Intersyndicale : mobilisation le 13 octobre

Alors que les conditions de rentrée sont particulièrement difficiles tant pour les personnels que pour les étudiant·es frappé·es par une pauvreté croissante, le Président de la République a multiplié les provocations, les amalgames et les propos méprisants, affirmant que les difficultés du service public de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) ne relèvent pas d’un manque de financement mais d’une gestion inefficace! La ministre de ESR a, dans la lignée, affirmé qu’il n’y aurait pas de « miracle » budgétaire et que les établissements, pour certains déjà exsangues, devraient puiser dans leurs fonds de roulement et inventer un nouveau « modèle économique »… et ce, avant même que le budget ne soit présenté devant le conseil des ministres.

Ce discours trompeur du gouvernement révèle un projet de société abandonnant l’objectif de démocratisation. Il manifeste la volonté de réduire le service public de l’ESR à peau de chagrin, alors qu’au même moment l’ESR privé, discrètement mais abondamment financé par l’argent public, ne s’est jamais aussi bien porté. 

Les services publics sont une richesse pour toutes et tous. Ils représentent un investissement pour l’ensemble de la société. Nos organisations refusent les politiques de diminution de la dépense publique dans le budget général de l’état qui sapent les services publics, et parmi eux, celui de l’ESR. L’augmentation de budget de 1 Mds pour l’ESR ne compense même pas l’inflation et ne permettra ni d’atteindre la cible de 1% du PIB pour la recherche publique, ni de recruter le personnel manquant pour accueillir et faire réussir toutes et tous les étudiant·es.

Nos organisations syndicales défendent un budget ambitieux pour l’ESR et une Université gratuite, ouverte à toutes et tous dont la mission est de former au plus haut niveau de qualification des citoyennes et des citoyens éclairé·es et libres.

Elles rappellent l’urgence d’une augmentation générale des traitements et salaires ainsi que la revalorisation immédiate des heures complémentaires d’enseignement et des vacations payées actuellement en taux horaire sous le SMIC.

Seul le recrutement massif de titulaires et la titularisation des contractuel·les sur fonctions pérennes permettra d’améliorer le taux d’encadrement, de diminuer le nombre d’heures complémentaires et le recours aux vacataires et aux contractuel·les sous-payé·es et de donner aux personnels de l’ESR la possibilité de se consacrer enfin pleinement à leurs missions de formation et de recherche. 

À cette rentrée, un grand nombre d’étudiant·es se retrouve à nouveau sans affectation, en L1 ou en master, en raison des dysfonctionnements de la plateforme « Mon master » et de l’insuffisance de places financées par l’État pour répondre à la demande et rendre le droit à la poursuite d’études effectif. Nombre d’entre elles et eux sont en situation de pauvreté et certain·es n’ont par ailleurs même pas de logement.

Depuis la fin de l’année universitaire 2022-2023, de nombreuses et nombreux collègues des universités sont mobilisé·es pour dénoncer la situation des enseignant·es du second degré et assimilé·es affecté·es dans le supérieur. Ils revendiquent notamment le réalignement de leur prime statutaire sur celle des enseignant·es-chercheur·es.

Ce mouvement s’inscrit dans un ras le bol général de la communauté universitaire, lié entre autres à la dégradation des conditions de travail conséquence du sous-investissement chronique dans l’ESR.

Nos organisations appellent toutes et tous les personnels et étudiant·es à se mobiliser pour défendre le service public de l’ESR, améliorer les rémunérations et les conditions de travail et d’études et refuser de toute régression sociale.

Pour toutes ces raisons, elles appellent les personnels et les étudiant·es à se joindre massivement aux différentes actions, rassemblements, manifestations, débrayages et grèves organisées lors de la journée de mobilisation européenne du 13 octobre.


Lire le communiqué




CNRS-UMR vous avez dit simplification ?

Le rapport Gillet insiste sur la nécessaire simplification de l’écosystème de la recherche et de l’innovation. La mise en place de nouveaux outils de gestion au CNRS montre l’urgence de cela. Nos collègues gestionnaires sont épuisés par les nombreuses difficultés liées à ces nouveaux logiciels. Ils se heurtent notamment :

  • A l’impossibilité de réserver des billets, des locations de voiture et d’annuler les missions ;
  • Des billets proposés beaucoup plus chers que les billets vendus hors marchés ;
  • Une procédure trop complexe ;
  • Une plateforme pas du tout intuitive :
  • Un dépôt des justificatifs sur NOTILUS chronophage ;
  • Des agents obligés de partir en faisant l’avance qui ne sont pas remboursés à leur retour ;
  • Des demandes d’ordre de mission à faire plusieurs fois ;

On constate de multiples bugs de la plateforme NOTILUS et il est impossible de contacter la plateforme pour résoudre les problèmes.

Sup’Recherche-UNSA demande que très vite toutes les dispositions soient prises pour pallier les dégâts humains (RPS notamment) engendrés par le déploiement d’applications visiblement non fiables.

En ce qui concerne les missions, demandes de justificatifs multiples et variés, d’utiliser « les » marchés (avec des coûts finaux élevés)… donne le sentiment d’une défiance de la part de l’employeur à l’égard des personnels.
Pour que la France reste « une grande terre scientifique [1] » il faut commencer par doter les unités de recherche d’outils fiables et de moyens humains et financiers à hauteur de cette ambition et faire confiance aux agents qui font toujours en sorte que les moyens financiers soient  utilisés de manière optimale.

[1] Propos de la ministre Retailleau au congrès de France Université, le 31/08/23

illustration : Image de pch.vector sur Freepik




CNESER du 12 septembre 2023

Mardi 12 septembre 2023, installation du nouveau CNESER. Sup’Recherche-UNSA est représenté par un PU et un MCF, en outre les syndicats de l’UNSA siègent à la commissions permanente dans le collège des BIATSS et des enseignants et maitres de conférences. Sup’Recherche-UNSA sera aussi présent au CNESER disciplinaire.

Sup’Recherche-UNSA a interpellé la Ministre pour lui faire part de nos inquiétudes notamment à propos du budget 2024 qui nous font craindre pour l’existence d’un service public d’enseignement supérieur et de la place toujours plus grande que donne le MESRI à l’enseignement privé.

Sup’Recherche-UNSA déplore le manque de considération à l’égard de nos collègues. Les propos tenus au plus haut niveau stigmatisent les universités et les universitaires qui, aux dires du Président de la République mettent en place des formations « ne diplôment quasiment pas », et qu’on « laisse ouvertes des formations parce qu’on a des profs sur ces formations ». Ces propos sont blessants et vont amplifier le phénomène de « démission silencieuse » que nous avons déjà pointé.

Il importe donc si on veut que la France reste une grande « une grande terre scientifique » comme l’a dit S. Retailleau au congrès de France Universités, d’apporter plus de moyens aux établissements et une meilleure considération à l’égard des serviteurs du service public d’Etat d’enseignement supérieur et de recherche.

Lien vers la déclaration de Sup’Recherche-UNSA




ESAS : encore un effort !

Le 7 septembre, la ministre a annoncé de nouvelles mesures concernant les enseignants du secondaire affectés au supérieur (ESAS). En particulier, la cible de la PES (prime d’enseignement supérieur), fixée initialement à 3200€ en 2025, va passer à 4200€ en 2027. Par ailleurs, le plafond de la PRP (prime de responsabilité pédagogique) va également être doublé. Même si Sup’Recherche-UNSA salue ces avancées, il estime que seulement les deux tiers du chemin sont parcourus pour que nos collègues ESAS bénéficient d’une prime statutaire analogue à celle des enseignants-chercheurs.

Encore un effort Madame la ministre et le compte y sera !

Au-delà cette revendication salariale justifiée, il faut aussi prendre en compte les missions réalisées par ces collègues. Le décret relatif aux obligations de service des ESAS date de 1993 et se résume à dire qu’ils doivent « accomplir, dans le cadre de l’année universitaire, un service d’enseignement en présence des étudiants de 384 heures de travaux dirigés ou de travaux pratiques. »

Sup’Recherche-UNSA demande que, dans le cadre du Comité social d’administration du MESR, ce décret soit retravaillé avec les organisations syndicales en définissant leurs missions au regard de celle de l’enseignement supérieur (cf. articles L123-1 à L123-9 du code de l’éducation).

Nos collègues ESAS ne peuvent être réduits à leurs 384 heures d’enseignement et doivent être reconnus et respectés pour l’ensemble des missions qu’ils accomplissent !




Budget 2024 … « pas de miracle ! »

Sup’Recherche-UNSA s’est rendu à l’invitation au congrès de rentrée de France Universités le 30 août 2023. Plusieurs tables rondes et interventions ont été consacrées à la réindustrialisation verte, la place des femmes dans la recherche, l’Intelligence artificielle, l’international …

Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et la recherche, a conclu la journée. Si elle a réaffirmé que « la France doit rester une grande nation scientifique », elle a, en revanche, présenté des perspectives budgétaires sombres.

Parmi les mauvaises nouvelles, la non compensation en 2023 et 2024 de l’augmentation (pourtant faible) du point d’indice des fonctionnaires accordée par l’État en juillet 2023. Les établissements devront puiser dans leurs fonds de roulement pour faire face à ces dépenses supplémentaires.

Le budget apparaît en très légère augmentation, mais c’est essentiellement dû à la poursuite de la mise en œuvre de la LPR. Ainsi, l’effet de levier de cette loi de programmation présentée comme une « avancée historique » se réduit année après année comme une peau de chagrin.

Sup’Recherche-UNSA restera mobilisé pour que les engagements de l’Etat, actés en 2020 par la LPR, et déclinés dans le protocole d’accord « carrières et rémunérations », soient respectés. Combat qu’il faudra conduire chaque année.




Elections au CNESER : Sup’Recherche-UNSA gagne des voix et maintient son nombre de sièges

Malgré l’organisation parfois très « approximative » de ce scrutin, la participation augmente dans les collèges qui nous concernent passant, pour le collège A de 13,87% en 2019 à 23,6% en 2023 et pour le collège B de 13,15% à 24,74%. Pour les autres collèges, il y a soit stabilité soit baisse de la participation.

Globalement Sup’Recherche-UNSA obtient davantage de voix que lors du scrutin de 2019.

Pour les PU nous avons recueilli 60% de voix de plus qu’en 2019 et nous enregistrons 33% de voix supplémentaires pour les MCF et enseignants. On pouvait craindre que la présence de la liste du collectif 384 nous fasse perdre le siège du collège B, ce ne fut pas le cas

Sup’Recherche-UNSA remercie les électrices et les électeurs qui lui ont fait confiance. Nos élu.e.s défendront dans cette instance le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
(Ici notre profession de foi  et nos communiqués)

Voici les résultats détaillés pour les collèges qui nous concernent directement :

Collège des professeurs et personnels de niveau équivalent – 10 sièges

Liste Nombre de sièges Variation
Snesup-FSU 3
Sgen-CFDT 3
QSF 2 +1
CGT Ferc Sup 1
Sup’Recherche-Unsa 1 _
FO ESR 0 -1

Collège des autres enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs – 10 sièges

Liste Nombre de sièges Variation
Snesup-FSU 3
Collectif 384 2 +2
CFDT 1 -1
CGT Ferc Sup 1
SUD Education 1
Sup’Recherche-Unsa 1
QSF 1 +1
FO ESR 0 -1
Sages 0 -1

Bilan général : l’UNSA passe de 5 à 6 sièges, en nous maintenant dans tous les collèges où nous étions présents en 2019, et en gagnant un siège dans le collège EPIC du fait de la liste déposée, avec l’aide de Sup’Recherche-UNSA, par le SPAEN pour l’UNSA.




Sup’Recherche-UNSA contre toutes les violences : physiques et verbales 

Communiqué de presse

Sup’Recherche-UNSA condamne les atteintes aux biens et aux personnes.  Pour autant, nous ne pouvons pas accepter les mots employés par les syndicats Alliance et UNSA Police qui ajoutent à la violence physique, la violence verbale.

Ce n’est pas ainsi que nous retrouverons, pour notre pays, la paix sociale. Pour cela, il faut réduire les inégalités, préserver les services publics et s’inscrire dans les valeurs de la république.  

Ivry-sur-Seine le 1er juillet 2023, Jean-Pascal Simon, secrétaire général et Virginie Saint-James, secrétaire général adjointe




Revalorisation des traitements ? On est loin du compte ! 

Stanislas Guerrini avait annoncé un “geste” sur le point d’indice … ce fut un tout petit geste : 1,5% de revalorisation du point d’indice et quelques points supplémentaires octroyés en janvier 2024, c’est tout ce donc vont bénéficier les personnels que nous représentons : enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs !

Avec une inflation annuelle supérieure à 5% en mai 2022 et mai 2023, ils vont perdre sur ces deux années plus de 5% de pouvoir d’achat. Nous méritons mieux que cette aumône, nous savons que l’Etat est un mauvais employeur, inutile de le confirmer ainsi. Le gouvernement a mis au cœur de la LPR la question de l’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce n’est pas ainsi qu’il va être renforcé ! Pour sortir de ce paradoxe une seule solution : réviser les grilles de rémunération des enseignants, des enseignants-chercheurs et des chercheurs.

Nous alertons solennellement le MESRI et le gouvernement sur le risque de découragement et de risques psychosociaux que ne manqueront pas d’engendrer de telles décisions qui alimentent le sentiment de déclassement.

Sup’Recherche-UNSA, Ivry-sur-Seine le 13/06/2023

 

Image de Freepik




Réponse intersyndicale à la Première ministre

La Première ministre a décidé de recevoir les Organisations syndicales dites représentatives les 16 et 17 mai.
L’intersyndicale, toujours unie, appelle à la mobilisation du 6 juin et demande aux députés de voter, le 8 juin prochain, pour le projet de loi qui vise à abroger le recul de l’âge de départ en retraite de 62 à 64 ans.

lire le communiqué




Intersyndicale Réforme des retraites

Toujours unis, nombreux et déterminés pour le retrait et pour le progrès social

2,3 millions de jeunes, de salarié.es et de retraité.e.s ont défilé partout en France, faisant de ce 1 er mai 2023 un des plus importants de notre histoire sociale. Une centaine de syndicalistes des 5 continents ont rejoint notre manifestation parisienne en soutien à la mobilisation française. Parmi eux, étaient présent.e.s Esther Lynch, secrétaire générale de la CES et Luc Triangle, secrétaire général de la CSI. Cette 13ème journée unitaire contre la réforme des retraites démontre la détermination des travailleurs et travailleuses à faire échec à cette réforme des retraites. Depuis plus de 3 mois, des records sont battus tant par le nombre de manifestant.e.s que par le nombre de grévistes dans le public comme dans le privé.

Malgré cela l’exécutif a enchaîné les passages en force : refus de recevoir les syndicats, utilisation du 493, promulgation immédiate malgré la censure partielle du conseil constitutionnel… La décision du Président de la République de maintenir sa réforme malgré l’opposition quasi unanime de la population crée une défiance profonde. L’intersyndicale dénonce, une nouvelle fois, solennellement, ces décisions autoritaires qui ajoutent à la crise sociale une crise démocratique. L’intersyndicale a toujours refusé de céder à ces provocations et s’est attachée à maintenir une mobilisation pacifique, festive et populaire malgré des incidents parfois graves que nous déplorons.


Lire la suite

illustration de Freepik