CNESER – Mardi 24 novembre 2020

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Le CNESER plénier du mercredi 18 novembre 2020 a donc été reporté au 24 novembre après que les Organisations Syndicales aient refusé de siéger pour dénoncer le soutien de la Ministre aux amendements sénatoriaux qui attaquent les libertés universitaires, la liberté d’expression et la liberté syndicale et qui remettent en cause le rôle du Conseil National des Universités dans le processus de recrutement des enseignant.es-chercheur.es.

L’intervention liminaire de l’UNSA éducation, a dénoncé la dégradation du dialogue social. Comment n’être pas en colère alors que Jean Casteix  disait « Continuez à vous parler » à l’occasion de la signature du protocole d’accord alors qu’en même temps se préparaient, avec le soutien du gouvernement des amendements à la LPR allant dans le sens de toujours plus de dérégulation de l’ESRI ?

L’université a besoin d’être soutenue, nous avons besoin que notre liberté académique soit défendue dans un monde où les universitaires subissent de plus en plus de procédures-bâillons. L’atteinte au monopole de qualification du CNU, est une disposition absurde qui va conduire à une ambiance délétère opposant qualification nationale, délivrée par le CNU, et évaluations locales. Cela engendrera des conflits, des ruptures d‘égalité dans les recrutements multipliant les recours devant les tribunaux.

Avec tout cela le gouvernement et le ministère ont mis de l’huile sur le feu alors que le monde universitaire a besoin de soutien et de reconnaissance ! Voilà une drôle de façon de « remercier », pour reprendre l’expression de Madame la Ministre, ceux qui ont « donné de leur temps et de leur énergie pour contribuer à faire vivre et évoluer ce texte ».

Pour Sup’Recherche – UNSA, la LPR n’est plus une “Loi de programmation de la recherche“, mais simplement d’une loi portant sur portant sur “diverses dispositions relatives à la recherche et à l’enseignement supérieur“. Ce dont l’ESRI a besoin c’est d’un engagement financier de l’Etat pour soutenir une fonction publique d’Etat de l’ESRI, renforcée et reconnue pour l’ensemble de ses missions : recherche mais aussi enseignement.

Texte intégral de notre intervention

Deux points importants à l’ordre du jour

  • L’état de l’emploi scientifique en France
  • Budget de la Mission Enseignement supérieur & Recherche

Etat de l’emploi scientifique en France

L’UNSA éducation salue le travail de qualité fourni ainsi tous les deux ans à la communauté universitaire et remercie les auteurs du rapport qui est très riche.

Ce rapporte montre que l’accroissement de emploi scientifique est largement porté par le privé. L’Etat reste à la traîne. Nous avons alerté sur les différences disciplinaires observées : les SHS vont être en tension dans les années qui viennent du fait d’un fort taux de départ à la retraite depuis 2010 qui va se prolonger dans les années à venir et un accroissement prévu du nombre des étudiants.

Nous souhaitons que ces données donnent lieu à des perspectives politiques et que ces éléments factuels soient mis en relation avec les choix politiques du MESRI et du gouvernement. On ne peut que déplorer que l’absence de la ministre et du cabinet lors de la présentation de ce rapport.

Lien vers le document : L’état de l’Emploi scientifique en France 2020

Budget de l’enseignement supérieur.

L’UNSA et les Organisations Syndicales dans leur ensemble ont déploré l’absence de la ministre. C’est une première, ou en tous cas un fait suffisamment rare qu’un.e ministre ou ne présente et ni ne défende son budget devant le CNESER. Aussi notre intervention a été courte puisqu’un dialogue politique ne peut avoir lieu.

Comme on pouvait le craindre la LPR est la principale source d’augmentation de ce budget. Or, la LPR porte essentiellement sur des mesures de revalorisations (au demeurant très raisonnables!) des traitements et des carrières et n’apporte aucun moyen nouveau pour permettre de mieux accueillir les étudiants. Le reste des augmentations est dû au fait que le gouvernement continue à financer la pleine mise en oeuvre des projets antérieurs (loi ORE, PPCR …) ce qui est la moindre des choses qu’il puisse faire, sauf à se dédire !

Le GVT n’est toujours pas compensé, les créations de places sont sous financées, un sous financement qui s’installe d’année en année avec cette manière de créer des places, sans postes, sans locaux … Il s’agit d’un budget sans ambition politique pour l’ESRI pour l’ensemble de ses missions : recherche mais aussi enseignement.

Les Organisations Syndicales unanimes ont demandé et obtenu que le vote soit reporté au 15 décembre, en présence de la Ministre … nous l’espérons.

Compte rendu détaillé du CNESER