Réforme de la première année des études de santé : de l’amateurisme !
Sup’Recherche-UNSA dénonce la nouvelle réforme de la première année des études de santé, annoncée le 17 avril 2026. Présentée comme une avancée majeure, cette réforme n’est qu’une tentative désespérée de sauver les vestiges d’un système PASS/LAS. Elle ignore délibérément les alertes répétées des acteurs de terrain et s’apparente à une fuite en avant dangereuse pour l’avenir de nos formations en santé.
Une réforme déconnectée des réalités universitaires et humaines
Cette réforme n’a pas été construite avec les acteurs universitaires et ne tient aucun compte de la souffrance des enseignants-chercheurs, des enseignants et des BIATSS, déjà écrasés par l’empilement des réformes, des tâches administratives pléthoriques, des injonctions contradictoires et par une pénurie chronique de moyens.
La Conférence des Doyens de Médecine et le réseau des Vice-Présidents des Conseils des Études et de la Vie Universitaire (VP CFVU) ont d’ailleurs unanimement alerté sur l’infaisabilité d’une mise en œuvre pour la rentrée 2027, un calendrier jugé « impossible ».
Une logistique d’usine à gaz sans financement crédible
Les avertissements des universités concernant les locaux, les maquettes pédagogiques, les recrutements, les budgets et l’organisation concrète ont été balayés d’un revers de main.
La solution risque une fois de plus d’être le recours systématique au distanciel et aux cours enregistrés. Nous refusons catégoriquement que cette pénurie organisée conduise, par défaut, à faire du numérique la variable d’ajustement.
L’appauvrissement des enseignements en santé
Sup’Recherche-UNSA alerte également sur la réduction continue du contenu « santé » dès la première année. Le nouveau dispositif officialise un bloc santé limité à 24 à 30 ECTS, aux côtés de blocs disciplinaires et transversaux.
L’UNSA Sup’Recherche exige une véritable concertation et des moyens à la hauteur des enjeux
Après la catastrophe du PASS/LAS, il ne suffit pas de changer l’affichage Parcoursup, de réintroduire le redoublement et de rebaptiser l’architecture pour faire une bonne réforme. Cette réforme ne fera que déplacer les difficultés, aggravera les tensions au sein des universités et reportera sur les personnels la charge d’un dispositif insoutenable.
Sup’Recherche-UNSA demande le report de cette réforme et l’ouverture immédiate d’une véritable concertation avec les personnels de terrain, un chiffrage public et sincère des moyens nécessaires, des créations de postes d’enseignants et de BIATSS à la hauteur des besoins, ainsi que des garanties sur le maintien d’un contenu de santé ambitieux dès la première année.
Image: Mohamed Hassan in Pixabay