles les étudiants demandent le réexamen de leurs candidatures en première année d’une formation conduisant au diplôme national de master en raison de leur état de santé ou de leur handicap, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au programme de français et de philosophie des classes préparatoires scientifiques pour l’année scolaire 2026-2027, vote pour ;

– Projet d’arrêté fixant le thème de lettres et de philosophie des classes préparatoires, vote pour ;

– Projet d’arrêté relatif au diplôme d’expertise automobile, vote pour ;

– Projet de décret adaptant les modalités de délivrance du brevet de technicien supérieur au titre de la session d’examen 2026 dans les académies d’Amiens et de Lille en raison d’une atteinte aux systèmes d’information, vote pour.




Le 25 mars 2026, Jean-Pierre KOROLITSKI a rendu son rapport sans surprises sur les EPE

Mission de dialogue sur les établissements publics expérimentaux (EPE) –  Et alors ?

Face à nombre de réticences suscitées par le modèle EPE, le Parlement a supprimé, à l’été 2025, la mesure de prolongation de l’ordonnance et une mission de dialogue a été lancée dans l’objectif de « nourrir la réflexion sur l’avenir du dispositif, d’approfondir les récents échanges en CNESER et d’éclairer les éventuels débats au Parlement » .

Pour Sup’Recherche-UNSA, la démarche de regroupement, qui passe par des marges d’adaptation institutionnelle et dérogations aux statuts standards des universités, ne peut se justifier que si le cadre EPE est seul de nature à réaliser un projet qui rencontre une forte adhésion des personnels et étudiants.  

Le rapport établit deux groupes de propositions qui concernent tant l’État que les établissements.

Parmi le groupe A des propositions du rapport, Sup’Recherche-UNSA s’étonne qu’il soit encore besoin

  • de confirmer par la loi la conservation des statuts des personnels au sein des grands établissements tout en simplifiant nombre de procédures dans leur fonctionnement interne (telles des mobilités volontaires),
  • d’adapter les Contrats d’Objectifs, de Moyens et de Performances (COMP) et accréditations aux grands établissements,
  • de développer des « Universités de Technologie » en s’inspirant de modèles étrangers
  • d’améliorer le processus de sortie d’expérimentation par un réel bilan objectif.

Parmi le groupe B des propositions, Sup-Recherche-UNSA regrette que l’on énonce encore des vœux pieux, tels

  • l’exigence de stratégie collective et commune pour la recherche et les formations,
  • développer le sentiment, au sein d’une composante et concernant tant les personnels que les étudiants, d’appartenance à un même établissement, dans l’adhésion à un projet commun par le Hcéres (intégration dans le rapport d’avis évaluatifs relatifs à chacun des établissements-composantes, formulation de recommandations explicites, …), afin d’aider à tendre vers la « véritable finalité » affichée de ces projets.

Après avoir participé à la démarche de construction du rapport, Sup-Recherche Unsa demande :  Tout ça pour ça ?

Image: Pixabay




Assises du financement des universités : une première journée marquée par un diagnostic sans appel

La première journée des Assises du financement des universités s’est ouverte le 26 mars 2026.

Les interventions des ministres de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, du ministre des comptes publics ainsi que celles des coprésidents des Assises ont restitué les échanges conduits avec les organisations syndicales. France Universités et plusieurs collectivités territoriales étaient également présentes.

Un constat s’impose avec force : celui d’un sous-financement structurel des universités, aggravé par un désengagement progressif de l’État.

Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé, tant par les organisations syndicales que par de nombreux présidents d’université présents aux assises.

Face à cette situation, certaines organisations ont fait le choix de quitter les Assises. Sup’Recherche-UNSA a, pour sa part, pris ses responsabilités en demeurant pleinement engagée dans les travaux, afin d’y porter et défendre les revendications adoptées lors de son Congrès des 19 et 20 mars à Tours.

Le témoignage d’une présidente d’université, confrontée à un déficit de 3 millions d’euros faute de dotation suffisante, illustre la gravité de la situation. À la question posée — « comment faire ? » — aucune réponse concrète n’a, à ce stade, été apportée.

Dans ce contexte, Sup’Recherche-UNSA continuera de défendre avec détermination un financement à la hauteur des missions du service public universitaire !




Congrès de Tours, 19-20 mars 2026 : Sup’Recherche-UNSA en ordre de marche

Sup’Recherche-UNSA a tenu son Congrès dans les locaux de l’Université de Tours les 19 et 20 mars 2026.

Notre syndicat se développe en nombre d’adhérents et de sections et il déploie de nouvelles modalités d’actions syndicales.

Ce Congrès a vu l’arrivée de nouveaux délégués pour lesquels il s’agissait d’une première participation, ce qui témoigne de notre vitalité syndicale.

Nous y avons reçu la secrétaire générale de notre fédération de l’UNSA-Education. Notre syndicat poursuit son développement dans un contexte qui s’est tendu, et dans la perspective des échéances électorales à venir.

Nous avons désigné des chargés de mission, renouvelé le Conseil national et le Secrétariat national.

Nous avons élu deux co-secrétaires généraux : Ben Alichérif, Professeur en informatique à Université de Paris 8 et Virginie SAINT-JAMES, MCF en droit public à l’Université de Limoges.

Plus que jamais, Sup’Recherche-UNSA reste fidèle à ses valeurs pour  la défense du service public de l’enseignement supérieur.




Comité de suivi de la Réforme de la formation des enseignants :  Sup’Recherche-UNSA alerte !

Lors du comité de suivi du 26 mars sur la Formation des enseignants, Sup’Recherche-UNSA a émis le souhait qu’elle ne soit pas le ferment d’une prochaine « nouvelle réforme » qui la corrige, cycle infernal dans lequel l’École est engagée depuis maintenant 15 ans, avec des effets désastreux sur le système éducatif, les usagers, les personnels.  Il est indispensable que l’administration du Ministère prenne réellement en compte les alertes et remarques.

Prendre en compte, ce n’est pas seulement écouter, ce n’est pas dire que l’administration va s’en occuper. Prendre en compte, c’est réellement envisager qu’il faut apporter des correctifs et se donner les moyens pour le faire.

  • Pour cela, Sup’Recherche-UNSA reste attentif à ce que les informations qui permettent d’anticiper les problèmes soient communiquées. A trois ans, il doit être possible de définir, à 10 ou 20 % de marges d’erreur, combien d’enseignants il faudra recruter. Cela permet de définir le nombre de places de LPE ouvertes. Il serait détestable que pour offrir des places positives dans Parcoursup, on pousse de jeunes étudiants dans une voie où ils seraient reçus-collés, avec des scores aux concours très élevés mais sans place dans les M1. Il faut que le comité de suivi soit instruit de ces données très en amont. C’est un gage de respect de tous.
  • Pour ce qui concerne la structure de la formation, il n’est pas possible de s’abriter derrière l’autonomie des universités pour accepter que certaines n’ouvrent pas de M1 pour les recalés du concours. C’est moralement inacceptable et contre-productif. Quel étudiant sérieux prendrait le risque de s’engager dans une voie dont l’issue est une fort probable impasse ?
  • Comme les habilitations du M2E sont délivrées par habilitation des INSPE en dehors des habilitations classiques, il faut que cette habilitation contraigne les universités à ouvrir les M1 pour les non lauréats de concours. C’est la responsabilité de l’administration.
  • Face aux fermetures annoncées, Sup’Recherche-UNSA s’indigne des incertitudes que vivent les personnels en charge de la formation. Nous avons relevé, à de nombreuses reprises, la logique technocratique descendante qui désuniversitarise la formation des enseignants. Nous formulons le vœu que le Comité de Suivi permette de corriger les erreurs.
  • Pour ce qui concerne la mobilisation des équipes, les conditions de reconnaissance financière des accompagnants de proximité est de nature à les mépriser. Lorsqu’en tant qu’employeur, on demande un travail, on le rémunère à la hauteur de la tâche. Ce qui est annoncé pour l’instant est inacceptable.

Il faut que par le Ministère le comprenne. Il en va de l’intérêt de la réforme. Il se doit donc de respecter les collègues de terrain à qui on demande de s’engager pour accompagner les futurs enseignants.

Photo : Pixabay, nhicnttcantho




Au CSA du 24 mars

Un CSA s’est tenu le 24 mars 2026 dans un contexte marqué par la mobilisation intersyndicale sur les conditions de mise en œuvre de la formation initiale des enseignants et sur le mouvement à venir du 26 mars lié à la tenue des Assises sur le financement des Universités.

 A l’ordre du jour pour débat :

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche

En ce qui concerne les enseignants-chercheurs, on constate une baisse continue du pourcentage de postes ouverts à la mutation en 2024 (1,9% contre 2,8% en 2023). La mobilité reste donc très limitée.

Parmi ces mutations, il faut noter une fois de plus une baisse du taux de satisfaction des demandes de mutation prioritaires (32% contre 39 % en 2023).

Sup’Recherche-UNSA ne peut se satisfaire de tels chiffres !

  • Bilan 2024 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels des personnels du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Pour ce qui est des enseignants-chercheurs, le taux de promotion moyen est de 35,4% avec un ratio promotion/promouvable de 14,4%.

Le nombre de 38 « non consommation » des promotions (dans 14 établissements) reste préoccupant. Il touche essentiellement des promotions de PR C1 et marque une dégradation incompréhensible et inacceptable.

Les chiffres des départs à la retraite montrent que 26 % des MCF partent alors qu’ils sont toujours en classe normale.

L’enseignement supérieur échoue manifestement dans l’objectif de développer une carrière sur deux grades pour ses personnels enseignants-chercheurs !

Enfin, le repyramidage a démontré son efficacité comme levier de la promotion des femmes au sein du corps des professeurs. Mais d’un point de vue global, le ratio des professeurs par rapport aux MCF plafonne à 35%, loin de l’objectif de 40% fixé par la Loi de programmation sur la recherche.

Sup’Recherche-UNSA demande la pérennisation du repyramidage qui a fait ses preuves.

  • Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031

Ce plan a tardé à être publié car il est élaboré sur trois périmètres ministériels. Pour le recrutement, il est prévu un contingent de 80 postes par an pour les enseignants-chercheurs et les doctorants BOE en situation de handicap.  Pour le reste, le texte demeure très vague et ne fait pas apparaître une réelle prise en compte des spécificités des enseignants et des chercheurs, ce qui est insatisfaisant.

Autres points en discussion :

  • Effectifs et proportionnalité femmes/hommes pour certains scrutins
  • Organisation de l’IGESR



Formation des enseignants : le 24 mars : tous et toutes mobilisé·es pour une formation de qualité

Sup’Recherche-UNSA est inquiet sur la manière dont la réforme de la formation des enseignant·es se met en place : moyens constants, inégalités territoriales massives, suppressions de postes, fermetures de masters et de sites, mutualisations forcées, distanciel imposé, restructuration des équipes, pression sur les personnels …

Avec les autres organisations syndicales, Sup’Recherche-UNSA appelle, les enseignant·es, enseignant·es-chercheurs et chercheurs impliqué·es dans la formation des enseignant·es à se mobiliser partout : assemblées générales, rassemblements, délégations mixtes étudiant·es-enseignant·es auprès des présidences et des rectorats, votes de motions dans les conseils, interpellations de la presse. Une visio nationale sera proposée pour faire le point sur la mobilisation et envisager sa poursuite.

Lien vers la réunion

Par ailleurs, Sup’Recherche-UNSA vous invite à signer la pétition en suivant ce lien ou via le QR code.

Pétition en ligne