Tolérance et objectivité, valeurs de l’ESR … 

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Communiqué de presse du 5 novembre 2020

Pourquoi il est inutile et contreproductif de préciser que les « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République. » ? 

La notion de “valeur de la république” n’a pas de contenu juridique. C’est donc source d’interprétations diverses laissées à l’appréciation du juge quand problème il y aura. Nous pouvons donc nous associer aux inquiétudes exprimées par les enseignants-chercheurs. Cela d’autant que les situations d’exceptions sont de plus en plus fréquentes (COVID, attentats …). 

Par ailleurs, comment comprendre qu’un gouvernement défende la liberté d’expression en restreignant celle des EC ? C’est un mauvais message à envoyer surtout quand on entend dire que l’Université est un repaire d’islamo-gauchistes. On est dans un contexte où les cours sont mis en ligne et où l’activité des enseignants est de plus en plus visible. Rien ne nous met à l’abri d’extraits sortis du contexte (l’actualité nous l’a montré cruellement très récemment) qui alors seront utilisés contre eux, comme cette professeure d’Ottawa suspendue pour avoir employé le mot “nègre”1. Ainsi, même si nous avons confiance dans la justice de notre pays, nous sommes inquiets. 

Ce qui aujourd’hui dans la loi est largement suffisant (Article L952-2 du Code de l’éducation) « Les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions du présent code, les principes de tolérance et d’objectivité. » 

Il est donc inutile de compléter cet article en précisant que les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République”Sup’Recherche-UNSA demande que le ministère retire son soutien à cet amendement et que la commission mixte ne le retienne pasLes EC ont aujourd’hui plus besoin de manifestation de confiance de leur tutelle que de défiance exprimée par cet amendement. 

Jean-Pascal SIMON, seecrétaire général
pour le Conseil National de Sup’Recherche – UNSA